28.11.2011
Les prix littéraires 2011 : Un pti récap' des blogs pour le plaisir
On s'y perd dans tous ces prix, on s'y perd. Et quand il s'agit de repairer ce qui a pu en être dit sur les blogs pour se faire un avis pré-achat, là c'est carrément la traversée de l'atlantique sans palme ni tuba.
Ca tombe bien, je suis passée pro dans la pratique du dos crawlé en haute mer (ouais, ok, la haute mer en question, c'est la piscine municipale mais chuuut), du coup, je me suis amusée à faire un petit récap bloguesque des prix littéraires.
PS : Si je vous ai oublié et que vous voulez apparaître pour l'un ou l'autre livre, faites signe :)
Grand prix de l'académie française :
Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

Ce qu'en disent :
Clara : "Dans une écriture aux mots justes qui colle au plus près des émotions, Sorj Chalandon décrit la vie de Tyrone. Celle du militant et celle de l’homme. Tout en finesse et sans jamais prendre parti, il nous amène sur le terrain de la conscience, du poids de la trahison et de celle de l’amitié bafouée. Un grand livre !"
Emmyne : "L'emploi de ce Je narratif me stupéfie, me fascine. La qualité, la force, l'humanité de ce choix me frappent. Dès la dédicace : " A ceux qui ont aimé un traître ". La puissance de cette écriture reste un mystère pour moi, au-delà de cette sobriété du style pur et juste, au-delà de l'exigence et de la densité, au delà du mot toujours effectif, affectif, qui touche le lecteur parce qu'il touche si parfaitement le moment, l'image et les sensations."
Hélène (Cases à vent) : "C'est un roman extrêmement fort qui sur fond de combat de rues, de conflit religieux, d' opération semi-militaire nous parle d'amitié, d'amour de celui d' hommes et de femmes pour leurs prochains et pour leur pays."
Mara : "Dès les premières lignes, on sait que c’est du Chalandon. J’ai retrouvé avec bonheur son style, c’est comme retrouvé un ami que l’on avait perdu de vue. Ses mots, ses phrases font mouche"
Mirage : "Il a le don de faire ressortir la beauté de chaque geste et non seulement de faire vivre sous nos yeux les scènes mais de nous transporter la-bas, en Irlande. Ses phrases, ses mots sont magnifiques. On en ressort troublé et on les relit, encore et encore toujours avec le même bonheur."
A propos des livres : "Voilà un livre très fort, qui m'a bouleversée.."
Constante93 : "Sorj Chalandon affirme avec Retour à Killybegs sa capacité à partager l’émotion par la littérature. Son écriture est sensible, parfois douce, drôle ou vivante, parfois dure et désespérée. Les émotions se ressentent avant même d’être comprises, et la beauté réside peut-être au milieu de toute cette humanité que l’on percoit au sein même de l’écriture"
Nina : "L’écriture de Chalandon est splendide, et je commence à comprendre pourquoi on parle autant de lui et pourquoi ses nouvelles parutions font un tel foin chez les libraires. Il a réussi à m’intéresser à un personnage que j’aurais du haïr, c’est énorme. Et d’ailleurs j’ai eu énormément de mal à entrer dans le roman. Mais après, je ne pouvais plus le lâcher. Je vous en conseille absolument la lecture, mais prévoyez des mouchoirs !"
Enna : "C'est passionnant, c'est poignant! Je n'ai pas pris parti en lisant ce roman mais on comprend les états d'âmes de cet homme qui est loin d'être linéaire. On apprend aussi beaucoup de choses à charge et à décharge sur l'IRA."
Prix Goncourt :
L'art français de la guerre d'Alexis Jenni

Ce qu'en dit :
Valérie : "Mais si ce roman parle de guerre, il parle aussi d'amour [...] Malgré tout, je me suis forcée à aller au bout de ce pavé (plus de 600 pages grand format, c'est à dire plus grand que le dernier Foenkinos par exemple) mais ce fut pénible pour moi car je n'ai, à aucun moment, ressenti une quelconque émotion. "
Prix Renaudot :

Ce qu'en disent :
Clara : "Dans ce livre, Emmanuel Carrère démontre une fois de plus son talent hors-pair de narrateur. Et, il s’agit d’un livre fourni , brillant, très intéressant et où aucun détail n’est laissé au hasard ! "
Mathilde : "Je suis une adepte assez inconditionnelle du travail d’Emmanuel Carrère. Son écriture est simple, limpide"
Valérie : "Je n'ai pas l'habitude de transformer mes livres en livre-hérisson mais j'y laisse plus ou moins de petits bouts de papier pour m'aider à retrouver les passages importants. Parfois, il n'y a aucun bout de papier, parfois beaucoup. Ce fut le cas pour ce roman. Et là, nous allons régler tout de suite la question de l'essai ou du roman. Sur mon exemplaire, on ne trouve pas le mot roman. Et en effet, ce n'en est pas un"
PetitSachem : "Ce livre est une biographie et n'en est pas une: à travers le parcours de cet écrivain atypique, politiquement incorrect, égocentrique mais très respectueux du peuple russe, c'est toute l'histoire de la Russie depuis la Perestroika qui défile sous nos yeux."
Hélène (lecturissime) : "Je pourrais vous dire qu’il faut croire les critiques et découvrir cet ouvrage, et je pense qu’il faut le faire si : 1. Vous appréciez les biographie 2. Vous appréciez l’histoire du communisme 3. Vous vous intéressez à Edouard Limonov 4. Vous appréciez Emmanuel Carrère. Sinon ? Il y a tant d’autres romans à découvrir…"
Achille49 : "Le style est brillant, la thématique passionnante mais toujours ces longueurs dans les textes et le plaisir de se scénariser absolument. Un vrai bon moment de lecture."
SD49 : "Durant de nombreux passages j'ai eu l'impression de lire un documentaire historique et politique, cela n'est franchement pas ma tasse de thé"
Prix Médicis :
Ce qu'aimer veut dire de Mathieu Lindon

