29.12.2011
Maus d'Art Spiegelman

Maus d'Art Spiegelman, Flammarion, 296p.
Prix Pulitzer 1992
C'est la lecture du billet de Manu qui m'a inspiré cette lecture et je l'en remercie, tant la découverte est excellente !
Art Spiegelman se lance à la fin des années 70 dans une entreprise délicate : raconter la vie de son père durant la seconde guerre mondiale. Il aura donc avec lui de longs entretiens pour balayer la fin des années 30 avec les premières restrictions jusqu'en 46 lors de ses retrouvailles avec sa femme après les camps. De longs entretiens également relatés tout au long de la BD où l'on voit l'oeuvre en train de se faire et les tensions vives entre les deux hommes qui ne s'entendent que peu. Vladek Spiegelman n'est pas un homme facile, pétri de défauts que les camps de concentration ont sans aucun doute exacerbés (l'avarice, la maniaquerie...)
Ce récit graphique est tout simplement époustouflant et émouvant. L'auteur a réussi à trouver l'équilibre parfait entre l'histoire personnelle et familiale, et la grande Histoire. A aucun moment il ne se fait le chantre d'une dénonciation de "ce qui se passait pendant la guerre ou dans les camps" mais du coup, il le dénonce encore mieux en racontant cette histoire simple et atrocement extraordinaire. C'est vraiment le genre de lecture qui scotche et qui coupe le sifflet parce que, juste, c'est ce qui s'est passé et franchement, ça fait froid dans le dos... Heureusement que l'art, quelque part, permet de mettre des mots sur les souffrances et de les transcender...

09:00 Publié dans BD / Romans graphique/ Mangas, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : souris, chat, holocauste, juifs, camps, aushwitz, guerre, récit, famille
26.12.2011
L'Amour d'Erika Ewald et autres nouvelles de Stefan Zweig
Je suis tombée amoureuse de Zweig dès ma première lecture, qui s'est faite, il faut bien le dire, sur le tard. Lettre d'une inconnue et La confusion des sentiments m'ont littéralement et littérairement enchantée. Néanmoins, j'ai décidément un problème avec les livres qui parlent d'amour, et j'avais trouvé dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme une niaiserie empoulée et vraiment démodée qui m'ennuient à mourir.
Et pour le coup, le présent ouvrage ne déroge pas à cet ennui bien subjectif.

