29/05/2014
La poésie du jeudi avec Félix Arvers
En songeant à ce que je pourrais vous proposer pour cette nouvelle poésie du jeudi, je me suis mise à songer à mes premiers émois poétiques, à l'époque où j'étais une jeune collégienne fringante (mouahahaha). Me sont immédiatement venus à l'esprit deux noms - je vous tais l'un des deux pour en user probablement une prochaine fois. L'autre est Félix Arvers. Je ne connais de lui qu'un seul texte, un joli sonnet sans titre tout ce qu'il y a de plus romantique. Ma professeure de français me l'avait proposée en fin de 3e, pour m'exercer au commentaire de texte, pour "voir si ça me plairait de poursuivre là-dedans". Force est de constater que cela m'a effectivement plu, puisque je n'ai (presque) plus jamais cessé d'en faire depuis.
Je place donc ce jeudi sous le signe de la nostalgie de mes débuts de décortiqueuse littéraire. J'espère que ce souvenir me portera chance pour la suite !
*
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.
À l’austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
"Quelle est donc cette femme ?" et ne comprendra pas.

Blue Lovers de Chagall - 1914
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (20)