Ce qu'en dit :
Tournez les pages : "« Ce qu’aimer veut dire », qui le sait? c’est la belle leçon de ce récit autobiographique. L’amour, l’amitié, les deux se croisent sans cesse et surtout échappent totalement aux règles et aux cadres strictes."
Prix Médicis étranger :
Une femme fuyant l'annonce de David Grossman

Ce qu'en disent :
June : "une grande déception pour moi, un ennui certain "
Agathe : "C'est un roman ambitieux que nous propose David Grossman, cependant, sa densité m'a effrayé et je n'ai pas pris autant de plaisir que je ne le pensais... Certains passages m'ont semblé inutiles et m'ont vite ennuyée... Dommage..."
Fleur de menthe : "Je suis tombée amoureuse d’un auteur et de son pouvoir sur les mots, de sa capacité à poser un ton sur une situation, un regard, aussi impalpables soient-ils…"
Prix Médicis essai :
Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson

Ce qu'en disent :
Caro : "Seul bémol (car il y'en a un quand même!): l'auteur donne parfois trop de leçons de moral. Ses sentences deviennent pontifiantes voire agaçantes.[...] Ce récit reste quand même une ode à la nature, au recueillement. Un livre magnifique! "
LittExpress : "Le propos est riche, poétique et le dépaysement total. Dans les forêts de Sibérie donne l’envie de se nicher dans sa propre cabane, loin des vicissitudes de notre temps en nous proposant un retour aux sources de la condition humaine."
LionelB sur Ecrivains et Voyageurs : "Il s’agit de l’un de ces livres qui permettent à chacun de nous de puiser un peu plus de force pour tenter de sortir d’une condition est peu trop conditionné"
Prix Femina :
Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati

Ce qu'en dit :
Des Livres émois : "Un récit haletant, bien écrit... Sobre, Simon Libérati connait bien le sujet (il en est même fan obsédé comme il le dit lors des interviews). Il aurait pu essayer de trouver les bonnes excuses à Jayne, sombrer dans l'hagiographie, il n'en est rien."
Sophie : "Malgré tout, j'ai l'impression d'être restée sur ma fin. Oui se roman se lit, non on ne passe pas un mauvais moment. En revanche, que vais-je garder de cette lecture ?"
Prix Femina étranger :
Dire son nom de Francisco Goldman

Ce qu'en disent :
Valérie : "Ce roman m'a rendue aussi mal à l'aise qu'Un Roman Russe d'Emmanuel Carrère où celui-ci réglait ses comptes avec son ex-femme. Ce qui est intéressant néanmoins est l'intinéraire de cette mexicaine pour laquelle sa mère avait une énorme ambition."
Nina : "Pour moi c’est un roman superbe, d’une douceur et d’une fragilité de plume. Un roman pour lequel il faut être un peu concentré, mais aussi par lequel on se laisse embarquer avec un plaisir énorme."
Prix Femina Essai :
L'homme qui se prenait pour Napoléon de Laure Murat

Ce qu'en dit :
Bernard Morlino : "Depuis les travaux de Michel Foucault, on n’avait plus lu un livre aussi intelligent sur la folie."
Prix Goncourt des lycéens :
Du domaine des murmures de Carole Martinez

