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08/06/2015

Hollow City de Ransom Riggs

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Hollow City de Ransom Riggs, Bayard jeunesse, 2014, 502p.

Hollow city 3.jpgAttention : Un soupçon de spoilers du tome 1 !

A la fin de Miss peregrine et les enfants particuliers, nous avions laissé notre bande de gamins dans de beaux draps : Une tripotée d'estres déguisés en nazis (oui, ils sont partout) avaient attaqué leur boucle temporelle. Leur repaire détruit, les voilà projetés dans un temps qui se déroule à nouveau, en pleine seconde guerre mondiale, et qui plus est sans la protection aimante et courageuse de Miss Peregrine qui ne peut plus reprendre sa forme humaine.
Hollow City débute à leur départ sur de maigres barques de fortune pour rallier le continent. Leur île n'est plus sûre et trop isolée de tout. Il leur faut trouver l'aide nécessaire pour guérir Miss Peregrine et envisager une nouvelle stratégie face à la menace des estres mégalos.

Ceci est le point de départ mais aussi le résumé de la quasi totalité du tome 2 - à l'exception d'uneHollow city Althea.jpg avancée enfin un poil significative dans la dernière centaine de pages, afin de préparer le tome suivant. On passe donc du roman d'apprentissage qu'était, pour résumer très grossièrement, le premier tome à une sorte de récit d'aventures - en direction de Londres puis en plein cœur de la capitale - où diverses rencontres et péripéties s'enchaînent afin de sauver Miss Peregrine. Why not ! Sauf que j'ai beaucoup moins accroché à ce projet tant j'ai trouvé les dites-rencontres et péripéties plates et poussives, qui semblent n'avoir pour but que de retarder délibérément l'action. J'ai eu la sensation que Ransom Riggs essayait de délayer le peu d'idées qu'il avait sur la perspective à donner à son projet plutôt que de nous en livrer, au contraire, l'étoffe. C'est bien de se lancer dans une trilogie mais encore faut-il avoir la matière pour cela. Le résultat de ce manque de rythme et de ce remplissage est, du coup, un deuxième tome trop long, trop étiré et trop ennuyeux à mon goût. D'autant que le construire uniquement sur la quête d'un remède pour Miss Peregrine nous l'ôte totalement des personnages du récit - si ce n'est comme figurante sous sa forme d'oiseau -, ce qui est une grave erreur : Miss Peregrine était le personnage le plus savoureux du premier tome ! Dans le second, tout tourne autour des enfants aux caractères trop délimités, trop typiques pour être passionnants - et notamment de la donzelle pour qui craque Jacob et qui me hérisse le poil.

En somme, je dois dire que mon enthousiasme précédent est retombé comme un soufflé. Je lirai sans doute le tome 3 quoiqu'il en soit, ne serait-ce que pour avoir le fin mot de l'histoire, mais je ne pense pas me jeter dessus comme j'ai pu le faire sur ce tome-là.

 

challenge-un-pave-par-mois.jpgChallenge Un pavé par mois chez Bianca

Participation de juin 2015

 

 

 

logo mois anglais 2011.jpgLe mois anglais chez Lou, Titine et Cryssilda

3eme lecture

LC autour de la littérature jeunesse/ado

13/04/2015

Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

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Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs, Bayard Jeunesse, 2011, 444p.

 

Miss Peregrine Fiona.jpgDepuis toujours, Jacob Portman a entendu les histoires fabuleuses de son grand-père Abe. Ce dernier, juif polonais, s'est réfugié durant la seconde guerre mondiale dans un orphelinat perdu sur une île du Pays de Galles. Il y a vécu une enfance loin des atrocités de la guerre, certes, mais près de compagnons aux pouvoirs étranges et de monstres effrayants. Tout d'abord fasciné par les aventures d'Abe, Jacob prend de plus en plus de distance à mesure qu'il grandit : au fond, ces monstres ne sont-ils pas la version revue et corrigée des nazis par un jeune garçon traumatisé par la guerre ?
Jusqu'au jour où Jacob se précipite chez son grand-père après que celui-ci l'a appelé paniqué. Il le découvre moribond dans le bois en face de chez lui et, au moment où Jacob lève les yeux, il tombe nez à nez avec une horrible créature... Les monstres existeraient-ils vraiment ?

Si je parviens à maintenir un semblant d'activité de lecture cette année, je me rends bien compte que mon niveau d'exigence littéraire s'amenuise un poil. Clairement, la période actuelle ne se prête que peu aux envolées alambiquées d'un grand classique quand je me couche le soir. Je profite donc de cette nécessité qu'éprouvent mes neurones bouillis de se reposer pour fureter du côté de genres littéraires que je délaisse habituellement, et la littérature ado fait partie de ceux-là.

Et ce n'est pas un mal, ma bonne dame ! Car j'ai découvert à cette occasion ce roman des pluMiss Peregrine faucon.jpgs plaisants et des plus agréables. Il nous fait replonger dans notre adolescence plus si récente puisque le récit se déroule du point de vue de Jacob. Toute la première partie du roman se joue du côté du fantastique : il appartient au lecteur de démêler le vrai du faux et l'ambiguïté est maintenue longtemps sur la question des monstres. Existent-ils vraiment ou sont-ils le fruit de traumatismes divers ? Et puis, progressivement, on glisse du côté de la fantasy et s'ouvre tout un monde parallèle, en marge des lois humaines et des lois temporelles, sur fond de roman initiatique. La fréquentation de Miss Peregrine et de ses enfants particuliers permettra non seulement à Jacob de percer le mystère de son grand-père mais aussi de mieux se comprendre pou partir à l'aventure de soi et du monde. 

