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15/09/2018

Les beaux quartiers de Louis Aragon

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Il y a quelque chose d'insatiable dans la nature de l'artiste : il cherche, il cherche, et quoi donc ? Lui-même sans doute, un fantôme, une fleur. 

Comme promis au mois de mai et sur une idée folle de Nathalie, Aragon est de retour aujourd'hui ! 

Pour ma part, j'ai continué comme prévu le cycle du Monde Réel avec Les beaux quartiers.
Avant d'attaquer dans le vif du sujet, je me dois toutefois de formuler une petite mise en garde pour ceux qui, comme moi, envisageraient de commander aveuglément ce titre chez Folio. Ces derniers ont eu l'idée lumineuse d'éditer ce roman dans une police d'écriture et avec un interligne microscopiques. Considérant que le texte, avec un tel format, couvre plus de six cents pages, c'est juste une épreuve ophtalmique insupportable de lire ce bouquin. Après une journée de boulot, qui déchiffre avec aisance une police taille 6 interligne 0,5, sans déconner ? A part un aigle, je ne vois pas. (Désolée, il fallait que ça sorte après des semaines à saigner des yeux.)

Direction à présent Sérianne, ville imaginaire du sud de la France - parce qu’avant que poussent les belles plantes des beaux quartiers, il faut leur préparer un terreau fertile. Dans cette cité-là, tout ce qu’il y a de plus méridionale, on joue aux boules, on parle fort, on cancane, et on s’occupe de politique. Un vrai microcosme de l’humanité. J’allais ajouter détestable, mais ce serait sans doute un brin redondant (lalalaaaa). 

En tête de fil de cette lie qu’Aragon, comme à son habitude, croque avec une verve et une ironie décapantes, se tiennent quelques personnages pas piqués des hannetons. Pour le plaisir de vous en citer quelques-uns : Eugène Mestrance vend chapeaux, couronnes mortuaires (parce qu’on ne vit pas de l’un sans l’autre) et viole régulièrement sa bonne, considérant que le maître, à cette époque, a tous les droits. La pratique, bien sûr, ne choque personne. C’est bien plutôt l’émancipation amoureuse de la bonne, Angélique, qui soulèvera un tollé parce qu’elle ose tromper indûment le maître. Un vrai voyage en absurdie*. Evidemment, le délire ne s’arrête pas là ! Ce qu’il y a de bien quand on croit avoir touché le fond, c’est qu’on peut encore creuser, mais je vous laisserai le soin de le découvrir par vous-mêmes. Le docteur Lamberdesc, quant à lui, préfère taquiner la chair de ses patientes dans la discrétion d’une consultation. Plus elles sont démunies, mieux c’est, évidemment. Lorsqu’il n’a rien à se mettre sous la dent, Mme Respellière, la femme du percepteur, fait amplement l’affaire : toute pénurie a sa solution ! Enfin, M. de Loménie, nobliau local un poil fin de race, n’hésite pas à se déculotter franchement dès qu’on lui court un peu trop sur le haricot, comme une façon de dire merde silencieusement. En tout état de cause, vous l’aurez compris, à Sérianne, on est dans de beaux draps – à défaut d’être encore dans les beaux quartiers.

Comme on s'étonnait qu'il fût parvenu à la mettre enceinte, il disait que c'est tout simple quand on n'est pas feignant, il n'y qu'à bien viser. Il n'avait pas son pareil pour abattre les cailles avec des pierres. (Allez, bisous licorne à paillettes)

Parmi tous ces poissons à la fesse chatouilleuse nagent également quelques spécimens aux dents longues, très contents d’eux-mêmes et très avides de conserver leur position. M. Barret, le propriétaire d’une chocolaterie est l’archétype du patron pour qui le profit passe avant les ouvriers – qui oserait penser autrement, d’ailleurs ? et le docteur Barbentane, l’archétype du petit homme politique de province, pour qui toute manœuvre est bonne dès lors qu’elle sert ses intérêts. Tout ce beau monde se reçoit et se fait des sourires, non sans se casser du sucre sur le dos à l’occasion. Détestable, disais-je, mais aussi terriblement truculent et haut en couleurs. 

