Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/03/2013

Swap Dieux et Démons : mon colis !

swap dieux démons.jpgA l'automne dernier, nous décidions avec Ayma du blog L'art en vrac de swapper ensemble. Nous nous connaissions déjà depuis un certain temps via un autre média et nous avions envie de partager ensemble un colis qui permettrait de mieux nous découvrir, par l'intermédiaire de nos blogs.

Notre dévolu s'est donc jeté sur cette troisième édition des swaps créatures fantastiques organisés par Petitetrolle et Plumeline sur Livraddict. Le thème de cette session printanière était "Dieux et Démons". Un thème plutôt atypique qui a le mérite de nous ouvrir un large champ de possibles !

C'est hier matin que j'ai reçu le colis, sur le fil et parce qu'Ayma est une petite sadique qui aime me torturer chaque matin devant ma boîte aux lettres (si, si, je dénonce :D). Autant vous dire que j'étais complètement impatiente !
Heureusement, je n'ai pas oublié les photos du colis emballé cette fois-ci :

DSCF0932.JPG

DSCF0937.JPG

J'ai découvert un joli paquet aux couleurs printanières (timing parfait pour la saison). Sous les paquets se cachaient toutes ces surprises :

DSCF0941.JPG

 

DSCF0944.JPGSi jamais vous allez fureter sur le blog d'Ayma, vous constaterez que nous n'avons pas tout à fait les mêmes goûts littéraires. Et à l'occasion de ce swap, elle a décidé de m'emmener un peu du côté de ses plaisirs pour me faire découvrir de nouveaux horizons !

Pour cela, trois livres : L'âme du mal de Maxime Chattam (un ponte du thriller, je sais, mais que je n'ai jamais lu. C'est un des auteurs préférés de ma binôme!), Dracula l'Immortel de Dacre Stocker et Ian Holt (je suis curieuse de voir ce que donne une suite au Dracula original sachant que ce dernier est sensé être... définitivement anéanti...) et enfin une BD qui s'annonce très chouette, le premier tome de Siegfried d'Alex Alice parce qu'Ayma a compris que j'avais un faible pour les mythologies nordiques ^^

DSCF0947.JPG

 

 

Du côté des gourmandises, les indépassables, que dis-je, les parfaitement délicieux After Eight (j'avoue, je suis une inconditionnelle - d'ailleurs, je les grignote à l'heure où j'écris), des Lindor et une maxi boîte de thé de Ceylan. Je vais me régaleeeeer !

 

 

 
DSCF0948.JPGEt pour finir, les surprises ! Certes, Ayma et moi ne partageons pas les mêmes univers littéraires mais nous avons par contre quelques accointances musicales. Aussi, nous nous sommes réciproquement envoyées un CD qui nous tient à coeur en guise de surprise : les grands esprits se rencontrent !

Ayma a opté pour un double album d'Athanor intitulé Le testament du diable ou La seconde apocalypse. Autant vous dire que je ne connais absolument pas ! Du peu que j'ai fureté sur le net, il s'agit d'un projet français réunissant des musiciens de plusieurs groupes différents et qui mêle rock progressif, metal symphonique et black metal (ce qui est facile à deviner vu le titre de l'album - non, parce que j'ai beau apprécier ce style musical, il faut avouer qu'en matière d'originalité thématique les musiciens de black sont souvent à la subtilité ce que mon dogue allemand est à la peinture sur soie, hmm v'voyez? ... :D). La suite lorsque mes oreilles le découvriront avec toute l'attention qu'il mérite.

Et le tout agrémenté de magnifiques marque-pages et d'une très belle carte d'inspiration japonisante comme j'aime !

 

 

Un grand merci à Ayma pour cette découverte que nous avons faite l'une de l'autre à travers nos mails et évidemment, pour ce chouette colis plein de nouveautés en tout genre !

J'espère que ce swap sera l'occasion de continuer à échanger et à apprendre à se connaître.

Si vous voulez voir le colis que j'ai envoyé à Ayma, c'est par ici.

 

 

07:23 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (6)

28/02/2013

La Couleur pourpre d'Alice Walker

couleur_pourpre.gif

La Couleur pourpre d'Alice Walker, ed. Robert Laffont, Coll. Pavillon poche, 1982, 344p.

