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19/03/2012

Semaine de la presse #1 : Books à l'honneur !

Décidément, mes consoeurs bloggeuses sont toujours pleines de riches idées (et moi, il faut avouer que je suis bon public) ! Après l'initiative de Sophie lors de la journée des droits des femmes, voici qu'Hérisson nous propose à l'occasion de la semaine de la presse à l'école de mettre également la presse à l'honneur sur les blogs en chroniquant notre (ou nos) magazine(s) favori(s).

Ca tombe bien, un magazine me tient particulièrement à coeur - encore trop peu lu et ce n'est pas justice!

Mesdames, Messieurs, big up pour Books !

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C'est quoi ? C'est l'actualité par les livres du monde. Et là, vous allez me dire, mais encore ? C'est très simple, Books saisit un livre au vol, dégage son propos et s'en sert de tremplin pour traiter un sujet d'actualité, quel que soit le domaine. Ainsi donc, vous trouverez aussi bien des articles littéraires que scientifiques, historiques, sociologiques, j'en passe et des meilleurs. Books n'est pas un magazine littéraire : vous n'y trouverez pas de critiques des dernières sorties, c'est par contre un merveilleux outils pour sortir un peu le nez de ses bouquins et se tenir au courant des restes du monde.

C'est comment ? Toujours pertinent et très bien écrit, c'est aussi souvent original et audacieux. Vous trouverez fréquemment des points de vue peu conformistes et sans bien-pensance dans ces pages (ce mois-ci, il y a notamment un article de géopolitique qui questionne les aides militaires dites humanitaires apportées aux pays en guerre actuellement. On est d'accord ou pas avec la personnalité interviewée mais ça a le mérite de soulever quelques questions inédites)

C'est quand ? Books est mensuel. Un tout beau, tout neuf tous les mois, c'est pas beau ça ?

C'est où ? Chez tous les bons marchands de journaux certes mais c'est surtout sur www.books.fr pour s'abonner ou pour acheter un ancien numéro.

C'est combien ? Le numéro à l'unité coûte 6,90€, l'abonnement d'un an, 49€ et l'abonnement de 6 mois, 25€. Avec chacun des deux abonnements, vous recevrez en outre un texte lu. C'est sûr, c'est pas la revue la moins chère du marché mais bon, on peut pas avoir la qualité, le prix au rabais et le crémier dans sa baignoire en prime. Comme dirait l'autre, il faut ce qu'il faut ! Et puis ça va, on a connu pire quand même.

Good News : A partir du printemps, Books inaugure en plus du magazine une maison d'édition qui publiera des livres divers et variés du monde entier, croisés au fil des articles, plébiscités par la rédaction et non encore traduit en France. Là, j'ai envie de dire "fête du sliiiiiip" !


Sur ce, je vous laisse aller feuilleter un Books pour vous faire un avis !


 

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08/03/2012

La défense des droits de la femme vu par Virginia Woolf

8-mars-2011-journée-internationale-des-droits-des-femmes.pngComme chaque 8 mars, chers lecteurs et amis, nous marquons aujourd'hui d'une pierre une énième Journée internationale des droits des femmes (oui, "les droits des femmes" et non pas juste "la femme", on est pas en train de commémorer jalousement le fait qu'on a des nichons et qu'on aime se faire offrir des fleurs - pour ça, y a la Saint Valentin si besoin). A cette occasion, notre consoeur bloggeuse Sophie nous propose d'en profiter pour mettre à l'honneur un auteur féminin et son oeuvre et je ne peux que me rallier à cette excellente idée ! Merci Sophie !

 

 
Mon choix se porte évidemment sur l'extraordinaire Virginia Woolf (Vous remarquerez comme je fais preuve d'une désopilante originalité puisque je ne lui porte AUCUNE admiration hein), non seulement écrivain géniale mais aussi fervente defenseuse des droits des femmes dans une société anglaise encore bien rigide.

 

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Virginia Woolf vient au monde en 1882 dans une famille typiquement victorienne et (mais je pourrais aussi mettre "donc") typiquement patriarcale. Son père Leslie Stephen était de ces intellectuels érudits à plusieurs casquettes et sa mère Julia, une parfaite mère de famille occupée, en outre, à aider quelques familles dans le besoin. Cette dernière était une fervente opposante au mouvement des suffragettes ; la place des femmes, d'après elle, n'était pas dans la rue à se pavaner. Concernant la fratrie liée par une belle entente, les deux frères Toby et Adrian iront à l'université tandis qu'elle-même et sa soeur Vanessa seront privées de cette opportunité, se forgeant leur propre éducation à domicile au gré de leurs envies et de leurs accointances - l'art pour Vanessa et la littérature pour Virginia.
Je vous le disais donc, une famille typiquement victorienne.

Cela étant dit, ne soyons pas mesquins : Virginia Woolf connaitra une jeunesse plutôt privilégiée du point de vue de la culture et des moyens financiers. La fratrie devenue orpheline rassemblera un petit groupe de passionnés d'arts et lettres à leur nouveau domicile de Bloomsbury et cela marquera l'épanouissement de la personnalité et de l'écriture de Virginia Woolf.

