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01/04/2013

Bilan de premier trismestre des challenges 2013

En ce début d'année, j'ai eu la folie des challenges - et ce n'est peut-être pas terminé ! En attendant de m'inscrire à de nouveaux défis, j'ai décidé d'en faire des récap par trimestre afin de ne pas perdre le fil de mes participations et pour facilité le point que je ferai en fin d'année sur l'atteinte ou pas des objectifs ^^

Pour ces trois premiers mois de l'année, je comptabilise 14 participations à 6 challenges - une même participation compte d'ailleurs pour plusieurs challenge la plupart du temps.
Les challenges Rougon-Macquart et Agatha Christie n'ont pas encore été complété depuis 2012 mais chaque chose en son temps, ça viendra sous peu !

Je comptabilise le plus grand nombre de participations pour LE CHALLENGE PETIT BAC 2013 organisé sur le blog d'Enna avec 10 lectures et 7 catégories remplies. Il me reste à être inspirée au gré des livres pour les phénomènes météo, les aliments/boissons et les chiffres/nombres. Et qui sait, si j'ai un gros mot sous le coude, ça marchera en bonus. Voici le récap des lectures :

 

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  PRENOM

MEDEE de Christa Wolf

NEMI - Tome 1 de Lise Myrhe

LIEU

En SIBERIE de Colin Thubron

La légende de BLOODMOOR de Joyce Carol Oates

ANIMAL

L'OISEAU de mauvais augure de Camilla Läckberg

OBJET

LA PIERRE DE LUNE de Wilkie Collins

LE MARTEAU DE THOR de Patrick Weber

COULEUR

LA COULEUR POURPRE d'Alice Walker

PARTIE DU CORPS

Debout sur LA LANGUE d'Antoine Wauters

SENTIMENTS

Les tendres PLAINTES de Yoko Ogawa

 

 

Je comptabilise ensuite 3 participations au CHALLENGE POLAR HISTORIQUE organisé sur le blog de Samlor, sur trois périodes historiques différentes : l'un chez les vikings, l'autre dans le hollywood des 40's et le dernier dans le Londres victorien. Voilà un challenge qui fait agréablement voyager !

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Le Marteau de Thor de Patrick Weber

Absente de Megan Abbott

La Pierre de Lune de Wilkie Collins

 

 

Pour finir, une série de double participation chez Laure pour LE CHALLENGE "A TOUS PRIX", chez Anis pour LE CHALLENGE "LIRE AVEC GENEVIEVE BRISAC", chez Adalana pour LE CHALLENGE ECRIVAINS JAPONAIS 2013 et enfin une participation chez Lou pour LE CHALLENGE VIRGINIA WOOLF :

 

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La couleur pourpre d'Alice Walker

En Sibérie de Colin Thubron

 

 

 

 

 

 

 

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 Médée de Christa Wolf

Mrs Dalloway de Virgina Woolf

(+ Orlando de Virginia Woolf en billet rétroactif)

 

 

 

 

 

 

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FEVRIER : 1Q84 - Livre 2 de Haruki MURAKAMI

MARS : Les tendres plaintes de Yoko OGAWA

 

 

 

 

 

 

 

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Mrs Dalloway de Virgina Woolf

 (+ Orlando de Virginia Woolf en billet rétroactif)



 

 


 

Je suis vraiment contente de mes participations à tous ces challenges ! Je suis plutôt régulière et, dans l'ensemble, c'est l'occasion de belles découvertes littéraires.


La suite le 1er juillet !

25/03/2013

Les tendres plaintes de Yoko Ogawa

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Les tendres plaintes de Yoko Ogawa, traduit du japonais par Rose-Marie Makino Fayolle et Yukari Kometani, ed. Actes Sud, 2010 (écrit en 1996), 237p.

 

Après avoir longtemps supporté le climat glacial de son couple en déshérence, Ruriko se retire. Elle part un beau jour, sans réflexion ni préméditation, s'isoler dans le vieux chalet familial au coeur des forêts. Il s'agit d'y retrouver la sérénité, le silence et surtout, de s'y retrouver soi.
Elle rencontrera rapidement deux voisins dans un chalet proche : Nitta et Kaoru, son assistante. Nitta pratique une profession particulièrement fascinante : facteur de clavecins. De ses mains, avec une infinie patience, il sculpte des sons invisibles pour leur donner la forme cristalline d'un rondo ou d'un menuet. Il accorde également ses instruments lors de concerts à travers le pays. Ruriko apprend par contre qu'il ne joue pas - ou plus en public. Un beau jour, une panique l'a saisi et ses doigts ont cessé de jouer. Lors de leurs veillées, c'est donc Kaoru qui prend place devant le clavecin.
Au fil des jours, une relation étrange et souvent silencieuse se noue entre ces trois personnages à la recherche d'une paix intérieure, au son envoûtant des Tendres Plaintes de Rameau.

