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<title>La petite marchande de prose</title>
<description>La petite marchande de prose</description>
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<title>Nuit et jour de Virginia Woolf</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Challenge</category>
<category>Lecture commune</category>
<category>Littérature anglophone</category>
<pubDate>Sat, 15 Jun 2013 15:58:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4137094&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/01/00/1914792014.gif&quot; alt=&quot;woolf.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Nuit et jour&lt;/em&gt; de Virginia Woolf&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, traduction de Françoise Pellan, ed. Pléiade, 2012 [1919], 442p.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&quot;C'était un dimanche d'octobre, en fin d'après-midi, et, comme bien d'autres jeunes filles de son milieu, Katharine Hilbery servait le thé&quot;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ainsi s'ouvre le deuxième roman de Virginia Woolf sur une touche anecdoctique savoureuse et plongeant in medias res le lecteur dans une scène de la bourgeoisie londonienne - procédés qui préfigurent le fameux incipit de &lt;em&gt;Mrs Dalloway&lt;/em&gt; sur le même ton, &quot;Mrs Dalloway said she would buy the flowers herself&quot;. Nous y voilà donc encore, ou devrais-je dire &quot;déjà&quot; pour respecter la chronologie d'écriture, dans cet univers typiquement woolfien : Un Londres huppé mais crépusculaire où une galerie de personnages reflète les mille éclats de l'humanité et incarne le fil tendu d'une société entre une ère victorienne rigide et un XXeme siècle bouleversant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ici, se croisent quatre jeunes gens, deux hommes et deux femmes dans toute une série de salons, de parcs, de rues et de dîners. On peut même noter quelques réunions intellectuelles où l'on discute de poésie ou de Droit, non sans rappeler les réunions de Bloomsbury qu'organisait la fratrie Stephen. &lt;strong&gt;Katharine Hilbery&lt;/strong&gt; ouvre et ferme le roman et, de fait, sa figure irradie de pages en pages qu'elle soit effectivement présente ou pas. Trentenaire et fille unique d'une illustre famille, elle est l'incarnation de celle qui saisit les autres mais qui ne se saisit pas elle-même. Son erreur est d'être née dans un temps et une famille où la tradition, les conventions sont une prison. Une voie lui semble toute tracée mais à laquelle elle ne souscrit pas. Tandis qu'on l'attend dans le rôle de secrétaire d'une biographie de son grand-père ou dans celui d'épouse chaleureuse et dévouée, Katharine veut la liberté avant tout et rêve de mathématiques. Il ne lui sied guère de s'engager pour une cause, ni de s'engager du tout. Elle est sans nulle doute égoïste, et elle n'écoute que rarement les personnes qui lui parlent. Elle ne connaît pas l'amour. Katharine évolue sur un fil, dans la peur perpétuelle de chuter et de se perdre tout à fait à force d'être pressée de tous côtés. &lt;br /&gt;Pressée notamment par deux hommes : &lt;strong&gt;William Rodney&lt;/strong&gt;, un littérateur engoncé de convenances, souvent prétentieux et risible, au physique peu attrayant mais non dépourvu d'élégance. A force d'effusions poétiques enflammées - qui ont la vertu d'ennuyer Katharine plus que de l'émouvoir -, cette dernière finit par accepter sa demande en mariage. Une acceptation raisonnable.&lt;br /&gt;Quant à &lt;strong&gt;Ralph Dehnam&lt;/strong&gt;, il est un clerc de notaire sans le sou mais érudit, ambitieux et passionné. Il va, lui aussi, tomber sous le charme de Katharine dès la première entrevue sans toutefois se l'avouer (évidemment). Sa relation avec sa muse rêvée se fera sur le mode de la distance et de nombreuses contrariétés.&lt;br /&gt;Enfin, notre quatrième personnage et seconde femme est &lt;strong&gt;Mary Datchet&lt;/strong&gt;. C'est en son honneur que &lt;em&gt;Points&lt;/em&gt; a mis une suffragette en couverture de son édition du roman. Femme libre et volontaire, elle habite seule et gagne sa vie comme secrétaire d'une association de lutte pour le vote des femmes. Et bien sûr, afin de boucler la boucle des &lt;em&gt;Feux de l'amour&lt;/em&gt; de cet ouvrage, elle éprouve rapidement des sentiments pour son ami Ralph Dehnam.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous l'aurez compris, &lt;strong&gt;ce roman se joue sur le terrain des sentiments - quels qu'ils soient -, de l'amour et du mariage.&lt;/strong&gt; Bien que tout cela peut sembler d'une futilité déconcertante, le registre sur lequel joue Virginia Woolf évite de nombreux écueils. Je ne vous mentirai pas : il y a bien sûr des scènes, parfois un peu longuettes, entre A et B qui aime C mais qui pense à D qui lui-même meurt d'amour pour A. &lt;strong&gt;Néanmoins, elles sont un prétexte, ou plutôt le point de départ de ce style d'écriture - ici sous une facture encore classique et très ordonnée -, que l'auteur développera dans &lt;em&gt;La Chambre de Jacob&lt;/em&gt; jusqu'à l'aiguiser tout à fait à partir de &lt;em&gt;Mrs Dalloway&lt;/em&gt; : le monologue intérieur.&lt;/strong&gt; Plus qu'ils ne dialoguent, les personnages s'interrogent, ressentent, traversent les heures, les lieux et les émotions. Et Virginia Woolf s'intéressent surtout à saisir ces instants fugaces et silencieux qui se renouvellent perpétuellement en l'être. Même si, dans ce deuxième roman, elle éprouve encore une certaine frilosité à envoyer tout à fait valser l'ordonnance de la narration (ce qui donne d'ailleurs un ton assez suranné au récit, étonnant pour qui a d'abord lu des romans de la maturité de l'auteur), on saisit très clairement où se situe son véritable intérêt. Et elle le fait déjà merveilleusement bien. Le lecteur est plongé au coeur de cette chimie intérieure qu'est la formation de l'amour ou comment un être peut passer par mille pensées, mille colorations d'esprit, mille questionnements profonds ou futiles avant de s'amuser d'une évidence aussi flagrante que le sentiment amoureux. Comment il n'est pas possible de parler de certitude dès lors qu'on parle d'humain. Comment tout est toujours fragile, incertain, multiple, en mouvement.