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03/06/2013

L'Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde

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L'Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde, ed. Fleuve Noir, 2004, 387p.

 


Je voyais trainer ce livre sur les blogs depuis un sacré paquet de temps et à chaque fois, je me promettais de le lire bientôt. Mais c'est Shelbylee qui a achevé de me convaincre avec sa fougue passionnée (au moins) et je suis donc allée louer L'affaire Jane Eyre à la médiathèque.
Que vous en dire à présent ? C'est complètement dingue, c'est drôle, c'est n'importe quoi mais c'est surtout parfaitement maitrisé et, pour résumer, c'est audacieusement jouissif !
L'idée de base est tout simplement géniale : nous voilà projetés dans un monde où les livres ont autant de valeur que l'argent. Le côté positif est que l'on trouve des monologues de shakespeare à tous les coins de rue ; le côté négatif, que pas mal de malfrats se sont recyclés dans le vol ou la contrefaçon de livres célèbres.
Thursday Next (le nom de l'héroïne pose d'emblée la tonalité du livre) travaille comme enquêtrice littéraire depuis sa fin de service en Crimée (oui, dans cette uchronie, la guerre de Crimée est toujours d'actualité - allez savoir pourquoi). Elle a 36 ans, un caractère bien trempé et un dodo apprivoisé. Dans ce premier opus, elle est aux prises avec le plus dangereux criminel d'Angleterre : Achéron Hadès. Il peut traverser n'importe quelle paroi et les balles ont autant d'effet sur lui qu'une piqûre de moustique. Pour couronner le tout, il vous repère à des lieues à la ronde, surtout si vous prononcez son nom. Bref, l'arrêter relève du défi et nécessite une sacrée paire de... Enfin, vous m'avez comprise. Son dernier crime en date : voler le manuscrit original de Martin Chuzzlewit de Dickens. Dans sa tentative commune avec les OP-5 pour le récupérer (vous découvrirez en lisant le roman une pluralité d'organisations d'agents spéciaux hauts en couleurs), Thursday perd tous ses coéquipiers et reste plusieurs semaines à l'hôpital. Suite à ce lourd épisode et à une scène particulière rigolote (dont je vous passe les détails pour garder intact votre amusement), elle décide de prendre un poste dans sa ville natale et surtout, de continuer à traquer cet obscur criminel qui ne va pas tarder à s'attaquer, non seulement à sa famille, mais aussi à un nouveau manuscrit. Je vous laisse deviner lequel... ^^

Décidément, lorsque je lis des livres un peu fous dans ce genre là, je me demande toujours comment font les auteurs ! Où vont-ils chercher tout ça, nom d'un poème ?! Se lancer dans ce genre d'entreprise nécessite à la fois une grande connaissance du domaine qu'on va s'amuser à triturer (ici, la littérature), de l'humour, et une sacrée intelligence narrative. Bref, d'emblée, je suis admirative.
J'ai lu des avis contrastés concernant L'affaire Jane Eyre sur différents blogs. Visiblement, ce roman divise. Soit il emballe, soit il ennuie. Vous l'aurez compris, je fais partie de la première catégorie mais je peux comprendre pourquoi il en a ennuyé certains. Disons que la mise en place des personnages et des faits est plutôt longue. A la décharge de l'auteur, il crée un monde tellement riche et farfelu, qu'il aurait été compliqué d'en faire une introduction de vingt pages. Et puis, personnellement, ces "longueurs" ne m'ont pas gênée car j'ai immédiatement adhéré à cet univers où la littérature est reine. J'ai adoré les chapitres de discussions autour de la paternité des oeuvres de Shakespeare ou celui à l'intérieur du poème de Wordsworth. Jasper Fforde a tout simplement réalisé mon fantasme : voyager à l'intérieur des romans. Raaaah, si seulement on pouvait, j'irai acheter des fleurs avec Mrs Dalloway, résoudrai une enquête avec Hercule Poirot, et voguerai dans le temps avec les historiens de Connie Willis !

Ceci étant dit (vous êtes tous ravis de savoir quel est mon fantasme, je n'en doute pas), j'ai également été frappée par l'écriture très cinématographique de l'auteur. Les personnages sont très typés et croqués en quelques traits de caractère qui les rend immédiatement particuliers, plusieurs évènements narratifs sont menés de front en parallèle de l'intrigue principale avec Achéron (la vie privée de Thursday, la course après les forces du mal de Spike, les propos autour de la Crimée ou du pays de Galles indépendant - qui d'ailleurs m'a fait penser à ça :

). Des images se déroulaient dans mon esprit en même temps que je lisais et franchement, je verrais bien ce roman adapté au cinéma. Pour peu qu'on respecte bien l'humour et qu'un producteur ne rechigne pas à miser sur un film parlant de littérature, je suis sûre que ça ferait un tabac. En tout cas, moi, je me précipiterais en salle !

N'empêche que maintenant, je suis bien embêtée : ma bibliothèque ne possède que le premier volume, je vais donc devoir acheter les suivants. Et puisque ça parait ridicule de ne commencer la série qu'au deuxième tome sur mes étagères, je vais aussi devoir acheter le premier. Non mais, je vous jure !