Ce qu'en disent :
Antigone : "Ce qui est une qualité dans l'écriture de Carole Martinez me semble aussi en être une faiblesse potentielle. Aurais-je envie de lire un troisième roman de cette espèce ? Ce n'est pas évident."
Antoine et Violaine : "La plume envoûtante et inimitable de Carole Martinez a encore frappé."
Clara : "Il s’agit d’un roman magnifique, profond et intense ! Dans ce récit narré par Esclarmonde, Carole Martinez excelle sur les thèmes de la liberté et de la condition des femmes"
Constance93 : "Un magnifique deuxième roman dans lequel Carole Martinez s’impose par son univers et son écriture."
Garance : "J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. J’ai adoré suivre ce personnage atypique, découvrir cette époque de souffrances et de beauté"
Hélène (Cases à vent) : "Honnêtement c'est un roman qui me laissera un avis mitigé. C' est plutôt une déception malgré quelques points qui auront malgré tout réussi à me séduire. Je n'ai à aucun moment retrouvé la voix qui m'avait tant séduite dans son roman précédent."
Leiloona : "On ne peut que s'attendrir, admirer ou trembler. Et si l'on suspecte un joli travail de recherches pour écrire ce livre, il n'efface jamais la puissante voix de la conteuse."
Nina : "J’ai été déçue. Je ne sais pas trop dire ce que j’espérais, ce qui complique bien sûr l’explication de la déception, mais en fait je pense que je ne me suis pas intéressée à Esclarmonde, ni à son père, ni en fait à quasiment aucun personnage de l’histoire à part la dame de compagnie de Douce"
Géraldine : "Un livre très riche, plein de surprises"
Enna : "J'ai trouvé ce roman à la fois fort et plein de douceur. J'ai beaucoup aimé le style, très facile, fluide, poétique."
Liliba : "Laissez-vous enfermer avec Esclarmonde ! Vous subirez non les sévices et souffrances que doit endurer cette recluse volontaire, mais les délices de lire à nouveau la plume, ô combien magnifique ! de Carole Martinez."
Mirage : "j'ai complètement adhéré au style de l'écriture mais j'ai eue du mal à complètement rentrer dans l'histoire par des multitudes de détails légèrement dérangeants. Cela reste quand même un bon moment de lecture."
Canel : "A lire et relire pour savourer la plume."
A propos des livres : "Cette histoire se lit comme un conte, l'écriture est superbe, pleine de poésie et de beauté, je me suis laissée porter par la narration d'Esclarmonde"
Anne : "Cette part de ciel, dont l'enfer n'est jamais loin, nous est contée dans une langue précieuse et forte, limpide, avec un sens de la maîtrise et du récit, une richesse de documentation qui sait se faire discrète, un sens des personnages et une empathie qui touchent et souvent bouleversent"
Prix Renaudot des lycéens :
Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Ce qu'en disent :
Antoine et Violaine : "Encore une fois envoûtée par la plume de Delphine de Vigan, j’ai été bouleversée par ce livre."
Canel : "Je trouve la plume et les propos de Delphine de Vigan de plus en plus brillants, de plus en plus aboutis, "osés" (dans le sens le plus noble du terme) au fil de son oeuvre."
Hélène (Littérature et Chocolat) : "un livre poignant, dérangeant et courageux"
Clara : "Le terme de coup de cœur ne peut pas s’employer, ce serait un euphémisme. Un livre tout simplement magnifique. Sobre, sensible et tout en pudeur. J’ai vibré, j’ai été émue, j’ai pleuré..."
Hérisson : "ce livre est une belle perle de cette rentrée littéraire, qui donne envie de dire Je t’aime un peu plus…"
Jostein : "C'est un très beau roman, une performance d'auteur"
Leiloona : "Terriblement magnifique : à découvrir d'urgence"
Mango : "J’ai aimé que ce drame avant tout personnel et familial soit aussi étroitement relié à la vie sociale, politique et culturelle de son époque."
Mara : "Je ressort de cette lecture bouleversée, remuée, touchée,... C’est rien de moins qu’un coup de coeur"
Sophielit : "Le produit de tout cela est un roman massif mais pas effrayant ni inaccessible, sombre, effectivement, mais lumineux aussi, fascinant de justesse et de capacité d’observation, d’émotions maintenues à distance, à l’écriture mélancoliquement musicale."
Sophile57 : "De septembre 2011 restera cet été indien et le choc de cette lecture"
Pierre Darracq : "Disons-le tout net, j'ai vraiment apprécié "Rien ne s'oppose à la nuit" qui n'est sûrement pas un chef d'oeuvre de la littérature mais qui procure un plaisir de lecture immense."
SD49 : "Je dois bien avouer que pour moi cela reste plutôt du domaine de l'intime et c'est pour cette raison que cela me gêne. Cela fait un peu voyeur de ma part d'avoir lu ça. Et pourtant c'est le choix de l'auteur et je le respecte."
Valou : " Rien ne s'oppose à la nuit n'a pas fini de me revenir à l'esprit..."
Géraldine : "J'ai mis 4 étoiles tant ce livre est maîtrise et l'hommage rendu à la mère qui se bat magnifique. Mais il m'a sacrément remuée, voire parfois mise mal à l'aise."
Marianne : "Un très beau livre sur l’amour et le pardon d’une fille envers sa mère par-delà les douleurs et les non-dits"
Sharon : "Ce livre n’est pas un coup de cœur, il est un électrochoc."
Hélène (Cases à vent) : "Que ce livre est beau !
Je l'ai trouvé bouleversant par la pudeur et la tendresse qui déborde littéralement de toutes les pages."
Rose : "Un livre sombre, qui peut imprimer un moment de malaise dans cette plongée si profonde dans les méandres d’une famille qui n’est pas la notre, mais on ressent aussi et surtout un hommage, un cri d’amour de l'auteur pour sa mère."
Anne : "Un très, très, très beau livre (c'est pas original ce que je dis là), dont on ne sort pas écrasé (l'auteur a réussi à nous emmener jusque là, et a même parfois laissé la place au rire et à l'humour, même dans le tragique). Une belle surprise qui m'a cueillie au carrefour de l'intime et de l'écriture."
A propos des livres : "Un témoignage bouleversant, et un bel hommage de Delphine pour sa maman. C'était très courageux de la part de Delphine de mener à bien cet ouvrage et à sa famille d'accepter le portrait de Lucile par Delphine.
J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre qui ne laisse pas indifférent"
Plume : "Ce roman est un récit intimiste, poignant, écrit dans un style fluide et agréable."
Sophie : "je vous conseille la lecture de ce roman !"
Mirage : "J'ai été vraiment ému par cette multitude de sentiments qui nous saisie l'âme, le coeur et qui ne nous laisse que les larmes pour pleurer."
09:00 Publié dans Challenge, Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : prix littéraires
26.11.2011
Un chant de Noël de Charles Dickens
Il serait peu de dire qu'en matière de livres de Noël, ce conte de Dickens vient immédiatement à l'esprit, avant n'importe quel autre. C'est un peu l'étalon du conte de Noël.
Et pourtant, je ne l'avais jamais lu. Peu importe, comme dit Karine, ce qu'il y a de bien dans les lacunes, c'est qu'on a encore pleins de livres à découvrir. Oui, da!