L'Amour d'Erika Ewald et autres nouvelles de Stefan Zweig, le livre de poche, 179p.
Publié en 1904 (et traduit en français en 1990), ce recueil fait partie des premières oeuvres de Zweig. Il se compose de quatre nouvelles de tailles inégales avec le point commun de brosser l'amour au sens large.
Dans les deux premières, il s'agit plutôt du sentiment amoureux avec tout ce que cet élan très humain implique d'illusion, de flammes, d'idéalisme et de tragique.
L'amour d'Erika Ewald expose la passion d'une jeune professeur naïve et chaste pour un musicien qui ne saurait sacrifié son art à aucun amour. Où il est question d'abnégation, de tension entre des sentiments purs, entiers et romantiques et le gouffre du désir qui ne souffre pas de refus (et là, j'ai envie de dire guimauve qui colle aux dents mais je m'abstiendrais, évidemment)
Dans L'Etoile au dessus de la forêt, c'est cette fois un jeune serveur qui s'éprend en secret d'une femme inaccessible, et ça finit mal.
Les deux suivantes s'attachent plutôt à l'amour de Dieu.
Etonnant petit morceau, on retrouve dans La marche la journée d'un fervent croyant pour rencontrer Jésus à Jérusalem. Il le rate pourtant pour céder à un désir absolument pas transcendant et ignore du coup que son prophète tant aimé vient d'être crucifié.
Les prodiges de la vie, enfin, plus longue nouvelle du recueil (plus de 90 pages) plonge dans l'Anvers de la renaissance. Truffé de références historiques, artistiques et évidemment religieuses, le texte brosse la peinture d'une vierge à l'enfant à travers les questionnements mystico-picturaux de l'artiste et l'éblouissement mystico-maternel de la belle et jeune modèle.
Je fais, s'il était besoin de le préciser, un bilan assez mitigé de cette lecture. Je se saurais nier les qualités stylistiques de Zweig et cette capacité qui me fascine tant chez lui à sonder l'âme humaine avec une acuité et une tendresse si virtuose. On sent un amour profond de ses personnages, comme une délicate précaution à leur égard tout en ne faisant aucune concession à leurs élans paradoxaux et sans gloire, notamment dans La marche ou Les prodiges de la vie. Ce sont d'ailleurs les deux nouvelles qui m'ont le plus intéressées par ces raisons là - et parce qu'elles parlent le moins de sentiment amoureux.
Car, la conception de l'amour qu'expose l'auteur ici souffre d'obscolescence. En d'autres termes, ça a mal vieilli. Aussi, je n'ai pas du tout réussi à accrocher à ces mièvreries passionnées et cette fameuse délicate précaution que Zweig prend à l'égard des personnages, alors même qu'ils sont ridicules, n'a réussi qu'à me les rendre d'autant plus grotesques. Erika Ewald est d'une platitude accablante au point que je n'ai pas même réussi à la prendre en pitié. Un peu de fierté, que diable, au lieu de s'étaler ainsi qu'une serpillère au nom d'une passion de roman à l'eau de rose, raaaah.
Bref, je ne suis pas très bonne cliente de ces affaires amoureuses datées. Ce livre là ne restera pas parmi mes coups de coeur de Zweig mais je ne doute pas, bien sûr, qu'il en passionnera d'autres.
09:00 Publié dans Littérature germanique, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2011
Comme qui dirait, c'est de saison
Joyeux Noël à tous !

14:29 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.12.2011
Du domaine des murmures de Carole Martinez

Du domaine des murmures de Caroles Martinez, Gallimard, Coll. Blanche, 2011, 200p.
Où que nous soyons, la voix d'Esclarmonde traverse les âges et nous murmure son histoire. Toute jeune fille, elle refuse le destin de sa caste qui la destine à un mariage arrangé et à faire naître les héritiers du domaine. Elle dit non devant l'autel et se donne à Dieu - devient recluse pour l'éternité dans une cellule de la chapelle de Sainte Agnès. Pourtant, victime d'un viol le matin même de son entrée en solitude, elle ne se trouvera pas si seule dans sa réclusion... Elle sera tour à tour jeune fervente, mère puis prêtresse enflammée capable de visions nocturnes mais jamais elle ne quittera sa prison de pierres.
Ce roman là, on peut le dire, est un sacré succès de cette rentrée littéraire 2011! Chroniqué sur tous les blogs et dans toutes les revues littéraires, il a également raflé le prix Goncourt des lycéens. J'étais donc très curieuse de m'y plonger pour toucher du doigt les secrets d'un tel engouement, d'autant plus que le propos est particulièrement original ! Le moyen-âge et la recluse, Carole Martinez n'a pas choisi la facilité !
Finalement, je suis mi-figue mi-raisin. J'ai apprécié le style doux et poétique, et l'évolution du personnage, évoquant une complexité humaine plus forte que n'importe quelle foi aveugle. Où l'on touche du doigt aussi la question de la femme, de la liberté et de la religion en un temps où les Croisades font rage. Néanmoins, j'ai survolé tout ça et je suis loin d'avoir ressenti l'intensité et l'éblouissement de beaucoup de lectrices. Il m'a semblé que tout cela était trop lisse et trop attendu pour retourner les tripes. Tout est évoqué ou touché du doigt mais je suis restée sur ma faim, trouvant que cela manquait cruellement de consistance. Ce style doux et poétique, clairement de qualité, donne pourtant une tonalité gentillette à l'ensemble qui ne colle pas avec l'époque ni avec ce que vit le personnage. En refermant le bouquin, je me suis dit "c'est mignon". Voilà, sans plus.
Merci beaucoup à Leiloona pour ce livre voyageur !
Challenge de la rentrée littéraire 2011
11/7
09:00 Publié dans Challenge, Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : carole martinez, recluse, foi, moyen-âge, enfant, viol, murmures, rentrée littéraire
19.12.2011
Némésis d'Agatha Christie
Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais j'avais été fort déçue de ma récente lecture du Noël d'Hercule Poirot (hop, un petit lien ni vu ni connu je t'embrouille au cas où) qui m'avait laissé l'étrange impression que l'oeuvre originale n'était pas à la hauteur de son adaptation télévisuelle. Il n'était pourtant pas question que j'en reste là parce que, dans mon souvenir, Agatha Christie, c'est quand même la fête du slip à pois violets.
Décidée, donc, à retrouver cette saveur inimitable de l'écrivain, je suis allée fureter du côté de la médiathèque pour m'apercevoir qu'elle a écrit une Némésis! Ceux qui me connaissent* sauront pourquoi cela m'a fait rire et pourquoi, inévitablement, je suis repartie avec pour me pencher sur ce bouquin.