 

femmes,droits,lutte,défense,chambre,soi,virginia woolfDès lors, Virginia Woolf n'aura de cesse d'écrire en faveur d'une véritable autonomie et d'une culture féminine. Elle n'était pas féministe au sens contemporain du terme ; il n'était pas question de réclamer une égalité stricto sensu entre hommes et femmes. Elle souhaitait par contre que les femmes puissent accéder à une liberté d'être, à la possibilité de choisir une vie qui leur serait propre, en adéquation avec leurs dispositions et leurs talents particuliers. C'est ce qu'elle a défendu dans un certains nombres de conférences, de cours et d'essais. Dans l'Angleterre engoncée du début du XXe siècle, la femme était cantonnée aux travaux domestiques, pourtant affirme-t-elle, elle ne nourrit pas plus d'intérêt pour cet emploi que l'homme. Sans aucun espace privé à l'intérieur de son domicile tandis que le mari avait son bureau, l'entier de la maison était le territoire de la femme sans l'être du tout. Virginia Woolf milite donc en faveur d'une chambre à soi, d'un espace privé pour la femme, où elle aurait le temps et le loisir de laisser libre cours à ses aspirations, tout aussi diverses et avec autant de compétences que son acolyte à couilles (puisque le cas des femmes célibataires n'était pas vraiment répandu à l'époque)

Loin d'agiter un féminisme de carnaval (comme je déplore de le voir de plus en plus aujourd'hui), Virginia Woolf fustige l'oppression des institutions patriarcales (qu'elle comparera à l'oppression nazie dans Trois Guinées) et a fait une vertu de la liberté de penser, quel que soit son sexe (parce qu'elle était pas misandre non plus hein).

 

Pour aller plus loin sur le sujet dans son oeuvre :

Une chambre à soi (1929), ed. 10/18, 6€ ou ed. Rivages payot, 7€ (avec la traduction du titre Une pièce bien à soi)
Trois guinées
(1938), ed. 10/18 (actuellement plus édité visiblement, c'est honteux) MAIS future nouvelle édition aux editions BlackJack dans une nouvelle tradition à partir du 20 mars 2012.

La force du féminin : sur trois essais de Woolf de Frédéric Regard, ed. La Fabrique, 2002


"Les difficultés matérielles auxquelles les femmes se heurtaient étaient terribles ; mais bien pires étaient pour elles les difficultés immatérielles. L'indifférence du monde que Keats et Flaubert et d'autres hommes de génie ont trouvée dure à supporter était, lorsqu'il s'agissait de femmes, non pas de l'indifférence, mais de l'hostilité. Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes : écrivez si vous le voulez, je m'en moque...Le monde leur disait avec un éclat de rire : Ecrire ? Pourquoi écririez-vous ?"
dans Une chambre à soi

 

 

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femmes,droits,lutte,défense,chambre,soi,virginia woolfTous les autres billets littérairement féminins sont listés ici chez Sophie 

Bonne lecture !

16/02/2012

Du suicide de Léon Tolstoï

[Les inscriptions pour le swap du printemps, c'est par ici. N'hésitez pas!]


Voilà, je vous avais prévenu : On est dans du macabre de haut vol avec le livre que j'ai demandé à Babelio pour les Masses Critiques. Avec un titre pareil, j'ai du être la seule à le demander d'ailleurs... Je sais, je sais, j'ai des goûts littéraires douteux. Bref. Heureusement que la célébrité de l'auteur me sauve un peu la mise, je peux toujours arguer que c'est pour parfaire ma culture le concernant que je me suis lancée là-dedans. Lalala...

 

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Du suicide de Léon Tolstoï, ed. de l'Herne, 2012, 65p.

 

Rédigé peu de temps avant sa mort en 1910, cet essai inachevé sera le dernier écrit de Tolstoï. Le point de départ en est le courrier qu'il reçoit abondamment - des confidences de lecteurs qui envisagent de se suicider - à partir duquel il organise une analyse pour tenter de comprendre l'extrêmité d'un tel acte. Et très rapidement, Tolstoï relie l'être à la société dans laquelle il évolue. Il ne saurait être question de restreindre le penchant suicidaire à un problème purement personnel, surtout lorsqu'il y en a des recrudescences alarmantes en un même temps et au sein d'une même société. L'environnement dans lequel évolue l'être l'influence, le conditionne, le formate, le met à mal. Et Tolstoï de donner alors libre court à son profond désaccord avec la politique de son pays, et avec l'Eglise, instrument de contrition et d'asservissement. Tolstoï prône, à travers ce réquisitoire acerbe, une spiritualité incarnée, vivante et intelligente et une société non-violente - un discours, me semble-t-il, résolument en avance sur son époque.

En bref, un petit essai tout à fait intéressant et original - loin d'être ce que à quoi je m'attendais. Peu d'évocation de la mort et du suicide à proprement parlé dans ces pages, bien plutôt une prise de distance, un portrait global d'une situation qui ne se restreint pas à la Russie du début de siècle.

 

 

 

suicide,folie,société,tolstoïUn grand merci aux éditions de l'Herne et à Babelio pour cet ouvrage reçu pour la première Masse Critique de l'année !