J'ai retrouvé dans ce roman ces fameux éléments qui semblent caractériser la littérature japonaise - et plus largement sans doute l'esprit japonais : une profonde solitude, une économie de mots, une grande pudeur dans les relations humaines, et l'utilisation d'images poétiques pour exprimer le cheminement intérieur de l'être. Ici, il semble que Yoko Ogawa nous invite à une introspection personnelle à travers le personnage de Ruriko et sa rencontre avec l'étrange tandem musicien. Le lecteur, tout comme Ruriko dans sa forêt, est tout d'abord plongé dans une atmosphère silencieuse, cotonneuse. Le bruit de la ville s'est évanoui ; il n'y a plus que le chatouillement des feuilles alentours. Progressivement, comme on construit pas à pas les pièces d'un clavecin, il s'agit de descendre en soi, et de se reconstruire avec patience et attention. Faire table rase, parfois aussi, et détruire pour mieux avancer - comme Nitta a pulvérisé un clavecin défaillant.
En fait, Les tendres plaintes m'a vraiment fait l'impression d'un roman qu'il faut ressentir bien plus qu'interpréter - c'est pour cela que je vais arrêter là toute forme d'analyse littéraire. Il joue sur les cordes de la sensibilité et de l'indicible, l'esprit ne fait que tenter de formuler ensuite ce que le corps a d'abord senti.


"Alors qu'elle jouait juste sous mes yeux, j'avais l'impression que le son me parvenait d'un endroit extrêmement lointain. On aurait dit qu'il contenait la mémoire d'un temps illimité auquel personne n'avait touché. Le tranchant et la douceur, la magnificence et la grâce, la pureté et l'ombre, des impressions contradictoires jaillissaient ainsi en même temps pour se fondre aussitôt en une seule.
En tendant l'oreille encore plus, je pouvais discerner les imperceptibles résonances entre chaque son."

 

Je vous laisse savourer l'atmophère de ce roman avec la fameuse pièce éponyme de Rameau : (je me permets simplement de vous l'insérer au piano car l'éloge du clavecin a beau être délicieux sous la plume d'Ogawa, il a malheureusement la vertu de m'énerver au plus haut point)

Encore une très belle découverte japonaise grâce au challenge d'Adalana! Merci pour cette inspiration!

 

 

 

 

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Challenge Ecrivains japonais 2013 chez Adalana

Le mois de mars est consacré à Yoko Ogawa






1213775971.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Enna

Catégorie Sentiment

18/03/2013

La Légende de Bloodsmoor de Joyce Carol Oates

 

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La légende de Bloodsmoor de Joyce Carol Oates, ed. Le livre de poche, 2012, 720p.

 

Je m'étais attaquée, pleine de temps libre et de courage au premier volume de la trilogie gothique de Oates en juin/juillet dernier. Et comme je l'avais fort apprécié malgré son abord parfaitement étonnant et aussi, avouons-le, parfois fastidieux, nous nous sommes engagées avec ma copine bloggeuse Missycornish à en lire le deuxième volume que voilà en lecture commune, joliment intitulé La légende de Bloodsmoor. Outre ce titre plein de promesses, j'ai aussi été fort attirée par la couverture à l'atmosphère pastel surannée (comme quoi, il en faut parfois peu pour donner l'envie à une lectrice) que l'auteur ne manquerait pas de démonter minutieusement à coup d'ironie, me disais-je, comme elle l'avait si bien initié dans Bellefleur. Et de fait, mes espérances n'ont pas été déçues !

Mais avant de vous parler plus avant de cette ironie qui est le coeur de ce petit bijou, brossons tout d'abord le tableau.
En cette fin de XIXe corseté, une étrange narratrice - dont le lecteur ne connaitra jamais l'idendité - prend la plume et nous conte la déliquescence des Zinn sur les vingts dernières années du siècle. Tout semblait idyllique et poudré comme il sied pour cette augustre famille nombreuse dans la vallée de Bloodsmoor. Le père John Quincy s'adonnait à son passe-temps, si ce n'est sa profession, d'inventeur en tout genre tandis que sa femme Prudence lui donnait quatre filles aux personnalités fortes et distinctes : Constance Philippa, Octavia, Malvinia et enfin Samantha. Non contents de cette communauté sororale déjà conséquente et malgré leurs faibles revenus, ils adoptent ensuite la jeune orpheline Deirdre à l'âge de onze ans. A l'automne 1879, pourtant, tout bascule : Deirdre, alors âgée de seize ans, est enlevée par un mystérieux ballon noir - oui, elle est littéralement soulevée du sol par des mains inconnues et emportée dans les airs sous le regard médusé de sa famille impuissante. Dès lors, suivront vingts années pendant lesquelles les quatre autres soeurs prendront aussi la poudre d'escampette de ce territoire de Bloodsmoor - certaines par passion amoureuse ou du théâtre, d'autres pour échapper à l'obligation conjugale. Seule Octavia suivra la voie rangée qui était destinée à toute jeune fille de bonne famille de l'époque - elle connaitra malgré tout une vie maritale des plus surprenantes. Et le lecteur suit ainsi tour à tour ces vies jusqu'au glas du dernier jour de 1899 où la narratrice cesse son écriture, ne souhaitant pas s'aventurer dans le périlleux XXeme siècle.

