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04/02/2013

En Sibérie de Colin Thubron

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En Sibérie de Colin Thubron, ed. Hoëbeke, 2010 / Folio, 2012, 471p.

 

 "Des étendues glacées à jamais traversées par un homme enchaîné. Dans les lointains, peut-être, un troupeau de Rennes ; un chasseur qui inscrit son ombre sur la neige. Mais c'est tout. La Sibérie : elle occupe le douzième des terres émergées du globe - voilà la seule certitude qu'elle laisse dans l'esprit. Une austère beauté, une peur indélébile".

 

Tels sont les premiers mots d'un périple fascinant que nous propose Colin Thubron en terre sibérienne.
Pour une raison que j'ignore, voilà plusieurs jours que je peine à écrire la chronique de ce récit de voyage que j'ai pourtant plus qu'apprécié. Le roman, sans doute, se prête plus facilement à l'exercice du billet de blog. Ici, nul résumé à vous faire, nulle petite critique subjective sur laquelle enchaîner. Il m'a donc fallu attendre le bon moment pour trouver les mots et la neige qui blanchit peu à peu ma campagne y est sans doute pour quelque chose.
Repu de bien des errances, Colin Thubron décide enfin il y a une dizaine d'années de se frotter à cette sauvagerie, à ce mystère qui semblent intriguer  bien des voyageurs : La Sibérie. Tandis que Sylvain Tesson partait y méditer pendant six mois, Colin Thubron va la sillonner en train ou en bateau - et ce sont les transports et le défilé des paysages qui rythment chacun des longs chapitres - pour y puiser toute la diversité et l'âpreté de son immensité.

D'est en Ouest, c'est une atmosphère post-apocalyptiques saisissante qu'exprime son récit. Honnêtement et en toute naïveté (autant le dire), j'étais restée sur les images quasi paradisiaques, bien que désertiques et glacées, des bords du Baïkal et de sa forêt à perte de vue. Colin Thubron nous dévoile un tout autre visage de la Sibérie : celui marqué à vie de l'emprunte du communisme destructeur. Les quelques villes de ce territoire démesuré semblent tout droit sortie d'une dystopie terrifiante. Quelques âmes errent sans but, tous sont pauvres, affamés, ivres de vodka et oubliés du gouvernement russe. Le régime communiste avait formé de grands espoirs mais au lieu d'une brillante civilisation, c'est une humanité en déclin qui peuple aujourd'hui la Sibérie. Sans parler des origines si diverses des différentes populations, qu'aucune réelle unité n'existe entre eux. Afin d'éclairer le lecteur néophyte sur ces fameuses questions de géopolitique et d'histoire, Thubron opère un perpétuel va et vient entre son expérience quotidienne et le vent obsédante du passé.

Dans ce marasme blanc, Il fait d'étonnantes rencontres heureusement chaleureuses : Une vieille veuve esseulée et précocement ratatinée qui vit dans l'ombre de ses morts, une bande de nouveaux croyants, encore plus enthousiastes qu'avant le communisme, un docteur luttant contre les ravages de l'alcoolisme ou bien un professeur illuminé. Dans tous ces dialogues, Colin Thubron cherche les racines d'une Russie dépouillée de sa modernité de façade - cherche une chimère, sans doute.

 

"De la fenêtre du train jusqu'au ciel blanchi, un paysage de terre et d'eau entremêlées, changeant, presque incolore - l'ondoiement des graminées au-dessus des marais, le blond platine délavé du blé d'hiver. La steppe Baraba, à mi-chemin de Novosibirsk, était jadis fréquentée par les exilés et les nomades tartares, traversée aussi par une série de forts cosaques. Présentement, des oies sauvages et des foulques décollaient des marécages pour survoler des lacs miroitants frangés de sol salin. D'anciennes fermes collectives déployaient çà et là de longues granges blanches qui paraissaient inhabitées Les villages aussi étaient vides. La distance les réduisait à la taille de ces hameaux de contes russes, où l'on pourrait aussi bien voir apparaître la sorcière Baba Yaga qu'un vol de princesses transformées en cygnes."

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Siberia, The Far North - Emile H. Dubuisson

 

 

a-tous-prix.jpgChallenge "A tous prix" chez Laure

Ce livre a reçu le prix Nicolas Bouvier 2010

 

 

 

 

 

Challenge petit bac.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Enna

Catégorie "Lieu"

31/01/2013

Nemi - Tome 1 de Lise Myhre

 

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Nemi - Tome 1 de Lise Myhre, ed. Milady, 160p., 2009

 

Encore une excellente surprise que j'ai dénichée sur le blog de Manu, décidément ! Il va finir par devenir un de mes coins découvertes favoris (si ce n'est déjà le cas).
Il faut dire, qu'outre un amour certain pour les félons et autres petites bêtes en tout genre, nous partageons aussi certaines accointances avec le rock et ses dérivés qui pogotent. Cette BD lui ayant follement plu, je ne pouvais donc qu'aller m'y frotter aussi, "pour voir".