Merci à Shelbylee pour cette bonne découverte ! Comme quoi, les réponses qu'on donne aux tag ne tombent pas (toujours) dans l'oeil d'un aveugle ;)

 

 

 

1213775971.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Enna
Catégorie Prénom

 

 

 

 

 

challenge-des-100-livres-chez-bianca.jpgChallenge Les 100 livres à avoir lu chez Bianca
6eme participation 

 

 

 

 

 

Mois anglais.jpget 1ere participation pour le mois anglais chez Lou et Titine !

26/04/2013

Loup, y es-tu ? de Henri Courtade

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Loup, y es-tu ? de Henri Courtade, ed. Folio SF, 2012, 400p.
Lecture numérique
(d'ailleurs, le livre est à 3,99€ au lieu de 7,49€ dans ce format jusqu'au 1er mai)

 

Quatrième de couv' :

*"Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ? Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Tapies dans l'ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles tiendraient entre leurs mains expertes le devenir de l'humanité. Sinistre tableau ! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu'en ce début de XXIe siècle, ces personnages merveilleux s'éveillent et décident de se battre. Et alors... qui sait de quel côté la balance pencherait ?
Premier roman de l'auteur, Loup, y es-tu ?, fable moderne mâtinée de thriller, se joue des codes du conte de fées et du fantastique pour entraîner le lecteur dans une aventure captivante."


Oui, une fois n'est pas coutume, je recopie la 4eme de couverture de l'édition poche et je ne reformule rien de mon cru en fonction de ce que j'ai pensé ou retenu de l'ouvrage. Parce que ç'aurait été trop assassin et qu'il fallait tout de même bien que vous partiez d'une base objective sur le livre avant que je déverse ma bile.
Ceci étant fait, vous conviendrez que ce résumé et la belle illustration de couverture sont alléchants, surtout si, vous êtes friands des contes et de leurs réinterprétations. C'est personnellement mon cas. Aussi, même si j'ai hésité à acheter le livre en version papier, je ne me suis pas privée de le prendre au vol lors de la promo de sa version numérique. Et bien, je vais vous dire très honnêtement : c'est déjà 4€ de trop.

Je vais tâcher d'être le plus diplomate et la plus constructive possible... Ou pas : ce livre est véritablement et positivement mauvais. Ca fait longtemps que ça ne m'était pas arrivé de le penser de manière aussi tranchée mais là, je ne vois absolument pas quoi sauver. Si on regarde du côté de la réinterprétation des contes : strictement rien d'un tant soit peu original. On est dans du Grimm et du Once upon a time de bas étage combinés. Les personnages sont plats, caricaturaux et sans aucune subtilité - de maigres silhouettes en carton pâte ; l'intrigue est nulle (pardonnez-moi, je ne trouve rien d'autres à dire) : la méchante sorcière et le grand méchant loup veulent tuer les gentilles princesses. Ok. Si on regarde du côté thriller, vous l'aurez compris, il n'y a pas l'once d'un suspens quant au fantastique, tout est tellement énorme que, comment dire, le glissement subtil entre la réalité et la fiction est à des kilomètres. Si on regarde du côté de l'écriture, c'est insipide. Et si on regarde du côté de la métaphore qu'a tenté de créer l'auteur entre les contes de fées et notre réalité pourrie de l'intérieur, alors là, on décroche la timbale : Non seulement, on n'apprend rien mais en plus c'est un précis de simplification historique manichéenne et bien-pensante pour les crétins. Non parce que, au cas où vous ne le sauriez pas, Hitler, c'est caca et on est manipulé par les médias.

J'avoue, en fait, je ne suis pas constructive. Mais il faut tout de même poser un fait : on peut réussir à être constructif à partir du moment où on pèse des pour et des contre, où on peut formuler des pistes de réflexions ou d'approfondissement. Parfois, malheureusement, il n'y a rien à sauver et c'est le cas avec cet ouvrage, pour moi. Franchement, vous pouvez passer votre chemin parce qu'il n'y a rien à voir. Bon si jamais vous êtes tout de même curieux ou suffisamment intelligents pour vouloir vous en faire une idée perso, rassurez-vous : ça se lit extrêmement bien en diagonale !

 

1213775971.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Enna

Catégorie Animal

09:00 Publié dans SF/Fantasy | Lien permanent | Commentaires (7)

11/04/2013

Sans parler du chien de Connie Willis

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Sans parler du chien de Conne Willis, ed. J'ai Lu, 2003 (1997 pour l'édition originale), 574p.

 

En matière de voyages dans le temps, je peux vous dire que vous ne serez pas déçus ! Nos historiens donnent même tellement de leur personne pour se balader d'un siècle à l'autre qu'ils peuvent en tomber malades. Si, si ! Le déphasage temporel, vous connaissez ? Prenez garde ! Voilà une affection chafouine qui vous donne la mauvaise habitude d'être un exalté mielleux. 