Un chant de Noël de Charles Dickens
Voyons voir. Il était une fois un petit bonhomme exécrable et avare qui détestait Noël, j'ai nommé Ebenezer Scrooge. Il n'en avait rien à fiche de cette fête et de la générosité qu'elle appelle. Rien ne lui importait plus que d'avoir la paix et de compter ses pièces d'or.
Pourtant, quelques esprits chafouins, celui de son ancien associé puis ceux des Noël passés, présents et futurs vont venir chatouiller son repos et l'inciter à évoluer - en jouant tour à tour sur sa nostalgie, sa curiosité, son affection refoulée ou tout simplement en lui collant la frousse.
Et, n'est-ce-pas merveilleux? Tout cela va faire son chemin en Scrooge. A l'issue de ces voyages extraordinaires, il se réveillera le matin de Noël comme un nouvel homme. Tout est bien qui finit bien !
Bien sûr, on pourrait être pointilleux, chercher la petite bête quant au style et à ses rares lourdeurs et trouver que la morale est soupoudrée à grosses gouttes.
Mais enfin, on est quand même en train de parler de Dickens, écrivain des plus mineurs s'il en est, et son talent de conteur est tellement éclatant. Cette magie à travers laquelle voyage Scrooge, nous y voyageons aussi. Nous sommes ce personnage tout au long du récit et il est bon d'entendre Dickens nous rappeler deux trois petits bonheurs simples. Cela sans compter sa touche particulière à décrire le quotidien des petites gens, cette précision et cette affection profonde que l'on sent dans les descriptions des rues, des passants, des repas modestes. C'est très enrobé, pour sûr, mais c'est savoureux et parfois même avec une pointe d'humour.
Il ne m'a manqué qu'une chose lors de cette lecture, finalement : un sapin déjà décoré et un feu de cheminée pour y être tout à fait !
Et mine de rien, je complète/commence deux challenges avec cette heureuse lecture :
Challenge La magie de Noël
2/On verra
Challenge Gilmore Girls
1/3
Et puis, juste pour le plaisir, parce que ça me rappelle mon enfance, voici en deux parties l'adaptation du conte par Disney en moyen métrage, daté de 1983 (oui, je ne parle pas du récent film). J'adore!
09:00 Publié dans Challenge, Littérature anglophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dickens, chant, conte, noël
23.11.2011
Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer
[Ante-scriptum : Chères amies swappées, premier compte à rebours : il reste officiellement 10 jours pour la constitution des colis! Envois à partir du 4 décembre! Youhou! ]

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer, ed. de l'Olivier, 2006, 423p.
Pour reprendre l'expression fétiche d'Oskar, ce livre m'a filé des semelles de plomb. Le refermer surtout. Un peu comme Oskar court tout New York pour se donner l'illusion d'être toujours avec son père, on continue le livre pour oublier qu'il y a une fin.
Non mais, qui est ce Jonathan Safran Foer?! Qui lui a greffé ce talent ? Sérieux les mecs, tant mieux pour lui mais vous auriez pu en laisser un peu pour les autres quand même, c'est pas cool pour eux.
Le jeune Oskar, garçon naïf, insomniaque mais surtout étonnant, ne se remet pas du décès de son père dans les attentats du 11 septembre. Comment le pourrait-il ? Trop soudain et trop absurde pour l'entendement. Entre deux inventions farfelues et quelques lettres à des figures tutélaires, il découvre une clé dans le dressing de son père, contenue dans une enveloppe au mystérieux nom "Black" inscrit dessus. Il se lance alors dans une quête initiatique pour retrouver tous les Black du bottin - peut-être savent-ils quelque chose sur son père et sur cette clé?
On retrouve dans cet objet littéraire toutes les explorations initées par l'auteur dans son premier roman. Les jeux typographiques, l'utilisation graphique du blanc, l'insertion de photographies. Les enjeux narratifs avec l'alternance de points de vue dans un style elliptique, plein d'une légèreté drolatique et d'une émotion douloureuse. Et puis cette problématique de la mémoire et de l'oubli. J'aime ce que dit la 4eme de couverture de l'édition courante : "Quand tout a été oublié, il ne reste plus qu'à inventer". C'est exactement ça. Tout le cocasse du style et du propos met en lumière le gouffre gigantesque de l'absence. C'est sûrement ça qui colle à ce point des semelles de plomb. Parfois la vie n'a pas tellement de sens, on essaye juste de combler cette évidence.
Tout simplement stupéfiant, talentueux, profondément original et universel.
Jonathan Safran Foer, une chose est sûre : tu n'as pas volé ton statut de phénomène littéraire international.
*
Extrait :
"Il nous faudrait des poches bien plus grandes, je me suis dit ça dans mon lit en comptant les sept minutes qu'il faut en moyenne aux gens pour s'endormir. Il nous faut des poches énormes, des poches assez grandes pour notre famille, et nos amis, et même les gens qui ne sont pas sur notre liste, les gens qu'on a jamais vus mais qu'on veut quand même protéger. Il nous faudrait des poches pour les districts et pour les villes, une poche qui pourrait contenir l'univers.
Huit minutes trente-deux secondes...
Mais je savais qu'il ne pouvait pas y avoir de poches si énormes. Pour finir, tout le monde perd tout le monde. Il n'y avait pas d'invention pour dépasser ça, et alors, cette nuit-là, je me sis senti comme la tortue qui a tout le reste de l'univers sur son dos."
*
Bande-annonce de l'adaptation cinématographique réalisé par Stephen Daldry (The Hours, Billy Elliot), sortie en France le 29 février 2012
09:00 Publié dans Coups de coeur, Littérature anglophone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jonathan safran foer, 11 septembre, génie, semelles de plomb
20.11.2011
Chroniques birmanes de Guy Delisle