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Il avait la sensation étrange d'être à la fois le phare et l'oiseau ; il était solide et brillant ; et en même temps, il était pris comme le reste dans une tourmente qui l'envoyait s'assommer contre la vitre.&quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;Et puis, dualité que j'aime particulièrement chez Woolf, c'est le caractère éminemment social de son oeuvre.&lt;/strong&gt; Car certes, il y a une focalisation délicieuse sur les intériorités mais également un aperçu saisissant de l'Angleterre à une période charnière de son Histoire. &lt;strong&gt;Dans ce roman, il est surtout question de l'éclatement progressif des conventions victoriennes à travers une jeunesse féminine qui aspire - au droit de vote des femmes, à une chambre à soi, à une possibilité de se réaliser en dehors du mariage - en un mot : à la liberté.&lt;/strong&gt; Ce n'est pas tant strictement le vote des femmes qu'interroge Woolf mais plus largement la place de la femme dans la société et son propos, comme le reste de son oeuvre le montrera, se prononce sans conteste en faveur d'une évolution nécessaire.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;C'est la vie qui compte, rien d'autre que la vie - le processus de la découverte -, ce processus éternel et incessant, et non la découverte elle-même&quot;.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je pense que ce roman est surtout intéressant pour des connaisseurs de l'oeuvre de Woolf, en ce qu'il éclaire rétrospectivement un certain nombre de préoccupations, tant formelles que fondamentales, qui jalonneront tous ses autres ouvrages. Pour ceux qui découvrent l'auteur avec ce roman (ou son précédent et donc premier paru, &lt;em&gt;La traversée des apparences&lt;/em&gt;), il faut bien avoir en tête que sa facture n'est pas représentative de ce que l'écriture de Woolf deviendra à partir du roman suivant.&lt;/strong&gt; Celui-ci est encore très calibré, la progression diégétique et chronologique est apparente et d'une grande clarté. La prise de parole et les flux de conscience des personnages également (ce qui explique sans doute d'ailleurs les centaines de pages que voilà qui tendront par la suite à se resserrer au maximum pour ne plus garder que la substantifique moelle des êtres.) Dans &lt;em&gt;Mrs Dalloway&lt;/em&gt; et, a fortiori, dans &lt;em&gt;Les Vagues&lt;/em&gt;, tout cela aura disparu au profit d'une écriture encore plus poétique et éthérée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref (parce que je ne vais pas écrire un roman non plus), un ouvrage intéressant et non dénué de charme, de style et de pertinence mais sans doute un poil trop long et un poil trop conventionnel pour moi qui aime la Woolf libérée du carcan narratif. Je vous conseille néanmoins de le découvrir car il reste un roman de Woolf, c'est-à-dire un roman nécessairement au-dessus de tout ce qui a pu être écrit d'autre (la fille pas fan de Woolf déjà, hein).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bonne lecture !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4144652&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/01/680966920.jpg&quot; alt=&quot;Claude_Monet_015.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Londres, Le Parlement. Trouée de soleil dans le brouillard&lt;/em&gt; de Claude Monet, 1904&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4137097&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/00/1149468379.jpg&quot; alt=&quot;Mois anglais.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Lu dans le cadre d'une lecture commune d'une oeuvre de Woolf pour le mois anglais de Lou et Titine&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;3eme participation du coup !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4137095&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/01/3410299586.2.jpg&quot; alt=&quot;1532670280.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Challenge Virginia Woolf chez Lou&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;3eme participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4137098&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/02/3494456303.jpg&quot; alt=&quot;Challenge-Genevieve-Brisac-2013.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Challenge Lire avec Geneviève Brisac chez Anis&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;4eme participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Un, deux, trois d'Agatha Christie</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Challenge</category>
<category>Classiques</category>
<category>Littérature anglophone</category>
<category>Polar</category>
<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 08:44:18 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4136951&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/00/2896874661.jpg&quot; alt=&quot;poirot un deux trois.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Un, deux, trois&lt;/em&gt; d'Agatha Christie&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il y a des moments où, qu'on le veuille ou non, tous les êtres humains sont égaux. C'est le cas chez le dentiste.&lt;/strong&gt; Que vous soyez un riche financier, un fonctionnaire à la retraite, une petite bonne femme revenue des Indes ou encore le célébrissime détective Hercule Poirot, il vous faut bien un jour vous assoir sur le fauteuil fatidique et vous faire soigner quelques caries. Néanmoins, Hercule Poirot reste Hercule Poirot et c'est avec le plus grand courage et des petites cellules grises point du tout stressées (héhé) qu'il affronte cette délicate épreuve.&lt;br /&gt;Quelle ne fut pas sa surprise lorsque son ami l'inspecteur-chef Japp l'appelle l'après-midi même pour l'informer du décès du Dr Morley : un suicide semble-t-il, et les faits s'enchaînent pour corroborer cette hypothèse. Mais cette apparente simplicité ne convainc pas Poirot qui aime, comme on le lui rappelle, à compliquer les choses. Le matin même, tandis qu'il le soignait, le dentiste allait tout à fait bien. Non, Hercule Poirot aime la vérité ! Et cette vérité pourrait bien commencer par une boucle de chaussure cassée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Participer à un mois anglais sans lire un Agatha Christie, ç'aurait été un crime, n'est-ce pas ? Il me fallait absolument honorer d'une lecture cette reine inconstestée du whodunit que j'ai retrouvée, une fois de plus, avec grand plaisir. