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14/10/2016

Le jardin de minuit d'Edith (d'après Philippa Pearce)


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Le jardin de minuit d'Edith (d'après Philippa Pearce, Soleil, 2015, 96p. 

 

Le jardin de minuit 2.jpgQuelque part au vingtième siècle, Tom doit quitter sa maison pour une durée indéterminée : son frère à la rougeole. Il est donc envoyé chez son oncle et sa tante, à contre-cœur, pour y passer la plupart de ses vacances. Ça ne le réjouit pas vraiment : Tante Gwen et Oncle Allan sont gentils mais terriblement ennuyeux. De plus, puisque Tom est officiellement en quarantaine, il ne peut pas faire grand chose à part manger... Jusqu'à une nuit où l'insomnie lui fait entendre un treizième coup improbable à l'horloge de la maison. Intrigué, il descend, furette et découvre au détour d'une porte un fabuleux jardin là où on lui avait dit n'y avoir qu'une cour ! Son sang ne fait qu'un tour et voilà que ses vacances, d'ennuyeuses au possible, deviennent pleines d'aventures dans ce lieu féerique. D'autant qu'il y trouve aussi l'amitié de Hatty, une petite fille de plus en plus grande, belle et libre. Le temps, dans le jardin de minuit, n'évolue pas tout à faire comme celui du jour... 

Je ne suis pas connaisseuse du roman de Philippa Pearce, aussi ne puis-je pas juger de l'adaptation. Il n'empêche que j'ai aimé me fondre, comme une enfant, dans ce récit doux et nostalgique, comme peut l'être l'enfance rêvée dans les yeux d'un adulte qui chérit ses souvenirs. Les temps d'Hatty et de Tom se rencontrent ainsi à des vitesses différentes et chacun semble s'accrocher à ce qui doit inévitablement filer comme l'eau claire. C'est délicat parce qu'éphémère et c'est cette saveur particulière qui fait toute la beauté particulière de cette belle histoire. Edith la restitue avec un dessin fait des ombres des feuillages, exactement dans cet entre-deux qui sied aux aventures de nos deux protagonistes. L'alternance des époques n'est pas évidente à suivre de prime abord, du moins pour un jeune regard, ce qui rend la tâche de lecture d'autant plus passionnante : aux côtés de Tom, on s'interroge sur cette étrange aventure. Je n'ai plus qu'à dénicher le roman de Philippa Pearce pour la prolonger ! 

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18/09/2016

Black-Out de Brian Selznick

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Black Out de Brian Selznick, Bayard Jeunesse, 2014, 640p.

 

Black Out 3.jpegLe premier abord fait un peu peur : 640 pages, c'est une sacrée somme pour un roman ado - pour un roman tout court - et l'épaisseur du papier fait que le livre est sacrément imposant. Au deuxième abord, c'est la curiosité qui prend le dessus puisqu'à le feuilleter, on s'aperçoit qu'il y autant d'images que de texte, peut-être même plus. Quel est donc, alors, ce curieux objet-livre qui n'est ni un roman au sens strict du terme, ni un roman graphique, ni un album ?

C'est l'histoire de deux adolescents qu'a priori rien ne rapproche : Ben vient de perdre sa mère bibliothécaire et vit avec son oncle et sa tante non loin de son ancien chez-lui, à Gunflint Lake. Nous sommes en 1977 et Ben s'accroche à une petite collection d'objets insolites qui lui rappelle nombre de souvenirs envolés. Rose, quant à elle, souffre d'un père trop directif dans une maison vide. Elle s'évade en construisant une réplique de New-York dans sa chambre et collectionne tout ce qui concerne une star du cinéma muet. Nous sommes en 1927. Cinquante ans et quelque états les séparent et pourtant, Ben et Rose partagent une immense solitude et la quête d'un ancrage, d'un lieu auquel appartenir, d'êtres à qui s'accrocher. L'un comme l'autre partent pour New-York pour y chercher des réponses et un peu de chaleur. C'est ainsi que leurs destins deviennent parallèles, l'un marchant dans les pas de l'autre, avant de mieux se retrouver.

La grande force de ce récit réside dans sa forme originale et parfaitement maîtrisée (Brian Selznick l'avait déjà expérimentée dans L'invention de Hugo Cabret, adapté à l'écran par Scorcese) : une alternance de dessins en noir et blanc et de texte correspondant, dans Black Out, à la vision ou, plus justement, à l'expérience, de chacun des deux protagonistes. Ainsi, Rose se découvre au lecteur sans le truchement du mot mais non sans une grande sensibilité, comme un clin d'oeil au cinéma muet qu'elle admire et comme l'expression de cette sensation qu'elle éprouve d'être souvent coupée d'une partie du monde : celui qui entend, celui qui use de mots, au lieu de ressentir par d'autres sens. Ben expérimente aussi la surdité mais plus tardivement, aussi est-il encore un point entre les sourds et les entendants et la parole est encore son mode de communication privilégié. En somme, au-delà de la beauté de la forme, celle-ci fait sens dans l'évolution du récit jusqu'à mêler les deux comme le symbole d'une communion retrouvée.

L'histoire en elle-même est évidemment touchante, même si je l'ai trouvée assez superficielle et téléphonée. Clairement, le principal, ici, est mis sur la forme plus que sur des personnalités consistantes et élaborées. Ce ne sont pas tant Ben et Rose qui me resteront en tête, malgré tous les bons sentiments que cet ouvrage (que je ne sais toujours pas classer, et c'est tant mieux !) véhicule, mais bien l'exercice passionnant de renouveler le dialogue narratif entre le texte et les arts plastiques.