Némésis d'Agatha Christie, 1971
Et là, paf, Némésis m'a remis les idées en place : effectivement, Agatha Christie, c'est fantastique. J'étais juste mal tombée précédemment avec un moins bon opus (ça arrive, quand on est si prolifique ; on lui pardonne donc).
Ici, l'auteur joue autant avec la curiosité de son lecteur qu'avec celle de son héroïne, puisque Miss Marple se trouve plongée dans une affaire dont elle ne connaît de prime abord strictement rien.
Après le décès d'un certain Mr Rafiel qu'elle avait connu dans une affaire précédente (Le Major parlait trop), celui-ci lui "lègue" par courrier le soin d'enquêter sur un crime. Lequel, datant de quand, commis présumément par qui ? Telles sont les questions. Commence alors un tatônnement au petit bonheur la chance qu'une mise en oeuvre savante du défunt va progressivement orienté au cours d'un mystérieux voyage en car... Et l'on découvre en même temps qu'elle de quoi il s'agit, ce qui se trame et qui est le coupable.
Tout bonnement savoureux ce petit jeu enigmatique! Les amateurs de l'auteur retrouveront à plaisir la sagacité de Miss Marple maquillée sous de faux airs de vieille chouette et cet univers presque hors du temps, so british et so kitschounet, fort heureusement peu entâché par les seventies (bien que nous ayons la mention de cette satanée mode des minis jupes). Je ne me la rappelais pas ainsi mais sur ses vieilles années, Agatha Christie est quand même sacrément réac! Ainsi, elle y va l'air de rien de ses réflexions sur les femmes qui se mettent à travailler et sur la libération sexuelle, cause de la dépravation des jeunes filles et de cette recrudescence de viols qu'elles ont sûrement bien cherchés! Ahhhh Agatha, je t'aime réac, ça fait partie de son charme de vieille chouette (car tu en es une aussi) mais tout de même, n'allons pas trop loin !
Et deux choses peu communes qui méritent d'être notées dans l'écriture d'Agatha Christie : Un meurtre passionnel original et un espoir en le rachat de la nature humain. Mais je n'en dis pas plus, je ne voudrais pas spoiler ! Tout simplement amusant. Autant vous dire que j'ai passé une fort bonne après-midi, vicée à mon livre, mon thé et mon canapé! Je t'aime, Miss Marple!
Challenge Agatha Christie
2
*
*Pour les autres, voici le fantastique petit specimen ratounesque dont je suis la maîtresse, qui porte le nom de Némésis et qui est, à elle seule, la représentante de cet esprit chafouin et amusant que j'aime tant chez cette race d'animaux. (Oui, j'ai pleins de rats chez moi, I'm such a grande malade)
09:00 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17.12.2011
Swap de l'hiver : les colis !
Tous les colis sont arrivés à bon port : voilà une bonne nouvelle !
Voici venu le temps de tous les découvrir ensemble, pour savourer aussi ce qui ne nous était pas destiné ^^
Les blogueuses :
Le billet d'Alice, qui a étrenné la réception des colis avec le prompt envoi de Marine ^^
"Ce colis sentais bon les bougies parfumés, des thés noir, épicé, thé de Noël, thé vert aux amandes, un régal !
Côté livres :
- Palais de glace de Vesaas (lu mais il y a très, très longtemps je me souviens plus trop de l'histoire, mais je me souviens que j'avais beaucoup aimé) voilà c'est une occasion de le relire peut-être bien.
Ah ! Oui j'ai vu aussi une adaptation au cinéma un film nordique il y a longtemps aussi.
- Karen blixen : Saison à Copenhague, je ne connais pas du tout cette nouvelle. Mais j'aime beaucoup Karen Blixen, un écrivain brillant et passionnant !
- Un livre jeunesse de Ferenc Molnar, Les gars de la rue Paul (un classique de la littérature jeunesse que je ne connais pas)
Un marque page hivernal et une jolie carte."
Le billet de Fanny, super ravie de son colis offert par Julie.