Chroniques birmanes de Guy Delisle, ed. Delcourt, Coll. Shampooing, 2007, 263p.
Deuxième lecture de Guy Delisle après mon enthousiasme pour Pyongyang.
On retrouve dans ces chroniques un propos sensiblement identique : le regard d'un "monsieur tout le monde" sur une dictature paranoïaque. Le choc de deux cultures, de deux univers radicalement opposés.
Cette fois-ci, pourtant, ce n'est pas pour son travail qu'il part mais pour celui de sa femme. Aussi, même s'il continue à croquer son quotidien, on a moins un regard sur des situations professionnelles que de longs moments de baby-sitting de son jeune fils.
En fin de compte, j'ai beaucoup moins accroché à ce volume. Les chroniques sont réparties en courtes séquences titrées contrairement à Pyongyang qui n'était que d'un bloc et je crois que je préfèrais le format long carnet de voyage plutôt que ces petites nouvelles dont certaines sont assez plates.
J'ai aussi été irritée parfois par une bien pensance latente. Rien de nouveau sous le soleil dans les réflexions, des prises de positions attendues, bien sous tout rapport et à d'autres moments une petite condescendance occidentale. La dénonciation m'a paru parfois trop facile et sans grande prise de risque.
J'ai tout de même pris beaucoup de plaisir à cette lecture hein, pas mal de situations restent tordantes, et je plongerai avec joie dans sa nouvelle publication dès que possible mais tout de même, je l'ai fini en diagonale avec une petite pointe de déception. On verra le prochain !


09:00 Publié dans BD / Romans graphique/ Mangas | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : birmanie, chroniques, birmanes, delisle
17.11.2011
Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie
[Edit : Rooooh ça alors! Le hasard (mais existe-t-il d'abord?) est merveilleux : Le Poirot diffusé aujourd'hui sur TMC est précisément l'adaptation du roman chroniqué ici par votre humble servante ! J'en suis toute émoustillée (non, il ne m'en faut pas peu, c'est juste tellement merveilleux, voyons!)
Verdict : c'est bien mieux que le bouquin]
Un de mes premiers réflexes lorsque je me suis inscrite au challenge "La Magie de Noël" de Mia : Regarder du côté des Agatha Christie, voir s'il n'y n'avait pas un Poirot de Noël quelque part. Je ne suis pourtant pas une inconditionnelle de l'auteur à part quelques bouquins lus il y a fort longtemps mais je suis par contre totalement fan du personnage lorsqu'il est incarné par David Suchet dans la série de la BBC (oui, je suis parfois une vraie grand-mère devant TMC, j'ai (même pas) honte). Et bien évidemment, dans son oeuvre prolifique, Agatha Christie a bien pondu un Poirot de Noël. Nickel ! Voyons voir ce que cela donne en version originale papier!

Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie, 1938, réédité des centaines de fois avec des centaines de couvertures différentes - j'ai choisi ici une des plus jolies (celle que j'ai réellement dans la main est assez moisie, il faut bien le dire)
Le vieux et détestable Simeon Lee décide de réunir toute sa famille pour Noël. Loin d'un ultime acte altruiste de vieillard pour retrouver la paix, il semble plutôt animé par l'envie sadique d'attiser les haines latentes entre ses fils. Et lorsqu'il est retrouvé assassiné le soir du 24 décembre, dans une pièce mystérieusement fermée de l'intérieur, on comprend que c'était jouer avec le feu.
Sont immédiatement sur l'enquête le surintendant Sugden, le colonel Johnson et Hercule Poirot - car Hercule Poirot est toujours là comme par magie où se trouve un meurtre! Tous l'oeil et les cellules grises à l'affût pour démêler ce huit clos où chaque membre de la famille est le suspect idéal.
Pour tout vous dire, je suis assez déçue par ce petit bouquin. J'avais gardé un souvenir émoustillant d'Agatha Christie, elle était pour moi la romancière qui tient en haleine et qui, à tous les coups, nous prend par surprise.
Ici, j'ai été saisie par une superficialité générale - du style tout d'abord- en même temps, après avoir lu James Ellroy, je ne suis sans doute pas objective, mais tout de même, c'est plat comme la Belgique-, des personnages ensuite - survolés et caricaturaux même si j'aime cette ambiance anglaise surannée -, de l'intrigue - Elle manque de détails, de consistance ; elle semble tirée par les cheveux. Pas mystérieuse pour autant puisque pour une fois, j'avais trouvé le meurtrier avant le dénouement. Juste inconsistante.
Et puis le personnage de Poirot est finalement peu présent et manque de charisme dans cette enquête là. Bien sûr, c'est son génie qui débrouille tout mais pendant le déroulement, il reste en retrait. Il ne parle de lui qu'une seule fois à la 3eme personne, vous imaginez ?!
Bref, j'en viens à me demander si ce n'est pas l'adaptation télé de la BBC qui donne du charme à une oeuvre dont l'intérêt principal est finalement son caractère prolifique?
Mais avant de me résoudre à affimer cette hypothèse, je vais aller fouiller dans d'autres Agatha Christie pour tenter d'y retrouver mes souvenirs d'enfance. Après tout, je suis peut-être tombée avec malchance sur un des rares pourris de la série.
Vous qui peut-être êtes inconditionnels de l'auteur, que me conseillez-vous pour continuer ?