Il y a ainsi chez l'homme quelque chose de plus profondément à lui que son visage, de petites habitudes, des manies. C'est de l'horreur de ces manies qu'est faite une vie conjugale, c'est de l'attendrissement de ces manies que sont faites les amours durables. 

Mais revenons-en donc à Barbentane car c’est sa progéniture qui va porter le reste du roman. Il est aussi athée, froid et arriviste que sa femme est bigote, réservée et hystérique. De cette alliance complètement foireuse sont nés deux fils, Edmond et Armand. Le premier a toujours entretenu une certaine proximité avec le père, dans l’allure, le caractère et les ambitions. Lui aussi sera médecin. Armand, au contraire, est le fils de sa mère. Il nourrit un idéalisme et une exaltation qui le porte, de prime abord, vers la religion. Il est acquis dans la famille qu’Armand sera prêtre. Ainsi, les deux parents voient leurs rêves d’avenir comblés par chacun de leurs fils...

Et puis tout part en cacahuètes. Bien avant le départ de Sérianne, Armand se détache de cette foi qui l’a si longtemps animé. La poésie prend le relais, puis le théâtre, et enfin les femmes. D’enfant de cœur, Armand devient séducteur impénitent, tout à fait décomplexé, qui se saisit autant de Mlle Loménie que de la cantinière de son lycée. Tout est jeu, pour lui, jusqu’à ce pseudo engagement politique qui n’est longtemps qu’une posture d’opposition à toute son éducation. Fatalement, un tel virage ne pouvait le conduire qu’à une brouille salée avec ses parents et à une fuite en avant vers l’Eldorado de l’époque : Paris.

Edmond y étudie la médecine. Comme bien des provinciaux montés à la capitale, tout ce qui lui rappelle ses origines lui fait honte, son père en tête de file. Il n’est pas question pour lui de revenir à Sérianne après ses études pour devenir à son tour un petit médecin sans importance. Edmond vise les hôpitaux. A l’image de son cadet, qu’il accueille fort mal lors de sa fuite parisienne, les femmes, ou plutôt une femme vient tout fiche en l’air. Que les italiennes sont belles, envoûtantes ! Que Carlotta soit une courtisane déjà entretenue par Joseph Quesnel, l’homme d’affaire par excellence dont Barret n’était que l'échantillon, est un détail. A la guerre (qui ne va pas tarder à se déclarer), comme à la guerre : on prend ce qu’on peut pour se satisfaire.

De cette vie parisienne, l’un et l’autre frère font un apprentissage tout différent. Armand expérimente l’extrême pauvreté, le dénuement le plus total et se dépouille de tous les oripeaux superficiels dont il s’était auparavant habillé. Edmond, au contraire, abandonne peu à peu son rêve professionnel pour se dissoudre dans des ambitions vénales et des loisirs de plus en plus scabreux. L’un chemine vers la solidarité, et ce n’était pas gagné d’avance, l’autre s’enfonce dans l’égoïsme le plus assumé.

Le dénominateur commun à ces destins fraternels est encore et toujours – Aragon poursuit la voie initiée dans Les cloches de Bâle – l’émergence de deux courant politiques distincts, symboles de ce vingtième siècle naissant : le socialisme et le capitalisme. A cet égard, l’auteur ne ménage pas son lecteur en montrant les grands industriels tels qu’en eux-mêmes : d’un mépris puant et totalement décomplexé pour la nature humaine. L’argent justifie tous les moyens et doit se placer, de ce fait, au-dessus des lois.  Lorsqu’on en arrive là, c’est-à-dire à partir du deuxième tiers du roman grosso modo, on se dit que le microcosme de Sérianne était finalement bon enfant. C’est certain, on ne frayait pas avec l’élite de la nation mais enfin, le périmètre d’agissement de ces petits maquereaux était finalement restreint. A Paris, place aux requins blancs. Et la cour des grands fait tout de suite beaucoup moins rire.