"[...]j'ai fait connaissance avec JULIE, alias ma swappée, mon binôme, ma mère Noël avant Noël. Et devinez ce qui m'attendant ce soir tranquillement dans ma boîte aux lettres en rentrant du boulot... le colis !!!
Et dedans :
- Une jolie carte (fait maison attention !) à envoyer pour les fêtes
- THE livres, Trois titres que j'ai hâte de connaître (avec pour chacun, un petit mot de Julie à l'intérieur) (Edit Aline = Je détaille pour ceux qui ont envie de savoir : Le violon noir de Maxence Fermine, Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino et Je vais bien, ne t'en fais d'Olivier Adam)
- Un marque-page fait maison
- Une mignonnette (j'adore ce mot !) de sirop de pomme d'amour :D
- Un petit gâteau (honnêtement englouti en 15 sec chrono, trop bon !!!)
ça se voit pas sur la photo, mais il y avait un glaçage avec le message "Swap de l'hiver"
- Une cuillère chocolat/caramel/vanille/bourbon, à faire fondre dans du lait chaud
(je ne connaissais pas le principe mais je sens que je vais vite adhérer)
- Un accroche-sac
- Des petits biscuits en forme de coeur qui semblent questionner Gaia
- D'autres petits biscuits en forme d'os (cette fois je crois qu'elle a compris que c'était pour elle)"
Edit Aline = Vous trouverez tous les objets en photos sur le billet de Fanny ^^
Le billet d'Audrey, qui recevait un colis de Clara :
Bon, je n'ai pas pu en copier une photo (rahhh le blocage des photos :D) mais vous avez le lien pour aller voir malgré tout !
Dans ce colis, il y avait :
"- Habillés pour l'hiver de David SEDARIS, Louis XIV, l'hiver du grand roi de Max GALLO et A la lumière d'hiver de Philippe JACCOTTET
- des chocolats beeeeelges !!!
- des orangeeeeeeeeettes !!!
- et la surprise... Des emporte-pièces en forme de sapins et d'étoiles pour mes prochains petits sablés de Noël !!!
Bien joué Clara ! Je suis ravie de tout ! Le tout était accompagné d'une lettre adorable (égayée de dessins hivernaux vachement réussis, moi j'ai pas osé et il valait sûrement mieux) "
Et le colis de Marine, offert par Alice
Dans ce colis :
"- 3 marque-pages, une jolie carte dans une enveloppe, et plein de paquets-cadeaux bien alléchants !
- Côté lecture : A septembre, Petronella de Jean Rhys (dévoré dans la soirée), Les petits garçons naissent aussi des étoiles d'Emmanuel B. Dongala (je suis en train de le lire, et j'aime beaucoup), Nuit et Jour de Virginia Woolf (alors là, il faudra que je prenne le temps...), et en prime un charmant carnet pour y copier ses poèmes préférés et ses notes de lecture.
- Et aussi le Thé de Noël n° 25 du Palais des thés, et un santon que mes enfants ont été ravis d'accrocher dans le sapin !"
Vous retrouverez le détail de mon merveilleux colis offert par Charline par ici
Les électrons libres :
Le colis de Clara, offert par Audrey :
- Un hiver avec Baudelaire de Harold Cobert et Neige de Maxence Fermine.
- Des herbes pour tisanes
- Des pyrennéens
- Une chaussette de Noël avec des petits bonbons^^
Le colis de Julie, offert par Fanny
- Le froid modifie la trajectoire des poissons de Pierre Szalowski, Le conte d'hier de Shakespeare et Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (que Julie a dévoré, visiblement héhé)
- Une mini bouillote
- Une livre de recettes "Petits sablés de Noël" avec des petits moules
- Une écharpe tubulaire
- des Schoko-Bons et des chichis (qui ont été dévorés aussi ? :D)
"j'ai adoré les chouchous et les chocobons (j'ai presque déjà tout mangé)
je vais me réconcilier avec l'hiver avec cette mini bouillote et cette super écharpe/col
j'ai hâte d'essayer les recettes de sablés et les 3 bouquins me font terriblement envie !
j'ai beaucoup rigolé car Fanny avait rempli le colis de mini flocon de neige en plastique et que moi j'ai pulvérisé celui que je lui ai envoyé de paillettes argentées ! les grands esprits se rencontrent !"
Et puis, le colis de Charline, ma binômette
Dedans j'avais glissé :
- Arbres d'hiver de Sylvia Plath, Contes d'hiver de Karen Blixen et Vers les icebergs de Le Clézio
- Des chocolats fourrés à la menthe, du thé saveur hivernale "Lumière d'étoiles" et de l'encens "Veillée et contes d'hiver"
- Un ouvrage de croquis érotiques de Degas
Et bien voilà, le swap de l'hiver touche à sa fin !
Merci à toutes pour ce super swap, c'était une excellente expérience ! Profitez-bien de vos gourmandises et de vos lectures de saison et je vous donne rendez-vous, pour celles qui veulent renouveler l'expérience et pour les autres, pour le swap du printemps !
09:00 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.12.2011
24 contes pour attendre Noël