Challenge "La Magie de Noël"
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Challenge Agatha Christie
1
09:04 Publié dans Challenge, Polar | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hercule poirot, noël, polar
15.11.2011
Tag du portrait chinois
C'est D. qui m'a refilé le bébé. Ca tombe bien, j'aime bien le principe alors zou, je m'y prête avec grand plaisir !
Voyons, voyons et si j'étais...
1/ Un peintre
Pour la personne elle-même, je serais Frida Kahlo pour sa force, son talent évocatoire, son univers riche, douloureux et original, pour son esprit libre (j'entends des petites voix dire que c'est étrange. Et oui, je suis pleine de surprises)

Autoportrait avec singe, 1938
Pour l'oeuvre, je rêve de peindre comme Christophe Hohler ou Anne-Marie Cutolo, deux peintres contemporains. Je suis TROP jalouse de leur talent.

Métamorphoses de Christophe Hohler, 2008
(Franchement, ça tue pas sa race?!)
2 / Un film
Gilda de Charles Vidor. Rita Hayworth, inoubliable !
3/ Un personnage de fiction
Un savant mélange entre Mrs Dalloway, Josephine March et Miss Marple ^^
4/ Un personnage historique
Alors là, c'est une bonne question... Même si c'est affreusement prétentieux, j'ai bien envie de dire Gandhi.
Sinon, pour le côté fun, j'aurai adoré être un pirate. A l'abordaaaaaaaaaage !
5 / Une ville
Florence
6 / Une gourmandise
DES gourmandises, des ! Une seule, c'est mesquin !
Des macarons à la pistache, des marrons glacés, des calissons, des After Eight, du chocolat lait/lavande... <3
7 / Une couleur
Le rouge - même si je m'en détache de plus en plus, cette couleur reste qd m viscéralement accrochée à mes pinceaux, je me demande bien pourquoi.
8 / Une chanson
Bleak d'Opeth. La quintessence du talent (bon, faut aimer quand ça gueule un peu, quoi)
9 / Une qualité
La diplomatie
10 / Un défaut
La procrastination. Et Dieu sait que j'y excelle tout particulièrement. Vous savez, genre ça :

Pénélope Bagieu
Sur ces quelques confessions, je refile le bébé à Schlabaya, Miss Rose, Malice, Herisson et à Hélène!
15:54 Publié dans Tag | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : portrait chinois
13.11.2011
Pyongyang de Guy Delisle

Pyongyang de Guy Delisle, ed. de l'Association, 2003, 176p.
La Corée du Nord est le pays le plus fermé au monde. Pourtant, elle accueille régulièrement des dessinateurs, les studio de films d'animations étant quasiment tous délocalisés en Asie (et oui, il n'y a pas que les usines, hmm) et c'est dans le cadre d'un de ces séjours professionnels que Guy Delisle passe deux mois dans ce microcosme tellement lisse qu'il en file la chair de poule.
Sous la crayon de Guy Delisle, on a pourtant souvent envie de sourire - de pertinence, de tendresse, de justesse. Il a l'oeil affûté pour croquer l'expérience de l'alterité en une série de courtes séquences rythmées. Le ton est enlevé et le gouffre des cultures créent quelques situations cocaces, à la limite de l'absurde, d'autres font plutôt froid dans le dos.
Ce n'est pas tant un reportage qu'un journal d'impressions et d'instantanés qui tend à mettre en lumière la différence à travers le quotidien d'une subjectivité.
Tout simplement savoureux !
Merci bcp à Elo de m'avoir offert ce roman graphique il y a un bail ! Comme quoi, il y a un temps pour chaque lecture et même si j'y ai mis du temps, ça valait le coup d'attendre !

09:00 Publié dans BD / Romans graphique/ Mangas, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : delisle, roman graphique, corée du nord, pyongyang
10.11.2011
L.A. Confidential de James Ellroy
Bon voilà, la lecture de ce bouquin s'est bien éternisée. Non qu'il soit mauvais, bien au contraire, mais c'était laborieux - le style et le propos d'Ellroy ne sont définitivement pas à lire dans n'importe quelle condition. Il faut avoir le temps, la tête dispo et le coeur bien accroché, sinon c'est un coup à avoir les neurones qui flambent et la flemme de continuer.