Mais où Connie Willis nous emmène-t-elle dans ce roman, me demanderez-vous ? Et bien, pour commencer, nos historiens et leurs indispensables techniciens sont citoyens du XXIe. Ned Henry, Verity Kindle et Carruthers travaillent pour le professeur Dunworthy, lui-même engagé par la despotique Lady Shrapnell. Ils ont pour mission de reconstruire la cathédrale de Coventry à l'identique car Dieu est dans les détails, le tout pour d'obscures raisons sentimentales.
De là, le lecteur est embarqué tout d'abord en 1940 lors du bombardement de la cathédrale par l'aviation allemande afin de retrouver la fameuse potiche de l'évêque. Chef d'oeuvre de laideur, elle semble avoir joué un rôle crucial dans la vie de l'aïeule Shrapnell : elle est donc primodiale pour la nouvelle cathédrale.
Puis, nous voguons ensuite en 1888 où Ned Henry et Verity Kindle sont chargés de régler une anomalie - en l'occurrence la féline Princesse Arjuman n'aurait jamais du passer les barrières temporelles - afin de sauver l'humanité. Parce que, bien sûr, jouer avec les cordes du temps provoque au mieux des incongruités, au pire l'effondrement spatio-temporel. Autant vous dire que c'est comme les allumettes : il ne vaut mieux pas s'y frotter ! Dès lors, une série d'épisodes fantasques vont mener nos personnages par le bout du nez, qu'ils mettent en scène la sublime nunuche Tossie Mering, sa mère crédule et son père monomaniaque, un majordome instruit ou encore un professeur d'université illuminé. Et, comme le dit si bien le titre, tout cela sans parler du chien !

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Les ruines de la cathédrale de Coventry après le raid nazi

Ma copine blogueuse Manu à qui j'ai piqué (comme d'habitude) l'idée de cette lecture amusante trouvait peut-être mal classé ce roman en SF. Et c'est vrai que ce classement pourrait rebuter certains néophytes du genre, peu enclins à vouloir goûter à des considérations technologiques à n'en plus finir ou à des batailles entre extraterrestres - ou à l'inversse décevoir ceux qui le souhaitent. Car de fait, rien de tout cela ici et c'est d'ailleurs réjouissant de rappeler ainsi que la SF ne se limite pas aux clichés cités ci-avant.
Connie Willis n'utilise pas le voyage temporel comme prétexte pour nous plonger dans un monde futuriste et nébuleux mais au contraire elle nous fait voyager dans le temps et nous offre le tableau d'une époque à petits coups d'humour savoureux. Du coup, il vaut mieux être prévenu : on passe bien plus de temps à l'époque victorienne (et à une ou deux autres époques aussi quand les transferts temporels foirent) qu'à tout autre époque. Cela étant, moi qui suis peu friande du tralala victorien de la haute société, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à y suivre nos personnages car l'auteur développe un humour qui épingle, si ce n'est avec une débordante subtilité, du moins avec un talent comique certain, les moeurs de l'époque. J'ai particulièrement ri lorsque Ned s'étonne que Mme Mering se pâme à tout bout de champ sans jamais rien renversé avec elle comme s'il s'agissait d'un art de l'esquive en plus d'un art de la feinte. Bien vu !

Je relèverai tout de même deux petits bémols : les soixante-dix premières pages ne donnent pas forcément le ton du livre. Bien sûr, le principal concernant la cathédrale, Lady Shrapnell et le potiche sont mis en place mais tout cela était un poil fastidieux et pas forcément très clair comme première approche. En les ayant terminées, j'ai espéré que le reste du livre n'était pas dans la même veine ; heureusement il n'en est rien.
Les considérations sur les incongruités temporelles, ensuite, sont parfois salées. Pas dans le mauvais sens du terme mais disons que l'auteur part tellement loin dans les suppositions historiques (vous savez, le fameux "avec des si, on mettrait Paris en bouteille") que j'ai parfois eu du mal à suivre. Il faut dire aussi qu'elle a beau faire rire, elle nous décortique quelques faits historiques assez pointus que l'on ne peut totalement suivre si on n'est pas fin connaisseur - je pense ici aux fameuses recherches menées sur la bataille de Waterloo. (Du coup, c'est peut-être plus la faute de mon inculture que celle de l'auteur ?)

 

Pour conclure, je dirais que c'était une découverte rafraîchissante, drôle et rythmée que j'ai lu avec d'autant plus de plaisir que j'ai pu chiper ici ou là des références littéraires sympathiques. Sans parler du chien (d'ailleurs, je ne vous en ai pas parlé pour vous laisser  tout le suspens de ce fameux cabot) est donc l'occasion de se divertir tout en agitant ses petites cellules grises. Il n'y a certainement pas de quoi bouder son plaisir !

 

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Oxford à l'époque victorienne

 

 

 

 

1213775971.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Enna

Catégorie Animal

 

 

 

 

a-tous-prix.jpgChallenge A tous prix chez Laure

Prix Hugo et Locus 1999 du meilleur roman de Science-Fiction