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12/12/2013

Des souris et des hommes de John Steinbeck

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Des souris et des hommes de John Steinbeck, 1937

 

Lu lors de mes années adolescentes, j'ai voulu relire ce roman une seconde fois, pour voir si l'émotion y était toujours. Force est de constater que lorsqu'on connait la fin, le choc est bien moins présent mais l'émotion rude et franche, la douceur qui s'en dégagent en même temps, sont par contre toujours au rendez-vous voire décuplées : on saisit le texte avec plus d'acuité. Des souris et des hommes et tout simplement un des plus beaux romans jamais écrit sur l'amitié. Où nous pénétrons d'entrée dans une Californie immense, agricole, précaire. George et son compagnon Lennie sillonnent les bords de la Salinas vers un nouveau ranch où ils embaucheront comme saisonniers. Lennie est aussi fort qu'il est simple et c'est cette relation indéfectible entre les deux hommes qui les tient au quotidien, malgré les faux pas de Lennie. Il n'a pas de mémoire et aime les choses douces. Dans ce nouveau ranch, naissent justement des petits chiots. Il y a aussi une femme aguicheuse souvent de rouge vêtue, belle-fille du maitre des lieu et un fils arrogant qui se plait à provoquer pour rien. George et Lennie marchent sur des œufs. En attendant d'accumuler assez d'argent, ils se rappellent leur projet de maison à eux, avec un jardin, quelques bêtes et des lapins dont Lennie pourra s'occuper.

Des souris et des hommes nous conte les choses simples de l'amitié : l'entraide, les rires, les anicroches aussi et l'espoir d'un avenir meilleur porté à deux. C'est aussi tout faire pour l'autre, même le plus dur, au détriment de soi. Avec une sobriété un peu sèche, une retenue parfaite, tout est là, sans devoir rien ajouté. Steinbeck livre un roman pudique et concis qui va à l'essentiel.
Il nous conte aussi le quotidien des ranchs américains qui emploient des ouvriers saisonniers pour palier au regain de travail en période de récoltes. Les hommes sont logés ensemble dans des locaux rudimentaires et n'ont pour seules distractions que les jeux de cartes, l'alcool et les prostituées. Leur vie est faite d'une grande solitude et d'une paye médiocre. Et ils sont pourtant mieux lotis que Candy, le vieillard infirme qui craint de devenir bientôt comme son pauvre chien : inutile et bon pour la mort, ou que Crooks le palefrenier noir toujours à l'écart. Dans l'Amérique profonde, dans les années 30, la ségrégation et le racisme sont plus que jamais d'actualité.

Bref, Des souris et des hommes est un roman à lire, à offrir, à passer entre toutes les mains, à dévorer, à savourer et à garder en mémoire longtemps : c'est le lot des chefs d’œuvre.

 

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