L.A. Confidential de James Ellroy, ed. Rivages, coll. Noir, 1990 - ed. en poche, 1991, 663p.
(Oui, mais la couverture de l'édition originale est vachement mieux)
Mais revenons-en au propos, justement. L.A. Confidential : 3eme volet du "Quatuor de Los Angeles" ; précédé du Dahlia Noir (roman excellent, adaptation ciné trop manichéenne pour l'être), du Grand Nulle Part et suivi de White Jazz. Cette série de polar plonge avec une violence glaciale dans l'Hollywood des années 40 à 60 (entre 50 et 58 pour le présent roman).
Trois flics - Ed Exley, jeune premier intelligent avec lunettes et dents qui rayent le parquet, Jack Vincenne dit "La Poubelle", obsédé par les drogues et collabo attitré d'un torchon à scandales et Bud White, la fureur incarnée avec un faible pour les poulettes en détresse - sont embarqués dans l'affaire d'un sextuple meurtre et dans une enquête de pornographie, le tout franchement sordide (j'ai rarement lu un truc aussi sombre - je peux vous dire qu'avec des bouquins comme ça, la foi en l'homme, elle est partie loin aha)
Au départ, j'ai commencé ce Quatuor parce que j'aime les ambiances de polar rétro qu'on imagine en noir et blanc et qu'on lit avec un petit morceau de jazz en fond sonore. En prêtant l'oreille, on peut même entendre la voix off d'un vieux film nous conter l'histoire - vous voyez ce que je veux dire?
En substance, je le continue parce qu'Ellroy a un style d'une noirceur implacable et d'une intelligence cinématographique à la limite du génial. Certes, pas facile à coup de phrases télégraphiques et de rythme hâché (d'après ce que j'ai lu, ce style expérimental est à son apogée dans White Jazz, ça promet!) mais on est plongé dans une ambiance hallucinatoire où on oscille entre l'effroi et la blague - tant les extrêmes s'attirent. Résolument décapant et sans concession mais franchement inventif, à lire de toute urgence si vous ne craigniez pas le glauquissime pour vos soirées hivernales.
Et sur ce, cher amis, je vais me refaire le film (datant de 1997) et aller baver devant Russel Crowe (gniak gniak gniak!)
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09:00 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ellroy, los angeles, l.a.confidential, polar, noir
07.11.2011
Les paysages en lumière : Philippe Jaccottet
Puisque mon roman en cours s'éternise, aujourd'hui, ce sera poésie.

"La blason de l'hiver est de sable, d'argent et de sinople ; d'hermine le jour, s'il neige, et la nuit de contre-hermine."
J'ai entendu des avis très contrastés sur Philippe Jaccottet. Pour les uns, c'est un poète de l'éclatante simplicité à la langue brillante et familière, pour d'autres un poète à la naïveté un peu niaise qui s'extasie devant des cailloux.
Moi, je me rallie sans honte à la première catégorie - et oui, j'ai un faible pour les illuminés du caillou - et considère que Jaccottet n'a rien à envier aux orientaux. Après tout, la contemplation poétique de la nature n'est pas réservée au haïku et à la picole taoïste.
Né à Moudon (Suisse) en 1925, il s'installe avec sa femme dans la Drôme en 1953 après un bref passage parisien. Poète depuis ses années adolescentes - déjà publié dans des périodiques dès 1943 - et traducteur d'auteurs allemands tels que Musil, Rilke ou Hölderlin, c'est dans le village de Grignan que va se développer son émerveillement de la nature et son goût de la dire.
Il s'agit d'un regard, d'une flamme, d'une humilité. Le poète transmet mais ne possède pas.
Je goûte dans ses écrits à une poétique du mouvement vital : l'alternance de la respiration, la musicalité des feuilles et du vent, la lumière atténuée des fins de jours. Tout ce lyrisme cependant n'est pas en dehors de la réalité et, bien souvent, il est également question de vieillesse, de la mort, de la finitude de l'être. Tout cela, au fond, est lié.
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Petites mises en bouches
Soir
"De nouveau ce moment où l'heure est parfaitement immobile, où le ciel semble plus haut, quand la lumière est une huile qui dore la terre bientôt plus sombre. Ses verdures en cette saison s'effacent par endroits, laissant la place aux rectangles des blés et des lavandes. Je retrouve ce jaune dont je n'ai pu saisir le sens, sinon qu'il est lié à la chaleur, au soleil. Ces champs me font penser aux corbeilles d'osier où l'on couche avec précaution les fleurs, à ces cageots où sont serrés les poissons, à des bassins grouillant d'un frai doré. Mais ce sont des champs couchés sous le fe qui les travaille et les soulève, cuisant lentement dans le four céleste ; tandis que tout à côté, comme voisinent au marché des corbeilles d'espèces variées, les lavandes se fondent en eau crépusculaire, en sommeil, en nuit. Soleil, sommeil. Ce qui flambe, rayonne, et ce qui recueille. Tâches utiles du jour, parfums envolés de la nuit. Ainsi chaque parcelle de l'étendue (au pied d'un bourg de cristal rose presque emporté, dirait-on, par l'ascension de l'air) flatte en nous d'autres souvenirs, d'autres rêveries, mais toutes s'accordent, elles aussi suspendues à la profondeur, de plus en pls limpide, du soir d'été : l'une loue la chaleur qu'elle semble avoir serré dans ses tiroirs comme autant de pièces d'or, l'autre rappelle à voix basse l'obscurité qu'elle retient dans ses fontaines. [...]"
Dans Paysages aux figures absentes
"Oui, oui, c'est vrai, j'ai vu la mort au travail
et, sans aller chercher la mort, le temps aussi,
tout près de moi, sur moi, j'en donne acte à mes deux yeux,
adjugé! Sur la douleur, on en aurait trop long à dire.
Mais quelque chose n'est pas entamé par ce couteau
ou se referme après son coup comme l'eau derrière la bargue."Dans A la lumière d'hiver
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(Et je viens de trouver sur le net une citation en pied de nez aux docteurs commentateurs de son oeuvre qui m'a bien fait rire et qui explique parfaitement bien (si cela était besoin) pourquoi mes études de Lettres se sont arrêtées au master (non parce que c'est vrai que, des fois, on se branle vraiment pour rien dans ces hautes sphères) :
"En souriant, il explique que certains commentateurs mettent dans ses poèmes ce qu’ils veulent y voir. Comme cette femme, qui expliquait dans sa thèse que le titre Blason en vert et blanc renvoyait à l’allemand «blasen», souffler. «Je lui ai dit: “Ma pauvre, si j’écris blason, je pense blason…”»"
aha)
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09:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, jaccottet, lumière, nature, émerveillement
04.11.2011
Swap de l'hiver : C'est parti mon kiki !
Ca y est, les jeux sont faits du côté des inscriptions !