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans ce roman, elle met en place une intrigue très tarabiscotée qu'il n'est pas aisé de démêler avec la même intelligence qu'Hercule Poirot !&lt;/strong&gt; Je l'ai pourtant vu plusieurs fois en version télé avec David Suchet mais je ne m'en rappelais rien, si ce n'est quelques bribes, et j'ai été saisie avec délectation par l'intrigue tortueuse. &lt;br /&gt;Celle-ci démarre par une mort d'une incroyable banalité, du moins, tel qu'on veut nous le faire croire. Le bon docteur Morley, intègre et respecté, est retrouvé mort d'une balle dans la tête et l'arme à la main. La cause du suicide serait une erreur médicale. Pourtant, toutes les personnes qui connaissaient Morley sont étonnées de ce geste. Et Hercule Poirot est d'emblée chatouillé par des traces sur le tapis sans parvenir à comprendre pourquoi. Puis, deux évènements majeurs vont tantôt éclairer, tantôt brouiller les pistes. Tout d'abord, un des clients de Morley ce matin là était le grand financier Alistair Blunt. Celui-ci incarne les principes fondamentaux d'une Angleterre vieillissante. Il est rigide, catégorique et persuadé que la stabilité du pays repose sur des gens comme lui. C'est pourquoi de nombreux révolutionnaires cherchent à le supprimer afin d'initier un ordre nouveau. Se pourrait-il alors que la victime initialement désignée n'était pas Morley mais Alistair Blunt ? &lt;br /&gt;Et puis, une autre cliente du matin, Miss Sainsbury Seale, disparait dans de mystérieuses circonstances. Quel était son lien avec cette affaire pour le justifier? &lt;br /&gt;Pendant longtemps, Hercule Poirot tatonne et hésite. Les morceaux du puzzle ne semblent pas coincider et ses petites cellules grises restent perplexes. D'ailleurs, une fois n'est pas coutume chez l'auteur, cette enquête couvre plusieurs semaines ! Mais Hercule Poirot n'est pas homme à se décourager et c'est au chant d'un psaume qu'il commencera à rassembler tous les éléments, non sans déplaisir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Agatha Christie est depuis quelques temps, pour moi, un refuge régulier et douillet dans lequel je me love. C'est un peu ma madeleine de Proust littéraire. Elle a été une de mes premières auteurs fétiches puis je l'ai longtemps laissée en jachère. J'aime aujourd'hui y revenir avec un plaisir nostalgique et les yeux qui pétillent. Bien sûr, tout est suranné et les ficelles sont grosses. Pourtant, je n'arrive la plupart du temps pas à découvrir qui est le coupable, c'est donc bien que, grosses ou pas, elles me sont toujours efficaces !&lt;strong&gt; Ici, l'enquête nous plonge dans une période charnière de l'Angleterre - où cet ordre ancien qui a fait ses preuves se sclérose et pétrifie plus qu'il ne crée et où un nouvel ordre crie de se mettre en place. Alistair Blunt, le symbole de cet ordre archaïque est au coeur de tout jusqu'à la fin. On peut se demander si une interprétation poussée du verdict ne pourrait pas être rapprochée de cette fameuse dichotomie entre ancien et nouvel ordre. Mais je me garderai d'aller sur ce terrain glissant et vous laisse vous régaler simplement !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-4136955&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/02/4069582592.3.jpg&quot; alt=&quot;1213775971.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Challenge Petit Bac 2013 chez Enna&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Enfin une participation pour la catégorie chiffre/nombre !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-4136961&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/00/3068043438.2.jpg&quot; alt=&quot;837121717.jpg&quot; /&gt;Challenge Agatha Christie chez George&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;6eme participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-4136963&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/00/1149468379.jpg&quot; alt=&quot;Mois anglais.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Et 2eme participation au mois anglais chez Lou et Titine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La fin des temps de Haruki Murakami</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Challenge</category>
<category>Littérature asiatique</category>
<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 07:08:54 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4116685&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/02/3224042533.jpg&quot; alt=&quot;LaFinDesTempsCover.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La fin des temps&lt;/em&gt; de Haruki Murakami&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, traduit du japonais par Corinne Atlan, ed. Points, 2012 (mais j'ai mis une ancienne couverture que je trouve plus jolie)[1985], 628p.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxième roman traduit en français de Murakami, &lt;em&gt;La fin de temps&lt;/em&gt; ne déroge pas à cette fameuse règle (que je découvre en même temps que j'explore l'oeuvre de l'auteur) : il est bien difficile à ébaucher en quelques mots. Les univers mis en place et l'enchevêtrement des épisodes sont tellement abracadabrants qu'ils rendent la tâche compliquée. Mais essayons. &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;*Attention, il se peut que, du coup, je spoile un chouillas - mais un chouillas seulement hein*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La fin des temps&lt;/em&gt; contient deux espaces distincts, et bientôt parallèles : Pays des merveilles sans merci et Fin du monde.