"Elle [la tourbe syndicaliste (sic)] trouve dans la société contemporaine des moyens plus subtils, et parfaitement légaux, de vous atteindre. Elle fait même voter des lois qui, sous couvert d'humanité, tendent à votre ruine, et par suite, à la ruine des travailleurs vivant de votre fortune que ces lois prétendent défendre contre vous. [...] [N]ous devons abandonner le préjugé de la légalité considérée comme le conditionnement même des affaires. Oh, je sais ce qu'une idée semblable a de risqué et ce qu'elle trouvera comme objections, de scrupules de votre part ! L'heure est venue où l'industrie, pour vivre, doit être placée au-dessus de la loi." (voilà, voilà...)

A lire ce roman, on sent qu’Aragon a aguerri sa construction narrative par rapport aux Cloches de Bâle. On se demande bien moins où il veut en venir ; la trajectoire est parfaitement limpide dès le départ. Les beaux quartiers inscrit une filiation, développe une cohérence des évolutions humaines, qu’elles soient ou non reluisantes, et porte ainsi en son sein notre société contemporaine. C’est toujours aussi terrifiant de découvrir dans la bouche de Wisner ou de Quesnel les valeurs de nos politiciens capitalistes actuels. Comme d’habitude, et c’est finalement la conclusion un peu pessimiste de cette lecture, on s’aperçoit que nous avions (et avons toujours) toutes les données en main pour prendre un chemin pas trop dégueulasse mais qu’on s’ingénie à emprunter le plus foireux par confort personnel, flemme ou ambition. 

Ne vous méprenez pas cependant : il ne s'agit pas d'un laborieux exercice didactique sur six-cents pages. Aragon est avant tout ce poète de la surprise et du mélanges des tons. Sa langue me rappelle un peu celle de Zola, à ceci près que le graveleux, le poisseux du premier s'envolent au profit d'une légèreté et d'un piquant savoureux chez le second. Il y a une indéniable autodérision chez Aragon qui rend son propos heureusement miroitant et profond. Et puis l'auteur n'a pas vraiment millimétré la construction de son texte en amont. Ici, il y a une direction bien plus claire et précise que dans Les cloches de Bâle, c'est vrai, mais elle ne se veut pas corset rigoureux non plus. A l'occasion, Aragon a même planté des graines qui n'ont pas germé. Il aborde dans sa préface, par exemple, le cas du personnage de Maria, développé dans la première partie, qu'il destinait à Armand par la suite. Et puis, ce personnage n'est finalement pas réapparu, remplacé dans la fougue de l'écriture, par une autre italienne qui s'est retrouvée dans les bras d'Edmond. Qu'à cela ne tienne, l'écho est présent malgré tout et que les graines ne soient pas devenues plantes n'empêchent pas le réseau d'être savamment tissé et la trame mélodique de résonner comme il se doit.

C'est ce que j'aime, chez Aragon : ce génie qui ne se prend pas au sérieux et qui oublie de se regarder écrire (certains auteurs contemporains pourtant bien moins géniaux devraient peut-être en prendre de la graine, d'ailleurs). Il y a, chez lui, une inventivité, une fantaisie et une authenticité qui me rappellent la liberté de l'enfance. Qu'il arrive à la restituer dans un format tel que le roman, au sein d'un cycle de plus, et qui se donne comme projet de rendre compte du monde réel qui plus est, c'est sacrément impressionnant ! 