Pour ce premier swap saisonnier, nous sommes 8 participantes - que des filles, 5 bloggeuses, 3 lectrices électrons libres - ce qui n'est pas si mal. Et côté organisation, c'est carrément parfait pour un début.
Chacune d'entre vous a reçu le nom et questionnaire de son binôme. Les associations me sont venues assez naturellement en fin de compte, soit aux vues des goûts divers en commun, soit parce que le ton des questionnaires m'a laissé penser que les personnalités s'harmoniseraient bien. J'espère que vous aurez le même sentiment en découvrant votre swappée.
Voici les 4 binômes de choc :
Marine - Alice
Clara - Audrey
Julie - Fanny
Charline - Moi
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Petit pense-bête pour les colis :
Ils doivent comporter au minimum:
- 2 oeuvres littéraires
- 1 gourmandise
- 1 surprise
Vous pouvez ensuite grossir cette base de tout ce qu'il vous plaira dans la mesure de vos moyens si le coeur vous en dit. Un livre supplémentaire parce que plusieurs vous sont venus en tête? Un marque-page? Une gourmandise en prime parce que c'est la saison parfaite pour se régaler de tous un tas de trucs? Lâchez-vous, c'est permis !
Les livres d'occasion sont les bienvenus s'ils sont en très bon état.
Et n'hésitez pas à vous faire plaisir sur le fait main si c'est votre truc.
Tous les objets du colis doivent tourner autour du thème de l'hiver.
Cela dit, cette contrainte thématique est à prendre au sens large. Pas besoin de vous retourner le ciboulot pour chercher un bouquin avec le mot hiver impérativement dans le titre (Petit clin d'oeil à destination d'une certaine coquine que ça stressait d'avance ^^)
Vous pouvez piocher dans tous les autres mots qui vous font penser à cette saison (glace, neige, pôle nord, froid, que sais-je encore), vous pouvez prendre un livre avec une photo de couv' qui évoque de même l'hiver et autres territoires enneigés, dans tout ce qui attrait aux fêtes de fin d'année, dans les bouquins qui parlent de l'hiver ou qui se passent en cette saison même si le titre ne le mentionne pas, dans les bouquins des écrivains scandinaves etc.
Bref, c'est ouvert ! Et il est évidemment autorisé de piocher dans la littérature jeunesse, si tant est que votre binôme ait mentionné aimer cette littérature.
De plus, pour celles qui ont la chance d'avoir une bloggeuse comme binôme, vous pouvez aller fureter sur son blog - la plupart ont un onglet PAL (pile à lire) ou LAL (liste à lire) qui vous fournira sans doute matière à idées (oui, je précise pour les non-bloggeuses qui ne sont pas forcément familiaires du concept)
Pour la gourmandise et la surprise, les questionnaires sont a priori plutôt fournis pour vous inspirer.
Dans tous les cas, quel que soit le domaine, n'hésitez pas à me contacter si jamais vous manquez d'idées. En en parlant, des inspirations lumineuses pourraient pointer le bout de leur nez. Interdiction formelle de contacter votre swappée par contre, il faut garder la surprise du colis totale et intacte !
Enfin, comme cela fait partie de la joie d'ouvrir un paquet, personnalisez votre colis avec des jolis papiers cadeaux, avec une petite carte, tout ça, tout ça.
Je crois que tout est dit ! Si vous avez des questions supplémentaires, vous savez où me joindre !
Sur ces précisions, le temps des colis est officiellement ouvert et vous avez jusqu'au 4 décembre! Enjoy !
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09:00 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : swap, hiver, colis, surprise