&lt;/strong&gt; Le premier s'ouvre sur un long voyage en ascenseur silencieux, sans bouton. A se demander s'il monte ou pas. Dans cet ascenceur, un homme dans la trentaine, divorcé et sans enfant. Un homme que l'on pourrait qualifier de &quot;normal&quot;. Il restera anonyme au lecteur jusqu'au bout. Il est de ces personnages fantômatiques, à la fois archétype de monsieur tout le monde et héros désenchanté qui semblent récurrents chez Murakami (du moins, je ressens clairement un type de personnage entrevu dans &lt;em&gt;1Q84&lt;/em&gt;). Car cet homme, bien que banal &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt;, est un programmeur capable d'effectuer le processus de &lt;em&gt;shuffling&lt;/em&gt;, un encodage de données très pointu sur lequel on apprendra progressivement plusieurs éléments clés. Il est capable de diviser son cerveau en deux parties distinctes qui travaillent indépendamment, il vit sans aucune attache émotionnelle et boit beaucoup. Bref, il n'est pas si banal. Il se voit confier un travail de codage important par un mystérieux professeur dont le bureau se trouve, bien logiquement, dans des égoûts peuplés de ténébrides et dès lors, son quotidien va basculer. &lt;br /&gt;Le deuxième univers met en place une étrange utopie où les bêtes revêtent un pelage doré en automne et où les licornes meurent en hiver pour purger les habitants de leur égo. Où la ville est entourée de hautes murailles dont nul ne sort et où le protagoniste doit se séparer définitivement de son ombre pour vivre. Chacun à un rôle précis qui lui est assigné d'office. Le narrateur lira les vieux rêves dans les crânes de licornes. Tout semble parfait : aucune violence, aucune tristesse, aucune rébellion. Tout est lisse comme la prime neige du matin. Mais cette perfection a un prix : il faut perdre son coeur sous peine d'être rejeté dans la forêt.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au fil des pages, le lecteur comprend puis découvre noir sur blanc le lien entre ces deux mondes. Je ne vous en dis pas plus sur ce qui les relie mais alors, au lieu de tâtonner dans cette alternance, on suit leur processus parallèle avec un intérêt nouveau, dans une sorte d'expectative qu'il serait bien difficile d'exprimer (car, au fond, je ne savais pas précisément ce que j'attendais - j'attendais simplement quelque chose)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je dois avouer en toute honnêteté que je suis plutôt dubitative à la lecture de ce roman de Murakami.&lt;/strong&gt; Non pas étonnée ou retournée mais bien dubitative. Lorsque j'avais abordé l'auteur avec sa récente triologie, j'avais tout d'abord découvert une écriture et un univers spéciaux et hypnotiques qui m'avaient bluffée. Ce n'est pas si souvent qu'on a encore l'impression de fouler des yeux une contrée littéraire parfaitement originale lorsqu'on lit assidûment depuis... longtemps. Mais cela avait été mon cas avec Murakami. Et puis, sur la lecture du troisième tome, je commençais à m'essoufler, trouvant de longs passages qui frisaient le remplissage et surtout, regrettant qu'autant de pistes lancées ne mènent finalement nulle part - ou quasiment. &lt;br /&gt;Et bien, j'ai retrouvé cette désagréable impression à la lecture de ce roman là. Evidemment (il faudrait être aveugle pour le nier), Murakami possède une imagination exceptionnelle et perce avec beaucoup d'acuité les destinées solitaires de ces êtres sans relief qui cachent finalement bien leur jeu. Son écriture est toujours hypnotique et place le lecteur à mi-chemin entre la fascination lumineuse et l'angoisse latente. Mais, j'ai tout d'abord eu du mal à rentrer vraiment dans le roman. Je crois que les deux univers étaient too much pour moi (ce qui est purement subjectif, il va sans dire). Du fantastique, oui, avec plaisir. Mais je n'ai pas réussi à adhérer à celui-là, qui va d'escalade en escalade dans le n'importe quoi. Vous allez me dire, j'ai pourtant adoré &lt;em&gt;L'affaire Jane Eyre&lt;/em&gt; qui donne aussi dans le genre sauf qu'ici, on parle bel et bien de fantastique et non pas d'uchronie ou de fantasy. Ce petit point change toute la donne de mon ressenti, m'voyez ? Et puis, ma lecture ici a souvent souffert d'un sentiment de vacuité : je me suis souvent dit &quot;oui, et ?&quot;. Je m'explique. Ce roman fait plus de 600 pages, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas court. Pourtant, il ne se passe souvent pas grand chose. J'ai l'impression que Murakami a une désagréable tendance à la digression inutile, laissant libre court au narcissisme ennuyeux de son protagoniste et à l'enfilade d'épisodes qui ne servent à rien, auxquels je n'adhère pas. Autant j'adore les descriptions zoliennes qui semblent être des tableaux impressionnistes, autant l'exploration par le menu de telle ou telle banalité, très peu pour moi. &lt;br /&gt;Et puis, où va le livre, nom d'une licorne ?! Il m'a bien semblé comprendre que l'auteur voulait éclairer quelques points sur la nature humaine, l'évolution technologique, les mille possibilités du souffle vivant etc. Mais je n'ai pas compris quoi. Trop de circonvolutions et pas assez de clarté, semble-t-il, m'ont été rédhibitoires pour saisir la finalité de ce roman. Je l'ai refermé comme j'ai refermé la trilogie d'&lt;em&gt;1Q84&lt;/em&gt; : en me demandant où étaient censées mener toutes ces pistes lancées au fil de l'écriture et en me disant &quot;tout ça pour ça?&quot; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour résumer, une lecture dont je ressors en demi-teinte. Pas désagréable, bien sûr, car Murakami est un excellent conteur, mais pas emballée non plus. J'ai trouvé le livre long et plutôt vain au final - ces deux adjectifs résument assez bien mon sentiment.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;J'espère vraiment que toute l'oeuvre de l'auteur ne se joue pas uniquement sur cette veine fantastique à outrance qui ne mène nulle part car je pense que je vais vite ralentir la cadence de sa découverte sinon ^^&lt;br /&gt;Deux autres romans m'attendent dans ma PAL : &lt;em&gt;Kafka sur le rivage&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La course du mouton sauvage&lt;/em&gt;. J'espère avoir plus de chance ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4116690&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/02/1594649378.2.jpg&quot; alt=&quot;a-tous-prix.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Ce roman participe au challenge &quot;A tous prix&quot; de Laure car il a reçu le prix Tanizaki&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-4117803&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/01/01/2712333918.jpg&quot; alt=&quot;quinzaine-nipponne-2013.jpg&quot; /&gt;Il participe aussi à la fameuse quinzaine nippone annuelle de choco ! &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;C'est &lt;a href=&quot;http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-quinzaine-nippone-du-3-au-16-juin-2013-117451063-comments.html#anchorComment&quot;&gt;par ici&lt;/a&gt; pour voir les autres participations et prendre un bain de culture japonaise&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>L'Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde</title>