Le roman se finit un brin en queue de poisson mais pour une bonne raison : il s'agit du premier tome d'une trilogie ! Si vous aborder maintenant ce roman, vous n'aurez pas à vous inquiéter du délai à attendre pour découvrir la suite en plus puisque le deuxième volume est sorti l'an dernier. Inutile de vous dire que je me suis empressée d'aller le louer dans le foulée et qu'il est déjà entamé (mais ceci sera l'objet d'un autre billet).

Deux autres raisons de ne pas hésiter, en outre : Comme cela a beaucoup été souligné dans d'autres billets, l'objet livre est particulièrement soigné et attractif. L'édition est joliment agrémentée de motifs et de photographies anciennes qui toutes ont un lien avec le récit. Il ne s'agit pas tant d'illustrations que d'une plongée véritable dans l'ambiance du roman. Une vrai réussite qu'il faut saluer ! Enfin, ce roman fera l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton en 2016 (avec Eva Green dans le rôle de Miss Peregrine, miam!). Je suis tout à fait impatiente d'en voir le résultat !

 

Miss Peregrine double.jpg

 

challenge-un-pave-par-mois.jpgChallenge Un pavé par mois chez Bianca

Participation d'avril 2015

 

 

 

Challenge USA.jpgChallenge USA chez Noctembule

4ème lecture

28/01/2015

Les envoûtés de Witold Gombrowicz

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Les envoûtés de Witold Gombrowicz, Folio, 2011 [1996], 469p.

 

Un de mes petits péchés littéraires coupables est d'aimer frissonner façon vieille école. Autant les thrillers contemporains m'indiffèrent totalement, autant les ambiances old school à base de château sombre, poussiéreux et, si possible, hanté, ont toute mon attention spontanée. Lorsqu'en plus, le dit-château niche dans une forêt touffue et franchement reculée et qu'un noble défraîchi et à moitié fou l'habite, je frétille comme une jeune adolescente qui découvre Dracula pour la première fois. Ça tombe bien : ce sont tous les ingrédients de base du présent roman de Witold Gombrovicz. Et de fait, comment pourrait-il en être autrement ? La volonté même de l'écrivain étant de proposer une vision résolument ironique des romans fantastiques grand public, il ne pouvait que saupoudrer lui-même les topoï du genre pour mieux s'en amuser.

C'est dans la campagne polonaise que tout commence. Ou plutôt dans un train. Prenez un bellâtre désargenté engagé comme entraîneur de tennis pour une jeune fille riche et insupportable, un fonctionnaire coincé du postérieur et un historien d'art ; envoyez les tous trois dans la même pension du fin fond de la Pologne à l'aube des années 40 ; imaginez en outre que la jeune fille riche et insupportable est fiancée au machiavélique secrétaire du noble défraîchi et à moitié fou sus-cité et vous obtenez tous les ingrédients pour un voyage des plus clichés au pays du fantastique qui aurait mangé Hercule Poirot (oui, parce que je dois avouer que, dans cette ambiance, Hercule Poirot m'a VRAIMENT manqué). Tout cela est bien sûr à dessein et c'est ce qu'il y a de délicieux dans les romans ironiques : la double lecture. Si vous êtes d'humeur ramollie, vous pouvez vous délecter sans honte du premier degré de l'affaire. Si vous êtes d'humeur plus chafouine, vous allez rire sous cape du second degré de chaque phrase. C'est déjà plaisant d'avoir en main un bon roman mais quand, en plus, on a un deux en un, il faut saluer bien bas et profiter comme il se doit ! 

Et c'est ce que j'ai fait : j'ai savouré toute ma lecture ! Et très franchement, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un tel volume de pages en si peu de temps. Je ne dis pas que j'ai tout dévoré avec la même avidité, bien sûr. Les passages d'envoûtement amoureux m'ont clairement beaucoup moins séduite que ceux plus mystérieux et diaboliques. On ne se refait pas : je ne suis définitivement pas fleur bleue, encore moins amatrice de passion destructrice aussi incompréhensible que ridiculement grotesque. Pour le coup, ça ne m'amuse pas ni ne me fait frissonner - même si, en l'occurrence, le second degré fait accepter beaucoup de choses. Mais globalement et tout bien considéré, j'ai dévoré ce roman avec un sourire aux lèvres presque constant. Et si j'ai lu certains blogueurs exprimer une déception quant à l'issue de l'intrigue - soulignons que la fin n'a été retrouvée que très tardivement après la première parution du roman - je l'ai, pour ma part, trouvée en parfaite cohérence avec le projet ironique de l'auteur.

Résumons donc : une très bonne découverte et une très bonne surprise ! Il fallait bien un swap avec Charline pour me le mettre entre les mains. Merci ma super doucette, pour la régalade !