 

Celie et sa cadette Nettie grandissent tant bien que mal dans une Amérique début de siècle pétrie de violence sourde. La mère est peu présente au foyer, aussi Célie doit se charger de la nombreuse fratrie malgré son jeune âge ; et lorsque la mère tombe malade, le père n'hésite pas à se tourner vers la jeune fille pour assouvrir ses pulsions... C'est donc la lame de cet inceste qui ouvre la brèche de l'avenir. Celie aura deux enfants qui lui seront enlevés très rapidement par le père puis sera donnée en mariage à un homme froid et violent qui désirait initialement la jeune soeur. Dès lors, le destin de Celie et Nettie va se scinder : Celie restera avec cet homme, qu'elle appelle Monsieur..., auprès de qui elle sera plus une esclave qu'une épouse. Malgré un quotidien douloureux et éprouvant, elle rencontrera des personnalités féminines éclatantes et jouissives qui l'aideront à avancer et bien sûr, la délicieuse Shug grâce à qui elle comprendra l'amour. Nettie, quant à elle, devra partir - tout d'abord vers la ville la plus proche puis en Afrique où elle deviendra missionnaire pendant de nombreuses années.
Celie et Nettie ne se reverront plus pendant près de trente ans. Pourtant leur lien indéfectible ne cessera de se dire, si ce n'est en paroles, du moins en mots posés sur le papier au gré du temps et des océans. Ce sont ces mots que nous offre La Couleur pourpre.

Lorsque j'ai découvert ce livre dans le swap du nouvel an offert par Manu, je suis tombée amoureuse de la couverture (le violet, moi, comme c'est étrange!) mais suis restée perplexe : le sujet m'interpelait mais j'avais peur de beaucoup de choses, en fait. De la mièvrerie, de la caricature, d'un style illisible - car mimer une certaine oralité à l'écrit est bien souvent périlleux -, de la bien-pensance. Le sujet a néanmoins été plus fort que mes peurs et un soir, sur un coup de tête, je l'ai attrapé au vol et l'ai entamé - pour ne plus en décrocher.

Construit sous forme épistolaire, ce sont d'abord les lettres de Celie qui s'offrent au lecteur ; des lettres qu'elle adresse au bon Dieu depuis son plus jeune âge - tout d'abord parce qu'elle n'a personne à qui se confier puis parce qu'elle ignore où se trouve Nettie. Celie apparaît d'emblée comme une personnalité attachante, simple et pleine d'une ressource vitale impressionnante. Certes, elle semble extrêmement passive, pourtant quoiqu'il arrive, elle tient avec une constance et une foi précieuse. Celie n'a jamais reçu de véritable instruction et son phrasé est donc chaotique, de même que ses réflexions. Et puis progressivement, au contact de Shug et des lettres de sa soeur, Celie va s'émanciper et de cet envol naîtra une joie de vivre, une carrière et un nouveau souffle expressif au vocabulaire plus ample et à la grammaire plus précise.

Nettie, elle, ne cesse d'écrire pendant toutes ces années où Celie ne reçoit que le silence. Elle lui raconte son quotidien à la mission africaine ; tous ces petits moments qui forment une réalité à la fois archaïque et nouvelle. Dans ces lettres passionnantes, Nettie nous trace le portrait d'une Afrique démystifiée où les autochtones n'ont pas tant de compassion pour leurs frères noirs jadis esclaves aux Amériques - d'ailleurs ne sont-ce pas eux qui les y ont vendus ? Loin d'un paradis perdu, Nettie y constate que l'homme reste l'homme et que la suprématie masculine souvent injuste s'applique sur les différents continents. Elle constate aussi que l'Homme reste l'Homme et qu'aucune occasion n'est manquée de pouvoir écraser son prochain pour son propre intérêt - ainsi les entreprises européennes de caoutchouc qui n'hésitent pas à anéantir le territoire ancestral de tout un peuple.

Et puis surtout, ce que les deux soeurs ne cessent de s'écrire, c'est leur amour solaire, éclatant, indestructible. Les années, les misères et le silence n'ont aménuisé en rien leur foi en elles, en ce lien qu'elles continuent à écrire. Au fond, chacune à leur manière, Celie et Nettie sont portées par une spiritualité profonde et sincère.

Je ne saurais trop vous conseiller ce roman épistolaire qui se dévore avec douceur et qui se referme avec émotion. Je ne suis pas versée dans la niaiserie et vous n'en trouverez pas ici : seulement de la sincérité à l'état brut qui dit des réalités souvent dures mais avec une franchise et une naïveté tellement étonnantes qu'il arrive souvent de sourire - oui, oui. Vraiment, un pur plaisir !

Merci à Manu pour cette super découverte, encore une fois !
Je vous invite d'ailleurs à aller lire son billet de ce pas, ainsi que celui de Missycornish vraiment passionnant. Comme vous pourrez le constater, je ne suis pas la seule à avoir eu le coup de coeur !

 

 

1213775971.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Ennalit

Catégorie Couleur

 

 

 

 

a-tous-prix.jpgChallenge "A tous prix" chez Laure

Ce livre a reçu le prix Pulitzer et l'American Book Award en 1983

17/01/2013

Absente de Megan Abbott

 

Jean-Spangler-10.7.49.jpg

megan-abbott-absente.jpg

Absente de Megan Abbott, ed. Sonatine, 2009 / Le Livre de poche, 2011, 317p.