<link>http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2013/05/18/l-affaire-jane-eyre-de-jasper-fforde.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Challenge</category>
<category>Littérature anglophone</category>
<category>SF/Fantasy</category>
<pubDate>Mon, 03 Jun 2013 08:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4107322&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/02/1824360025.jpg&quot; alt=&quot;fn07653-2004.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'Affaire Jane Eyre&lt;/em&gt; de Jasper Fforde&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, ed. Fleuve Noir, 2004, 387p.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Je voyais trainer ce livre sur les blogs depuis un sacré paquet de temps et à chaque fois, je me promettais de le lire bientôt. Mais c'est &lt;a href=&quot;http://shelbyleeisdaydreaming.blogspot.fr&quot;&gt;Shelbylee&lt;/a&gt; qui a achevé de me convaincre avec sa fougue passionnée (au moins) et je suis donc allée louer &lt;em&gt;L'affaire Jane Eyre&lt;/em&gt; à la médiathèque. &lt;br /&gt;Que vous en dire à présent ? &lt;strong&gt;C'est complètement dingue, c'est drôle, c'est n'importe quoi mais c'est surtout parfaitement maitrisé et, pour résumer, c'est audacieusement jouissif !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'idée de base est tout simplement géniale : nous voilà projetés dans un monde où les livres ont autant de valeur que l'argent. Le côté positif est que l'on trouve des monologues de shakespeare à tous les coins de rue ; le côté négatif, que pas mal de malfrats se sont recyclés dans le vol ou la contrefaçon de livres célèbres. &lt;br /&gt;Thursday Next (le nom de l'héroïne pose d'emblée la tonalité du livre) travaille comme enquêtrice littéraire depuis sa fin de service en Crimée (oui, dans cette uchronie, la guerre de Crimée est toujours d'actualité - allez savoir pourquoi). Elle a 36 ans, un caractère bien trempé et un dodo apprivoisé. Dans ce premier opus, elle est aux prises avec le plus dangereux criminel d'Angleterre : Achéron Hadès. Il peut traverser n'importe quelle paroi et les balles ont autant d'effet sur lui qu'une piqûre de moustique. Pour couronner le tout, il vous repère à des lieues à la ronde, surtout si vous prononcez son nom. Bref, l'arrêter relève du défi et nécessite une sacrée paire de... Enfin, vous m'avez comprise. Son dernier crime en date : voler le manuscrit original de &lt;em&gt;Martin Chuzzlewit&lt;/em&gt; de Dickens. Dans sa tentative commune avec les OP-5 pour le récupérer (vous découvrirez en lisant le roman une pluralité d'organisations d'agents spéciaux hauts en couleurs), Thursday perd tous ses coéquipiers et reste plusieurs semaines à l'hôpital. Suite à ce lourd épisode et à une scène particulière rigolote (dont je vous passe les détails pour garder intact votre amusement), elle décide de prendre un poste dans sa ville natale et surtout, de continuer à traquer cet obscur criminel qui ne va pas tarder à s'attaquer, non seulement à sa famille, mais aussi à un nouveau manuscrit. Je vous laisse deviner lequel... ^^&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Décidément, lorsque je lis des livres un peu fous dans ce genre là, je me demande toujours comment font les auteurs ! Où vont-ils chercher tout ça, nom d'un poème ?! Se lancer dans ce genre d'entreprise nécessite à la fois une grande connaissance du domaine qu'on va s'amuser à triturer (ici, la littérature), de l'humour, et une sacrée intelligence narrative. Bref, d'emblée, je suis admirative. &lt;br /&gt;J'ai lu des avis contrastés concernant &lt;em&gt;L'affaire Jane Eyre&lt;/em&gt; sur différents blogs. Visiblement, ce roman divise. Soit il emballe, soit il ennuie. Vous l'aurez compris, je fais partie de la première catégorie mais je peux comprendre pourquoi il en a ennuyé certains. Disons que la mise en place des personnages et des faits est plutôt longue. A la décharge de l'auteur, il crée un monde tellement riche et farfelu, qu'il aurait été compliqué d'en faire une introduction de vingt pages. Et puis, personnellement, ces &quot;longueurs&quot; ne m'ont pas gênée car j'ai immédiatement adhéré à cet univers où la littérature est reine. J'ai adoré les chapitres de discussions autour de la paternité des oeuvres de Shakespeare ou celui à l'intérieur du poème de Wordsworth. &lt;strong&gt;Jasper Fforde a tout simplement réalisé mon fantasme : voyager à l'intérieur des romans.&lt;/strong&gt; Raaaah, si seulement on pouvait, j'irai acheter des fleurs avec Mrs Dalloway, résoudrai une enquête avec Hercule Poirot, et voguerai dans le temps avec les historiens de Connie Willis !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ceci étant dit (vous êtes tous ravis de savoir quel est mon fantasme, je n'en doute pas), &lt;strong&gt;j'ai également été frappée par l'écriture très cinématographique de l'auteur.&lt;/strong&gt; Les personnages sont très typés et croqués en quelques traits de caractère qui les rend immédiatement particuliers, plusieurs évènements narratifs sont menés de front en parallèle de l'intrigue principale avec Achéron (la vie privée de Thursday, la course après les forces du mal de Spike, les propos autour de la Crimée ou du pays de Galles indépendant - qui d'ailleurs m'a fait penser à ça :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;). Des images se déroulaient dans mon esprit en même temps que je lisais et franchement, je verrais bien ce roman adapté au cinéma. Pour peu qu'on respecte bien l'humour et qu'un producteur ne rechigne pas à miser sur un film parlant de littérature, je suis sûre que ça ferait un tabac. En tout cas, moi, je me précipiterais en salle !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N'empêche que maintenant, je suis bien embêtée : ma bibliothèque ne possède que le premier volume, je vais donc devoir acheter les suivants. Et puisque ça parait ridicule de ne commencer la série qu'au deuxième tome sur mes étagères, je vais aussi devoir acheter le premier. Non mais, je vous jure !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Merci à &lt;a href=&quot;http://shelbyleeisdaydreaming.blogspot.fr&quot;&gt;Shelbylee&lt;/a&gt; pour cette bonne découverte ! Comme quoi, les réponses qu'on donne aux tag ne tombent pas (toujours) dans l'oeil d'un aveugle ;)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4107326&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/00/4069582592.jpg&quot; alt=&quot;1213775971.