Eclaircissons tout de suite un point important : Tout comme dans Bellefleur, Joyce Carol Oates ne met pas en place de narration ni d'intrigue suivie. Nous ne suivons pas, littéralement, les aventures d'une famille et nous ne sommes pas, de fait, tenus en haleine par ce qui est dit. Non. Dans cette trilogie, Oates a pris le parti de peindre plus que de raconter, du moins, c'est l'effet que me fait son écriture très appuyée, ornementée, parfois redondante. Elle a le souci de la petite touche qui fait mouche bien plus que du suspens. Néanmoins, elle nous gratifie dans ce deuxième volume d'une cohérence temporelle, ce qui n'était pas le cas dans le premier, il faut le noter !

Ainsi donc, tout est dans l'écriture. Et en matière d'écriture, je tire mon chapeau à l'auteur qui m'a tout simplement époustouflée. Elle parvient à jouer sur tous les tons surannés de l'écriture dix-neuviémiste et à articuler, comme le dit si bien la quatrième de couverture que je vous cite donc, "le sublime et le grotesque" pour nous asséner sous couvert de mièvrerie et de bien-pensance une ironie mordante. Cette fameuse narratrice anonyme semble être une dame d'âge mûr de la bonne société et met un point d'honneur à juger tout ce qui dépasse du cadre très strict des convenances de l'époque. Pourtant, elle fait preuve d'une omniscience flagrante qui l'inscrit immédiatement comme un double de l'écrivain et le lecteur décode à travers son verbe et ses nombreux italiques le regard acéré d'Oates.
Elle épingle avec une égale minutie et une égale intelligence la vie calibrée des femmes d'alors : une éducation qui apprend le silence, l'effacement, la mièvrerie, le respect de l'homme. Une éducation, en somme, qui n'offre absolument aucune autre perspective respectable que celle d'être épouse et mère sans broncher. Tout en semblant donner raison à Madame Zinn puis à Octavia, les deux seules qui pendant longtemps se conformeront à cette vision de leur sexe, la narratrice se moque pourtant cruellement d'elles lorsqu'elle donne à Prudence des réactions ridicules - même clownesques - à l'égard de John Quincy Zinn avant qu'il ne se déclare ou lorsqu'elle affuble la douce Octavia d'un mari aux moeurs sexuelles perverses exposées de manière également risibles.
Sont également saisis et disséqués le cercle artistique des gens de lettres et de théâtre à travers Malvinia Zinn devenue Morloch dont la vie est une caricature de Nana enrubannée, l'essor fulgurant du spiritisme à travers Deirdre des Ombres dont les séances virent souvent au spectacle de foire à cause d'esprits chafouins et incontrôlables, ou encore la question cruciale et souvent tue de la sexualité à travers l'ambivalence de Constance Philippa.
Toutes ces thèses forment un ouvrage d'une grande richesse que l'ironie ciselle avec une subtilité talentueuse.


Disons seulement que comme toute médaille, même la plus brillante à son revers. Aussi, malgré la pertinence et l'habileté de ce choix littéraire d'une peinture ironique sous forme de chronique familiale, le lecteur peut parfois éprouver quelques difficultés à faire défiler les pages du fait de passages très délayés pour pas grand chose et du fait d'un certain nombre de redondances dans les épisodes relatés : même s'ils ont leur raison littéraire, ce n'est pas toujours le plus agréable à lire. Pour être tout à fait sincère, il m'est arrivé de me mettre en lecture rapide, comme je l'ai fait sur du Balzac ou du gros roman russe - c'est parfois une question de survie pour arriver à bout d'une oeuvre qu'on sait excellente mais qui a aussi, parfois, la vertu de nous épuiser avec des circonvolutions fastidieuses.

C'est pour cette raison, et uniquement celle là, que je ne mets pas ce livre en "coup de coeur" mais je le conseille tout de même vivement tant il est excellent à tous points de vue. J'ai du coup déjà acheté le troisième et dernier volume de la trilogie gothique (qui peut, cela dit, se lire dans n'importe quel ordre), Les mystères de Winterthurn.

Sur ce, allons voir le billet de Missy : Il s'annonce en parfait contre-point du mien ! (j'ai déjà suffisamment blablater - et pourtant j'ai l'impression de n'avoir fait que survoler le livre, c'est horrible - il mériterait une étude universitaire, tiens) !

 

 

1213775971.jpgChallenge Petit Bac 2013 chez Enna

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