Au seuil de quitter ce billet, comme toujours beaucoup trop long quand je parle de classiques qui déboîtent, je réalise que j'ai totalement oublié d'évoquer la question de temps, pourtant cruciale. Après la longue et piquante mise en branle de Sérianne, comme promis Aragon embraye pile à la suite des Cloches de Bâle, soit à l'été 1912, à la fin de la première partie. Les deux suivantes nous amènent un an plus tard après les nombreuses péripéties initiatiques des deux protagonistes. Nous sommes donc, à la fin des Beaux quartiers, en juillet 1913. Armand prend conscience du sort des ouvriers et décide de s'engager vraiment. Edmond se voit proposer une carrière inattendue qui devrait satisfaire ses ambitions parisiennes de luxe (de calme) et de volupté. Je sais que je le retrouverais dans Aurélien lorsque le temps sera venu pour moi de le relire. En attendant, Les voyageurs de l'impériale m'attend déjà sur mes étagères - cette fois, dans une édition plus ancienne avec une taille de police et un interligne humains (on ne me la fera pas deux fois).

Je n'ai donc qu'une chose à dire : Nathalie, c'est quand tu veux ! 

*Spéciale dédicace à Stéphane de Groodt

 

Vous sembliez nombreuses motivées pour cette lecture commune en mai. Manifestez-vous donc, pour que je répertorie ici vos billets ! (Et ça marche aussi si vous êtes à la bourre de quelques jours hein)

Nathalie a lu Les cloches de Bâle après Blanche ou l'oubli ;

Ellettres a lu Aurélien  ;

Rosa a lu Aurélien  ;

...

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Commentaires

J'ai des romans d'Aragon dans ma PAL mais je me suis lancée dans la comédie humaine, ce sera pour plus tard. J'avais beaucoup aimé Aurélien

Écrit par : maggie | 15/09/2018

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On ne peut pas tout lire en même temps ! Beau projet que La comédie humaine !

Écrit par : Lili | 19/09/2018

Mais ça a l'air vachement bien ! Tout un tableau d'une époque et cette ironie. Je suis d'accord avec toi ! C'est sans doute à cause du PC que l'on a une image si sérieuse et pincée d'Aragon alors que ces romans montrent une capacité critique, un sens de la formule, une capacité à saisir son époque et surtout à percevoir les humains. Les beaux quartiers et l'impériale sont déjà sur mes étagères, donc on peut continuer la trajectoire sans problème.

Écrit par : nathalie | 15/09/2018

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Pour ma part, j'ai plutôt l'image d'un Aragon surréaliste, donc son inventivité et sa liberté de ton ne m'étonnent pas vraiment. C'est ce que j'aime chez lui. C'est plutôt son regard politique que j'apprends à connaître grâce à son oeuvre romanesque.
Que dirais-tu de mars 2019 pour la prochaine lecture commune ?

Écrit par : Lili | 19/09/2018

C'est parfait ces longs billets sur les classiques. Je reconnais que tu me motiverais à être un peu plus partante pour ce type de chroniques. Je crois que nous en avions parlé ^-^ ( de toute façon, je ne pourrai pas faire aussi long que toi, et pourtant dans le billet long, je me pose parfois :-D ) Alors, j'ai déjà lu Aragon, mais sur des textes courts, des textes engagés. A toi de me motiver maintenant pour que je lise enfin Aurélien...

Écrit par : Marilyne | 15/09/2018

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Je suis allée voir le commentaire que tu as laissé chez Ellettres : je sais donc que je n'ai plus à te convaincre de lire Aurélien ! Juste pour le plaisir, je rajouterais quand même que c'est, à mes yeux, un des plus beaux romans d'amour.

Écrit par : Lili | 19/09/2018

Ton billet est passionnant ! Je l'ai dévoré avec gourmandise. Cela me donne que plus envie de commencer le cycle du monde réel depuis le début. Comme beaucoup, j'ai voulu commencer par Aurélien, le plus connu (l'avantage c'est que je l'avais déjà). Mais là, je repars avec vous pour un tour avec Aragon et le prochain sur ma liste sera Les cloches de Bâle. J'adore ton analyse détaillée du style d'Aragon. Je n'avais pas pensé à l'esprit d'enfance, mais c'est vrai ! Il y a même chez lui une forme d'innocence qui côtoie le cynisme... Ici clairement, l'histoire que tu racontes m'a fait penser à du Zola. On sent qu'il s'est focalisé sur les bas appétits humains. Contrairement à Aurélien où l'amour surplombe tout.
Merci pour cette belle découverte d'un grand auteur "classique moderne" que je n'aurais jamais songé découvrir en prose.
Bises copinette :-*

Écrit par : Ellettres | 15/09/2018

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Je suis ravie de t'avoir donné envie de t'y mettre ! Je viens de proposer mars 2019 à Nathalie pour la prochaine lecture. Penses-tu que ce serait faisable pour toi ?