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Challenge Petit Bac 2013 chez Enna&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Catégorie Prénom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4107328&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/00/1345539106.jpg&quot; alt=&quot;challenge-des-100-livres-chez-bianca.jpg&quot; /&gt;&lt;a href=&quot;http://deslivresdeslivres.wordpress.com/2013/04/20/challenge-les-100-livres-a-lire-au-moins-une-fois/&quot;&gt;&lt;strong&gt;Challenge Les 100 livres à avoir lu chez Bianca&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;6eme &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;participation&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4126615&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/01/00/1149468379.jpg&quot; alt=&quot;Mois anglais.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;et 1ere participation pour le mois anglais chez Lou et Titine&lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt;
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<title>Frankenstein de Mary Shelley</title>
<link>http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2013/05/06/frankenstein-de-mary-shelley.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Challenge</category>
<category>Classiques</category>
<category>Littérature anglophone</category>
<category>Réflexion</category>
<pubDate>Thu, 30 May 2013 08:48:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4090734&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/01/2770554376.jpg&quot; alt=&quot;Frankenstein.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Frankenstein&lt;/em&gt; de Mary Shelley&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, 1818&lt;br /&gt;Lecture numérique&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le roman s'ouvre sur les lettres du jeune Robert Walton à l'adresse de sa soeur. Il lui raconte son périple dans le grand nord, en quête de nouvelles découvertes géographiques. Il recueille un matin un homme en pleine mer de glace, près de se noyer : le docteur Frankenstein. Celui-ci, tout d'abord silencieux et faible, plongé dans une profonde mélancolie, finit par lui raconter son histoire, apeuré par l'orgueil&amp;nbsp; de Walton qui aspire à faire évoluer la science à tous prix. &lt;br /&gt;A partir de cet instant, Walton nous confie le récit de Frankestein qui devient le narrateur. Jeune homme d'une famille suisse aisée, il se passionne très tôt pour les sciences naturelles. Il lit tout ce qu'il trouve sur le sujet et nourrit rapidement l'ambition d'aller plus loin :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Voilà ce qui a été fait, s'exclamait l'âme de Frankenstein, mais moi je ferai plus, beaucoup plus. Sur cette voie déjà tracée, je créerai une nouvelle route, j'explorerai des pouvoirs inconnus et j'irai révéler au monde les plus profonds mystères de la création.&quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un intérêt plus particulier le pousse vers le principe même de vie :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;D'où vient, me demandais-je souvent, le principe de vie ? Une question hardie qui de tout temps avait constitué un mystère. Pourtant, que de secrets ne dévoilerions-nous pas, si la lâcheté et la négligence ne venaient perturber nos recherches ?&quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Et ni l'un ni l'autre ne vont le perturber. Pendant ses années d'études, il s'échine à la tâche et commence par le plus désagréable et pourtant le plus nécessaire pour étudier la vie : la mort. Il passe de longues heures à disséquer des corps dans la puanteur et la faible lumière pour s'apercevoir, un beau jour, qu'il est en mesure de faire ce qu'aucun de ses éminents professeurs n'a pu jusqu'alors :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Après des jours et des nuits de labeur incroyable et de fatigue, je découvrais la cause de la génération et de la vie. Davantage : je devenais capable d'animer la matière inerte.&quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Gonflé d'orgueil, il s'attaque alors à la création d'une créature composée de divers morceaux de cadavres. Il choisit sciemment de le créer plus grand qu'un homme car, sinon, certaines parties lui auraient été difficiles à assembler. Durant cette &quot;création&quot;, Frankenstein ne pense qu'au présent ; pas du tout à l'après. Il ne pense qu'à lui, se prenant pour Dieu d'une manière à peine déguisée :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;J'allais donner la vie à de multiples créatures bonnes et généreuses, et nul père n'allait plus que moi mériter la gratitude de ses enfants. Dans le cours de mes réflexions, germait l'idée que si je pouvais animer la matière inerte (ce qui, plus tard, allait devenir impossible), je serais aussi à même un jour de redonner la vie à un corps apparemment voué à la décomposition&quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et de fait, à l'instant précis où la créature ouvre les yeux et prend vie, il la refuse et s'enfuit. D'un coup, sa difformité lui apparaît. D'un coup, il comprend l'ampleur et les risques possibles de ce qu'il vient de faire. Bref, les questionnements et la prise de conscience viennent après ici après l'acte ce qui va, évidemment, poser pas mal de problèmes. &lt;br /&gt;Frankenstein nourrit une crainte totale pour la créature qu'il a lâché dans la nature le soir même de son éveil. Et celui-ci, livré à lui-même, revient à son créateur quelques années plus tard en tuant son jeune frère. Malice ? Instinct démoniaque ? Non. La créature est simplement pleine de colère et de haine envers celui qui l'a engendré pour s'en désintéressé aussitôt - pire : le rejeter. A cause de son apparence hideuse, il vit dans une solitude abyssale puisque tous fuient en le voyant. Tout le monde le prend pour un monstre sans chercher à comprendre ou à le connaitre.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Je devrais être ton Adam mais je ne suis qu'un ange déchu que tu prives de toute joie. Partout je vois le bonheur et moi, moi seul, j'en suis irrévocablement exclu.&quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La créature, après un monologue poignant, accepte de ne jamais pouvoir cheminer à côté des hommes mais demande en échange à Frankenstein de lui créer une femme pour qu'il puisse au moins connaître la joie de n'être pas seul au monde. Après avoir accepté, Frankenstein renonce finalement à cette requête. Pour lui, la créature est un monstre profondément malveillant. Dès lors, la créature va déchaîner sa vengeance à l'endroit de cet être aux ambitions de démiurge finalement pétri de faiblesses bien humaines.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois n'est pas coutume, je viens de vous gratifier d'un très long résumé agrémenté de citations (le charme du surlignage intempestif sur livre numérique!) mais il m'a semblé que c'était nécessaire avant de vous en donner mon avis.&lt;br /&gt;J'ai laissé reposer un certain temps ma lecture avant de le faire, d'ailleurs. Même encore maintenant, je ne saurais dire si j'ai aimé ce livre ou pas. Une chose est sûre, il ne m'a pas laissée indifférente et bien qu'il date de deux siècles, il est encore d'une incroyable modernité sur l'être humain. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;Frankenstein&lt;/em&gt; est sous titré &lt;em&gt;Le Prométhée moderne&lt;/em&gt;, il est donc d'emblée aux prises avec ce fameux hybris : vouloir être l'égal des dieux. Notre personnage principal ici veut créer à l'image de celui qui l'a créé. Le problème étant qu'il ne conçoit à aucun moment la portée de son acte. Frankenstein ne parle que de lui même, il est pétri d'un orgueil démesuré que j'ai d'emblée détesté. Il faut avouer que le roman date du début du XIXe et que, donc, le style romantique n'aide sans doute pas à cet effet tantôt prétentieux, tantôt larmoyant du narrateur sur sa personne. La remise en question lui est parfaitement étrangère et bien qu'il se présente comme un puits de science (après tout, il réussit en peu de temps là où personne n'avait réussi jusqu'alors), il ne voit en fait pas plus loin que le bout de son nez et le bout de la bien-pensance de l'époque. La créature est différente, difforme, étrange ? Elle est donc mauvaise ! Ne cherchons pas à aller plus loin que ce lamentable postulat de départ !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant, la créature prouve qu'elle est capable d'apprendre vite et bien, qu'elle est animée de la même étendue de sentiments - bons ou mauvais - que ses parents humains et qu'elle est capable de réflexion, d'introspection, d'empathie. Mais Frankenstein se ferme à ses évidences et se ferme à sa création. Celle-ci n'a beau que réclamer un peu d'attention et d'amour, Frankenstein la repousse froidement, lui reprochant ensuite son comportement haineux et violent. Peut-être aurait-elle dû tendre l'autre joue ?! Non. Puisqu'on l'a repoussée, la créature choisit la vengeance. Et c'est sur cette note destructrice que se joue toute la deuxième moitié du livre : La créature cherche à se venger de son créateur et le créateur cherche à se venger de sa créature. Ce qui est étonnant, c'est qu'un seul des deux êtres à une raison de se venger - la créature - et c'est également la seule qui éprouvera finalement du remords et de la tristesse. Comme quoi, la créature a dépassé son créateur en &quot;humanité&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai été particulièrement choquée et blessée en lisant ce livre. Véritable plaidoyer pour la tolérance si l'on se place du côté de la créature, c'est aussi un tragique portrait de la nature humaine si on se place du côté de Frankenstein (et de Robert Walton aussi d'ailleurs). Tous les pires aspects de l'homme y sont brossés : l'orgueil, l'envie, l'incapacité à réfléchir, à assumer ses actes, à se remettre en question, l'intolérance, le refus de l'autre, de ce qui est différent, l'apitoyement sur soi, la victimisation. Frankenstein est la quintessence de tout ce que l'être humain a de détestable. &lt;br /&gt;Je n'ai pas eu le plaisir de lire de commentaires universitaires sur cette oeuvre qui, je n'en doute pas, doit en regorger ; je ne sais donc pas si je suis à côté de la plaque. Mais je vous livre ce qui m'a vraiment saisie à cette lecture.&lt;br /&gt;Bien sûr, je fais l'impasse sur de nombreux autres aspects passionnants et prégnants de l'oeuvre comme l'omniprésence toute romantique de la nature, reflet du moi intérieur (les descriptions des montagnes, du lac ou des forêts éclairent tantôt l'état d'esprit de Frankenstein ou de sa créature). Mais je retiendrai vraiment cette leçon d'humanité dans ce qu'elle peut avoir de pire pour me le rappeler dans les instants où l'hybris me saisira derrière les fagots. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4092331&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/00/1345539106.2.jpg&quot; alt=&quot;challenge-des-100-livres-chez-bianca.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Challenge &quot;Les 100 livres à avoir lu&quot; chez Bianca&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;5eme lecture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Kyoko de MURAKAMI Ryû</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Challenge</category>
<category>Littérature asiatique</category>
<pubDate>Mon, 27 May 2013 08:37:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4093636&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/01/01/1993062803.jpg&quot; alt=&quot;kyoko.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Kyoko&lt;/em&gt; de Murakami Ryû&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, ed. Philippe Picquier, coll. Picquier poche, 2000, 228p.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vous racontais l'an dernier en chroniquant &lt;a href=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2012/06/08/1969-de-ryu-murakami.html&quot;&gt;1969&lt;/a&gt; qu'un hasard de librairie me faisait entamer l'oeuvre de Murakami Ryû par un roman plutôt atypique. Dans ce dernier, point de noirceur, de drogue ou de sexe à outrance mais plutôt l'esprit festif et rafraîchissant des années 70 et une jeunesse pleine d'espoir. Je comptais profiter du challenge d'Adalana pour plonger dans un roman un peu plus sombre, tâter de sa plume plus corsée. Mais le seul exemplaire de Murakami présent à la biblio dans cet esprit était en réparation et, honnêtement, ça ne me tentait pas assez pour acheter. J'ai donc opté à la place pour un autre roman plutôt jouissif que voici (Murakami Ryû a donc écrit au moins deux romans positifs, dingue!) :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La vie de Kyoko n'a pas terriblement commencé. Orpheline très tôt, elle est élevée en fille unique par son oncle et sa tante. Il la traite parfaitement mais la fillette souffre de solitude et un poids lui pèse malgré elle. &lt;strong&gt;Les seuls instants où elle se sent bien et légère, c'est lorsqu'elle danse avec José, un GI d'origine cubaine qui lui apprend le cha cha cha, le mambo ou la rumba.