 

jean-spangler1.jpgC'est elle, Jean Spangler. Bouche impeccable, sourcils dessinés et cascade chatain savamment domptée. Elle qui, comme bien d'autres gamines du fond des USA, chercha la lumière d'Hollywood dans des rôles de seconde zone et dans l'effervescence de quelques soirées. Elle qui va disparaître mystérieusement un soir de 1949, deux ans seulement après le Dalhia Noir, et dont on ne retrouvera que le sac à main.

De ce fait divers en pointillé, Megan Abbott nous propose un cheminement tortueux dans les bas-fonds de Los Angeles aux côtés de Gil Hopkins, dit Hop, pour nous délivrer une surprenante réponse.
Ecrivaillon pour l'Examiner à l'époque des faits, il est, deux ans plus tard, attaché de presse du studio qui employait Jean. Il était surtout présent à ses côtés la nuit de sa disparition, avant qu'il ne s'eclipse avec une danseuse quelconque et qu'il range ce souvenir dans un coin de sa mémoire. Iolene Harper se charge pourtant de lui rappeler les faits, visiblement terrorisée : Et s'il n'avait pas planqué quelques indices pour protéger un duo de stars en vogue ? Bien plus touché qu'il ne voudrait l'être, Hop replonge malgré lui dans cette sombre affaire, dans un tango endiablé avec une autre journaliste de l'Examiner, Franny Adair. Après des rencontres énigmatiques, bien des verres de scotch et trop peu de sommeil dans une ambiance lourde, Jean Spangler est sans doute au bout du chemin.

Je dois avouer tout de go que je n'ai pas été conquise à 100% par ce polar. Dieu sait pourtant que j'aime cette atmosphère ambivalente de l'âge d'or d'Hollywood, entre un glamour de surface et la pire des noirceurs sous le vernis. Megan Abbott ne démérite pas, en toute objectivité, à cet exercice périlleux de réanimer le phénix et l'ambiance m'a semblé d'un goût parfaitement plausible. Comme dans tout roman noir s'inscrivant dans cette veine, c'est d'ailleurs plus un roman d'ambiance qu'un roman à suspens. Il faut s'imprégner du phrasé, de l'allure des personnages, de la lumière en demi-teinte des lieux et se laisser porter. Ne pas craindre l'horreur et la misère humaine, aussi. Car ici, encore, c'est tout cela qui est exposé à travers ces figures de femmes à la fois désespérées et fatales qui ne sont plus que viande pour espérer un morceau de gloire ou de bonheur. Ces femmes qui sont tellement viande que l'homme les marque de son couteau, y appose sa signature et sa suprématie. A quel moment la femme cesse-t-elle d'être consentante pour devenir une proie? Le moins que l'on puisse dire, c'est que pour mener l'ambivalence à son comble, il n'y a jamais d'innocentes victimes, ni de méchants bourreaux. Rien n'est tout noir ou tout blanc. C'est la roue d'Hollywood qui, inlassablement, broie les vies qu'elle draine dans son sillon.

Après m'être posée la question un moment sur les raisons de ma non-adhésion totale, c'est une discussion avec Manu qui m'a éclairée : Le livre a trop souffert d'une comparaison avec Le Dahlia Noir d'Ellroy que je n'ai pu m'empêcher de faire tout le long de ma lecture. En même temps, la 4eme de couverture faisait elle-même la comparaison avec l'affaire, donc... Elle a orienté ma comparaison inconsciente. Même si Absente est indéniablement un bon roman (ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit), il ne recelle pas l'éclatante puissance évocatoire du verbe d'Ellroy, cette ciselure cinématographique qui fait prendre vie à chaque page. Lire ce livre de Megan Abbott, c'était avoir l'impression de lire Le Dahlia Noir en moins bien, en édulcoré, en plus lisse, en moins risqué. Les comparaisons, malheureusement, ne peuvent pas être en faveur des deux parties.

Il n'empêche que j'ai tout de même passé un plutôt bon moment de lecture. Et je suis à présent particulièrement curieuse de lire un autre roman de Megan Abbot, Adieu Gloria, qui semble avoir de très bons échos !

 

Merci beaucoup à Manu pour me l'avoir offert dans le swap du nouvel an et je vous invite à aller lire de ce pas son avis sur ce livre que nous avons lu en lecture commune !


challenge polar historique.jpgEt cette lecture s'inscrit en outre dans le challenge polar historique de Samlor !





*


Post-scriptum : j'ai super envie d'un swap rock'n'roll - ambiance bière, cheveux longs, perfecto, motifs à pois, bouquins qui swinguent et musique old school. Des intéressés pour savoir si ça vaut le coup que j'organise ?