24 contes pour attendre Noël racontés par Anne Lanoë, ed. Fleurus
A chaque jour de l'Avent correspond une histoire à lire en famille. Des contes, des mythes fondateurs, des récits traditionnels, des légendes d'ici ou d'ailleurs... - tous réécrits par Anne Lanoë pour ne pas excéder 3 pages et ainsi être lu d'une traite, au coin du feu.
Le principe est une très bonne idée pour les plus jeunes mais j'avoue que mon regard d'adulte à regretter les réécritures à ellipses. Quel dommage de voir le fameux Conte de Noël de Dickens, entre autres, ainsi esquinté. J'ai malgré tout découvert quelques jolis histoires comme Le rêve de Noël de Becky ou Snegourotchka que je vais garder dans un coin et réutiliser en temps voulu.
L'objet livre est par ailleurs d'un grand format et joliment illustré ; les petits pourront ainsi suivre la lecture en même temps que les grands. Pour ma part, je n'ai pas d'enfants, mais un petit compagnon s'est quand même glissé avec moi pendant la lecture, aha (il s'est fait charmer par le joueur de flûte de Hamelin, le coquin).
Bref, un avant-goût mignon de Noël.
Challenge La Magie de Noël
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09:00 Publié dans Challenge, Contes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : contes, noël
13.12.2011
Vie de Joseph Roulin de Pierre Michon
Il n'y a pas que des culs terreux, des vaches et du néant dans la Creuse, je vous jure. Il y aussi des artistes de talents et un silence propice à la paix et à la création fébrile. En l'occurrence, il y a Pierre Michon, écrivain génial de Vies Minuscules et Rimbaud le fils, dont Les Onze a reçu le Grand Prix du roman de l'Académie Française en 2009 et dont l'oeuvre est étudiée à l'université.*