&lt;/strong&gt; Au bout de quelques mois, José rentre aux USA. Il offre des chaussures de danse à Kyoko ; elle lui offre une clochette japonaise. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Treize ans plus tard, Kyoko n'a jamais oublié José et n'a jamais cessé de danser. Elle a économisé chaque centime de son salaire de chauffeur poids lourds pour voyager jusqu'à New York retrouver José.&lt;/strong&gt; La danse l'a sauvée et lui a permis de vivre. Elle veut remercier celui qui lui a donné ce bonheur. &lt;br /&gt;Dès lors, s'engage un road trip émouvant dans la grande pomme puis jusqu'à Miami où Kyoko croisera bien des personnages et bien des rebondissements.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà une bien bonne surprise ! J'ai entamé &lt;em&gt;Kyoko&lt;/em&gt; en pensant passer un bon moment sans prétention, ce qui a été le cas, mais j'ai aussi trouvé plus dans ce roman. Le personnage de Kyoko est riche et multiple. Malgré son enfance difficile, elle apparaît comme une jeune fille d'une grande force qui irradie et se communique à ses compagnons. Elle est gracile et douce et pourtant dégage un charisme particulier. En lisant, j'avais souvent l'impression qu'il émanait de Kyoko une lumière comme on peut se l'imaginer d'une icone. Néanmoins, elle n'est pas que cette représentation éthérée. Elle est aussi une danseuse remarquable, un peu têtue, loin d'être naïve, buveuse de cocktails à ses heures et d'une grande empathie. &lt;strong&gt;Kyoko rallie tout le monde et subjugue dans sa grande simplicité car elle est l'incarnation de la détermination et de l'espoir&lt;/strong&gt;. Jamais elle ne lâche prise malgré les difficultés et, en cela, une sorte de modèle, d'allégorie, de la foi en la vie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis, sans rentrer trop dans les détails au risque de spoiler, Murakami Ryû nous offre également de très belles pages sur le quotidien et les difficultés d'un malade du sida (à replacer dans leur contexte puisque le roman a été écrit en 1995). On ressent à la fois la douleur et le rejet que peut subir un malade mais aussi la solidarité qui s'établit entre lui et son soignant. L'auteur plante ainsi les graines de la tolérance en plus de celle de l'espoir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors bien sûr, on pourrait objecter que le livre est pétri de bons sentiments à la limite de la mièvrerie. C'est vrai qu'il n'est pas courant de lire un livre véhiculant des valeurs aussi positives, surtout chez un auteur comme Murakami Ryû. Mais pourtant peu friande des mièvreries, ce livre m'a touchée parce que justement, il ne lisse pas complètement le réel. La dureté de la maladie, les embûches d'un projet qu'on rêvait facile ne sont pas gommées. Certains rebondissements, certes, sont un peu cousus de fil blanc pour les besoins de la progression narrative - mais comme dans tout roman. A noter en outre que Murakami semble avoir écrit cet ouvrage après en avoir réalisé un film (si j'ai bien compris). &lt;strong&gt;Cette histoire est bien plus à prendre comme une parabole que comme une affaire réaliste&lt;/strong&gt;, de toutes façons, sinon on risque de passer à côté de l'essentiel. J'ai beaucoup pensé au film en lisant. Des images me sont venues souvent à l'esprit et je me représente tout à fait le genre de film qui pourrait être réalisé avec un tel synopsis. J'essayerai de trouver le film pour voir s'il correspond à ce que j'ai imaginé ^^&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4093640&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/00/02/4069582592.2.jpg&quot; alt=&quot;1213775971.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Challenge Petit Bac 2013 chez Enna&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Catégorie Prénom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-4093642&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/02/02/1217815569.jpg&quot; alt=&quot;logo-c3a9crivains-japonais_1.jpg&quot; /&gt;Challenge Ecrivains Japonais 2013 chez Adalana&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mois de mai consacré à Murakami Ryû&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La voie des rêves¨¨**</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Estrella Oscura)</author>
<category>Divers</category>
<category>Littérature française et francophone</category>
<category>Poésie</category>
<category>Réflexion</category>
<pubDate>Sat, 25 May 2013 14:24:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Il faut une belle confiance pour délaisser le monde où l'on parle, pour explorer le dedans de la nuit. Il faut acquiescer aux images extravagantes, aux songes révolus, aux visages incertains. C'est peu, de s'allonger pour dormir. Le difficile est moins de trancher les amarres, de hisser la voile, que de se laisser conduire vers le noyau transparent des nuits. Je ne gouverne pas le vaisseau, je suis aimantée vers une étoile rare, pressentie des oiseaux. Je m'endors, je quitte la terre crédible. Le silence me garde. Je vogue vers des saisons non encore dépliées, loin du monde où on parle, où les mots sont des cuirasses. Je m'en vais cueillir quelques parcelles d'or, guetter les mots qui bourdonnent dans le taillis.&quot;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Extrait de &lt;em&gt;Du sommeil et autres joies déraisonnables&lt;/em&gt; de Jacqueline Kelen, ed. Albin Michel, coll. Spiritualités, 2006&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4116717&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/media/01/01/3760846440.jpg&quot; alt=&quot;klimt.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La jeune fille&lt;/em&gt; de Gustav Klimt&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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