Écrit par : Lili | 19/09/2018

Passionnant article !! Ça me donne ultra envie de lire au plus vite cette perle, malgré cette atmosphère légèrement toxique qui semble apparaître au travers des différents personnages décrits...

Écrit par : Rosa | 15/09/2018

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Peut-être seras-tu des nôtres au prochain rendez-vous alors ? ;)

Écrit par : Lili | 19/09/2018

Si j'ai bien compris (beaucoup d'Aragon ce matin!) il y a un ordre de lecture, les romans se suivent?

Écrit par : keisha | 16/09/2018

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Tout à fait Keisha, l'ordre du cycle du monde réel est le suivant : Les cloches de Bâle, Les beaux quartiers, Les voyageurs de l'impériale, Aurélien et Les communistes (en deux volumes) (je pense zapper ce dernier, honnêtement : trop de politique en littérature m'assomme).
Cela dit, la progression est essentiellement chronologique, comme chez Zola. Par ailleurs, si on retrouve en effet quelques personnages d'un roman à l'autre, on peut parfaitement les lire dans le désordre, comme chez Zola aussi.

Écrit par : Lili | 19/09/2018

Je suis vraiment contente de voir sur plusieurs blogs des lectures d'Aragon : Aurélien, Les beaux quartiers, etc. J'ai beaucoup aimé ces romans, lus il y a longtemps et qui restent encore très présents à mon esprit.

Écrit par : Bonheur du Jour | 16/09/2018

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Les classiques sont (presque) toujours un plaisir !

Écrit par : Lili | 19/09/2018

quel beau billet et quelle belle idée de nous rappeler Aragon. Je ne connais pas le romancier - ou très peu- plus le poète. Tu donnes envie!

Écrit par : Violette | 18/09/2018

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Aragon romancier vaut aussi son pesant de cacahuètes ! Je te conseille d'attaquer avec Aurélien, une merveille !

Écrit par : Lili | 19/09/2018

Autant tu m'avais refroidie pour "Les Cloches de Bâle" autant ton billet (passionnant de bout en bout) me donne une envie folle de lire celui-ci ! J'allais te demander s'il te rappelait Zola, tu y réponds. Je voulais lire "Aurélien" et puis je me suis dégonflée. J'aurais dû. Si on aime les livres acerbes sur la société, tu conseilles plutôt celui-ci ou "Aurélien" ? En tout cas, je note qu'il faut que je le trouve en version numérique parce que sinon je ne vais jamais le lire (j'ai un Trollope qui risque de m'attendre encore longtemps pour cette raison idiote qu'est la taille minuscule de la police).

Écrit par : Lilly | 19/09/2018

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Hmm je dirais que, dans mon souvenir, Aurélien est moins politique que celui-ci et il bénéficie de cette histoire d'amour fabuleuse, pas gnian-gnian pour deux sous, qui fait tout passer crème. Les beaux quartiers est beaucoup plus ironique à l'égard de tout et de tout le monde, on ne peut s'attacher à aucun personnage. Du coup, pour répondre vraiment à ta question, je dirais que Les beaux quartiers est probablement le plus acerbe sur la société de l'époque. Mais Aurélien reste mon chouchou. J'espère que je ne serai pas déçue quand je le relirai !
Aurais-je réussi à te motiver à nous retrouver pour le prochain rendez-vous aragonais ? ;)

Écrit par : Lili | 19/09/2018

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