Vie de Joseph Roulin de Pierre Michon, ed. Verdier, 1988, 67p.
Ce Joseph Roulin, illustre inconnu, était modeste employé des postes à Arles puis à Marseille à la fin du XIXe. Il était cet homme d'âge mûr, porté sur la boisson et fervent républicain que Van Gogh devait peindre plusieurs fois ainsi que sa femme Augustine et ses trois enfants. Tous, ces petites gens, ont été les témoins d'un des plus grands peintres du XIXe, de son quotidien, de ses motifs ; en somme témoins de l'Histoire, n'ayant pourtant pas de voix dans tout cela.
Ce qu'il y a chez Michon, c'est ce talent de la digression et de la phrase poétique qui vole. Chaque fois que je le lis, il me semble qu'il est peintre. Car, au fond, il ne raconte pas, il tatonne, il pose une touche puis une autre jusqu'à former des rubans de phrases tournicotés à la lumière ; chacune de ses touches, exactement, a sa raison d'être là. Le verbe est précis et tendre jusqu'à élever de modestes figures en mythes étonnants - archétypes d'une vie mystérieuse.
Il faut aimer la langue indéniablement. Si tel est le cas, alors s'assoir confortablement, prendre le temps qu'il faut et boire les mots de Michon avec un extatique recueillement.
Je relisais une interview qu'il a donné au Matricule des Anges à la sortie de l'ouvrage où il dit :
"Ecrire, ce n'est pas aller vraiment vers quelque chose de toujours plus enfoui, c'est danser autour, c'est chanter autour, mais chaque fois sans doute, cette chose que l'on cherche, on la creuse un peu plus..."
Alors, tout simplement, il suffit de le laisser nous faire danser.
*
Incipit :
"L'un fut nommé là par la Compagnie des postes, arbitrairement ou selon ses voeux ; l'autre y vint parce qu'il avait lu des livres ; parce que c'était le Sud où il croyait que l'argent était moins rare, les femmes plus clémentes et les ciels excessifs, japonais. Parce qu'il fuyait. Des hasard les jetèrent dans la ville d'Arles, en 1888. Ces deux hommes si dissemblables se plurent ; en tout cas l'apparence de l'un, l'aîné, plus assez à l'autre pour la peignît quatre ou cinq fois : on croit donc connaître les traits qu'il avait cette année-là, à quarante-sept ans, comme on connaît ceux de Louis XIV dans tous ses âges ou ceux d'Innocent X en 1650 ; et sur ses portraits en effet, il reste couvert comme un roi, il est assis comme un pape, cela suffit."

Portrait de Joseph Roulin, Van Gogh
*Ah, puis il y a moi aussi dans la Creuse, mais bon, ça c'est une autre histoire.
09:00 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michon, joseph roulin, van gogh
10.12.2011
Hamlet par Mesguich
Hamlet, une des pièces les plus connues de Shakespeare, n'était connue de moi que pour cette fameuse question que je ne vous ferais pas l'affront de citer. En dehors de ça, c'était le désert dans mon esprit concernant le propos et le contexte de cette œuvre. Oui, honte à moi, quelque chose de concret.
C'est donc avec plaisir que j'ai sauté sur l'occasion de me faire une petite soirée culturelle instructive en allant voir la pièce mise en scène par Daniel Mesguich lors de son passage dans mon trou paumé!