 

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Le mois américain.jpegLe Mois Américain 2016 chez Titine

3ème participation 

 

 

 

 

 

 

 

Challenge Un pavé par mois.jpgChallenge un pavé par mois chez Bianca

Participation de septembre 2016

03/08/2016

Harry Potter et les reliques de la mort de J.K.Rowling

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Harry Potter et les reliques de la mort de J.K.Rowling, Folio Junior, 2008, 882p.

 

Voilà, c'est fini. Harry, Ron et Hermione ne reviennent pas à Poudlard pour leur dernière année d'étude. Dumbledore n'est plus et l'empire de Voldemort grignote peu à peu l'entièreté du monde des sorciers. A coup d'imperium et autres manipulations, à coup de meurtres et d'enlèvements, le Ministère de la magie et le chemin de traverse n'ont jamais été aussi glauques et sombres. Ce n'est clairement pas la fête du slip. Nos trois héros partent donc comme prévu à la recherche des horcruxes, censés détruire petit à petit Voldemort, avec quelques objets mystérieux légués par Dumbledore. Le seul hic, c'est qu'ils n'ont pas l'ombre d'un plan. Commence du coup une errance un peu foireuse, égrainée de quelques rencontres musclées, de quelques morts et de quelques querelles pour tenter de sauver le monde (grosso modo, c'est un peu ça). 

Pour ce qui est de ma lecture proprement dite, elle est même finie depuis plusieurs semaines mais je n'ai pas vraiment été titillée d'en écrire rapidement un billet. Je crois que le soufflé est un peu retombé depuis ma lecture super emballée du tome précédent. Avec Les reliques de la mort, j'ai vu revenir de plus belle ce qui m'a parfois ennuyée dans les autres gros volumes de la saga. Beaucoup de passages répétitifs et inutiles - et sachant que nos héros partaient sans plan, il y avait matière à faire du remplissage répétitif et inutile - meublés par beaucoup de bastons un peu chiantes. Décidément, je me rends compte, si je compare avec Le Prince de sang-mêlé, que je goûte plus la finesse psychologique, même s'il ne se passe "rien" que les gimmicks copiés/collés régulièrement, même si ça enjoint une certaine "action". Sans déconner, l'action qui sert à rien hein... Bref.
En outre, je ne sais pas si c'est l'effet "vacances, j'oublie tout - même mon cerveau" mais je crois bien n'avoir pas tout compris aux raisons qui permettent à Harry de vaincre Voldemort. L'idée que la baguette de sureau appartienne finalement plus à Harry qu'à Voldemort m'a semblé franchement fumeuse et capillo-tractée (en plus du fait que j'ai pas exactement suivi l'histoire des désarmements successifs) et le coup du sacrifice, un peu facile. J'ai envie de dire, si le sacrifice sauvait le sacrifié, Dobby n'aurait pas dû mourir hein ! Ni Rogue, d'ailleurs. Ni la mère de Harry, pour commencer. Alors bon, ok, Harry Potter est spécial, m'enfin pas à ce point-là quand même !
Une dernière chose, j'ai trouvé le personnage de Rogue finalement assez mal employé tout au long de la saga et particulièrement dans ce septième opus. Je savais depuis le début (c'est l'avantage ou l'inconvénient de découvrir un succès planétaire après la bataille) que Rogue se révélait à la toute fin et j'attendais avec beaucoup d'impatience de voir comme l'auteure allait gérer cette glissade. Je m'attendais, en l'occurrence à quelque chose de progressif et de subtil. Je m'attendais surtout à ce que cela s'enclenche juste après la mort de Dumbledore, soit dès le début du tome 7. En effet, que Rogue joue double-jeu jusque là s'entendait aisément ; qu'il persiste à le faire après n'a plus tellement de sens. Je n'ai donc pas compris ce choix étonnant de le faire poursuivre cette casquette qui n'avait plus aucune utilité (puisqu'il n'en rendait plus compte à qui que ce soit), et qui a même risqué de lui faire manqué la seule chose qui lui restait à faire, soit avertir Harry au bout moment de toute la vérité. On peut d'ailleurs se demander quel était le sens véritable de laisser patauger nos trois héros pendant une année scolaire entière, si ce n'est celle de faire un septième tome un peu opulent... (non parce que l'argument à moitié socratique de chercher soi-même la vérité pour mieux l'intégrer blah blah, marche parfois mais ici elle est passablement loupée).

Cela dit, je fais ma vieille mégère à trois balles mais on va pas se mentir, j'ai quand même pris beaucoup de plaisir à lire ce dernier tome parce qu'à la longue, je me suis rudement attachée à tous les personnages. A force, une saga, ça fonctionne clairement à l'affectif et c'est ce dont j'ai fait l'expérience ici. A tel point qu'on occulte sur le moment les faiblesses narratives et puis c'est tout. Bref, un brin tristoune de quitter Harry, Ron et Hermione mais je crois que comme toute série, c'est une bonne chose d'y avoir mis un point final avant que ça devienne vraiment n'importe quoi. Je me demande bien, du coup, ce que donne la récente pièce de théâtre...

 

Challenge a year in England.jpgChallenge A Year in England chez Titine

12ème participation

 

 

 

 

challenge-un-pave-par-mois.jpgChallenge un pavé par mois chez Bianca

Participation de août 2016