Et bien, chers lecteurs, j'ai vu et je me suis beaucoup amusée ! Nemi est une jeune femme qui déplore de ne plus être qu'une ado insouciante. L'âge adulte et ses réalités gagnent toujours trop tôt ! Il était bon le temps où il ne s'agissait que d'écouter Mayhem en enchaînant les bières - maintenant, il faut aussi payer des factures qui ne cessent d'arriver (et je m'en étonne toujours autant chaque jour). Nemi essaye tant bien que mal de concilier les deux (sachant qu'elle enchaîne toujours mieux les bières que les factures) et distille un peu de son cynisme en toutes situations au gré de courts strips enlevés.

Même si je ne correspond pas entièrement au personnage, je n'ai pas pu que m'y reconnaître fréquemment et son regard sur le monde, qu'on aurait tort de cantonner à celui d'une ado attardée, recelle bien souvent une lucidité particulièrement aiguisée.
En refermant le volume, je me suis dit deux choses : D'une part que j'allais commander les autres tomes traduits tant j'y ai passé un excellent moment et d'autre part, que s'éloigner de tous les gens qu'on connait depuis des années à cause du boulot est décidément un des inconvénients majeurs de la vie d'adulte : les vendredis soirs au pub me manquent rahhhh !

 

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Challenge petit bac.jpgChallenge Petit Bac 2013

Catégorie Prénom

24/01/2013

L'oiseau de mauvais augure de Camilla Läckberg

(J'avoue, ceci est une chronique assassine)

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L'oiseau de mauvais augure de Camilla Läckberg, ed. Actes Sud, coll. Actes noirs, 2011, 350p.

 

C'est la grosse folie pour Patrick Hedström : il doit gérer l'arrivée d'une nouvelle collègue au commissariat, Hanna Kruse, un accident de la route qui n'a rien d'un accident à y regarder de plus près, une télé réalité de bas étage qui devient rapidement le théâtre d'un meurtre de plus et pour couronner le tout, il se marie dans six semaines. Bref, il n'a pas le temps de chômer. Pendant ce temps là, Erica Falck qui est de plus en plus mémère au foyer à défaut d'une véritable héroïne tente de gérer le retour à la maison de sa soeur et ses deux enfants suite au décès de son mari. A part ça, tout va bien à Fjällbacka. 

Honnêtement, je ne sais plus quoi penser de Camilla Läckberg : j'avais été mitigée sur la premier tome, franchement emballée sur le troisième (parce que j'ai sauté le second comme l'étourdie que je suis) et là, je suis totalement dépitée. J'ai trouvé ce roman ci particulièrement mauvais à tous points de vue. D'une part, à force de la lire, on commence à trop sentir son schéma de construction narrative et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne fait ni dans la subtilité ni dans le renouvellement. Au bout de trois lectures, c'est un brin lassant.
Ensuite, elle fait clairement du remplissage comme j'en ai rarement vu. Concrètement, si on étudie le roman d'un peu près, on remarque qu'il ne se passe strictement rien, je dis bien RIEN du côté de l'intrigue policière dans les deux cents premières pages. Tout ce à quoi on a droit ce sont des personnages qui piétinent pour trouver un coupable (que, soit dit en passant, le lecteur pas trop aveugle a trouvé au bout de 30 pages tant ce que Camilla Läckberg considère comme des indices discrets sont des pancartes lumineuses façon "le coupable est ici") et l'on se perd dans les tranches de vies de tous les personnages. Alors ok, je suis tout à fait d'accord avec une alternance vie privée et enquête mais, à un moment donné, il faut se centrer, il faut que ça ait du sens. Ici, ça ne sert que de remplissage parfaitement inutile pour grossir une énigme qui, sans cela, se résumerait à une peau de chagrin. 
Au final, les cent dernières pages rattrapent un peu un démarrage lamentable et laborieux mais est-ce suffisant pour sauver totalement la qualité de l'ouvrage. Je n'en suis vraiment pas certaine.
En outre, même si elle n'a jamais brillé par son verbe, ici l'auteure fait vraiment preuve d'une écriture plus que limite. A vouloir créer une proximité de ton entre ses personnages et ses futurs lecteurs, elle en oublie qu'être écrivain, c'est quand même soigner un minimum son style. Elle qui donne comme conseils au futurs écrivains «Ne vous tracassez pas trop pour la façon dont les mots vont tomber – veillez simplement à ce qu’ils tombent, en cascade! Autrement dit, écrivez, écrivez, écrivez!» devrait, en fait, s'en tracasser tout de même un peu.
Bref, cette romancière me semble décidément bien inégale et pour le coup, je vais laisser passer un petit temps avant d'envisager, possiblement, de tester un autre tome. En attendant, je vais me consacrer à mieux que ça.

 

challenge petit bac 2013.jpgChallenge Petit bac 2013

Catégorie Animal