Rapide pitch, puisque je suppose et espère ne pas être la seule ignorante concernant Hamlet : Le roi Hamlet est mort depuis deux mois. Tandis que sa veuve s'est remariée avec son frère ainé Claudius, nouveau roi du Danemark, son fils Hamlet le jeune s'enferme dans le deuil. Le fantôme de feu son père lui apparaît un soir et lui révèle qu'il n'est pas mort d'une morsure de serpent mais assassiné par Claudius. Afin de confondre son oncle, Hamlet simule alors la folie (ou pas d'ailleurs, c'est à se demander s'il n'est pas vraiment un peu fêlé avec tout ce merdier). Et là, j'ai envie de vous dire, ça se barre complètement en cacahuètes et quasi tout le monde crève à la fin. De la bonne pièce réjouissante comme on les aime donc. (C'est marrant, résumé comme ça, ça ressemble presque aux Feux de l'amour, vous trouvez pas?)
Concernant la représentation qui nous occupe, Mesguich livre un intéressant syncrétisme entre tradition et modernité (j'ai l'air de m'y connaitre en mise en scène en disant ça, hein?) avec son fiston dans le rôle titre et une mise en abyme assez stupéfiante. Celle-ci semble affirmer à quel point la pièce - sa folie, sa dureté - est un miroir de chacun de nous et de notre monde contemporain. En fait, il m'a semblé que tel était le message à retenir de cette mise en scène : Hamlet est une pièce contemporaine, sans cesse renouvelée. On y retrouve même ici une pointe de drôlerie assez inattende mais grandement savoureuse dans le jeu de la folie et dans le personnage de Polonius.
Mention spéciale, en outre, pour le jeu des acteurs. Mesguich fils n'a pas volé son rôle d'Hamlet qu'il joue avec force et finesse, de même pour tous les autres comédiens.
Le seul petit reproche - qui n'en est pas vraiment un - est que la pièce, avec ses circonvolutions de mise en scène, est TRES longue : 3h (+20min d'entracte). Il faut donc s'accrocher parce que 3h d'un texte du XVIe siècle, ça asmate les neurones de fort belle manière.

Ci-joint, le dossier de présentation de la pièce où vous trouverez notamment les dates des prochaines représentations à Angoulême, Orléans, Narbonne, tout ça.
(Et heu, sinon, dans la rubrique stupide et superficielle, vous trouvez pas qu'il a un côté Gad Elmaleh en blond le fiston Mesguich ?

Bon, ok, je sors)
09:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hamlet, shakespeare, mesguich
08.12.2011
Swap de l'hiver : Mon coliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
Youhouuuuu c'est la fête du slip à pois, je suis toute contente! Je viens de recevoir mon colis, merveilleusement concocté par ma Charline préférée!
Tout doux et poétique, avec une longue lettre de sa belle écriture, je suis vraiment touchée et heureuse!
Dans ce petit coffre à trésor, j'ai eu :
- Un joli marque-page brodé et plumé main ^^
- 3 livres :
Histoire d'âme de Christiane Singer
Narayama de Fukazawa
Balades d'hiver/Couleurs d'automne de Thoreau
- Et un petit bonus, un livre audio d'une oeuvre que j'aime particulièrement, il s'agit de Derniers fragments d'un long voyage de Singer lu par Juliette Binoche
-Du thé de Noël dont je vais prestement aller me faire une tasse
- 3 tablettes de chocolat NewTree (il est trop bon!) à la lavande, à la cerise et au poivre rose : Miam !
- Une trop belle carte/Calendrier avec la recette au dos des rochers à la noix de coco
- Un bracelet arabisant parfaitement dans mon style !
*
Merci encore Charline, je suis vraiment touchée par toutes ces attentions!
Programme de cette après-midi : Ecouter Singer lu par Binoche en faisant des rochers à la noix de coco, hihi !
¨¨**¨**
11:20 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : youpiiiiii, c'est noël avant l'heureeeee!










