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09/07/2016

Harry Potter et le prince de sang-mêlé de J.K.Rowling

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Harry Potter et le prince de sang-mêlé de J.K.Rowling, Folio Junior, 2006, 747p.

 

coup de coeur.jpgJe vais être franche : j'avais pas senti venir le coup de cœur ! J'avais apprécié les précédents tomes de la série, soit, mais avec un certain recul tout de même. D'ailleurs, à la fin du tome 5, j'ai eu besoin de prendre un peu de distance avec les grosses longueurs qui avaient fini par me peser - oui parce que ma lecture de L'Ordre du phénix date en fait du mois d'avril. Du coup, j'ai lu autre chose, peu de romans ado et peu de fantasy/SF (Un seul en fait, qui souffre aussi de grosses longueurs. Serait-ce un dommage collatéral de ce genre romanesque de diluer sans fin des épisodes qui ne servent à rien ?!).
Et puis, la fin de l'année scolaire arrivant, l'envie de se détendre le citron est arrivée de concert. C'est dans cette optique que j'ai empoigné le tome 6 de Potter...

Et j'ai adoré ! Soit que la série gagne à ne pas enchaîner les tomes, soit que ce celui-là est vraiment bon, je ne saurais le dire. Quoiqu'il en soit, J.K.Rowling laisse définitivement derrière elle les ressorts qui balisaient jusqu'ici les premiers tomes et introduit le récit par une entrevue hilarante entre les deux Premiers Ministres anglais, l'un beaucoup moins sûr que l'autre, et l'autre plus si ministre que ça. Ça pose d'emblée le décor avec une juste subtilité, de même que le second chapitre qui offrira à mille suppositions de trotter dans l'esprit du lecteur tout au long de cette sixième aventure.
Objectivement, celle-ci est d'ailleurs très mince. L'auteure a choisi de situer l'action sur le plan de l'introspection et du savoir - c'est une quête de connaissance/d'être qui prévaut sur une quête de possessions/d'avoir ou plutôt qui sera nécessaire à la quête de possessions comme nous le comprendront au fur et à mesure du récit et comme le tome 7 en sera la pleine concrétisation. En ce sens, puisque je suis dans la lecture du tome 7 en ce moment, j'ai vraiment l'impression que l'un et l'autre fonctionnent comme les deux facettes d'une même médaille dans la grande quête qu'est la destruction de Voldemort. L'Ordre du phénix n'était finalement que l'apéro (malgré ses plus de 1000 pages) !

Du coup, au lieu de grands combats, de bêtes monstrueuses ou de rebondissements de fou, on a droit à une recherche progressive sur le passé de Voldemort ; qui amène conséquemment Harry à prendre une autre étoffe par la confiance que lui offre Dumbledore et son implication active et "officielle" dans ses recherches. Je suis décidément impressionnée par cette capacité si juste de l'auteure à rendre l'évolution de l'adolescence. Ici, Harry est dans sa dix-septième année et atteint doucement la maturité adulte en prenant conscience, notamment, qu'il y a une différence entre subir son destin et le choisir (quelle justesse de Rowling sur ce coup-là !). Ce qui ne l'empêche pas, par ailleurs, de continuer à réagir comme un vrai capricieux qui se respecte : bref, c'est nuancé et c'est très bien !
Et étonnamment, alors qu'il y a beaucoup moins d'action, il y a beaucoup moins de longueurs. Chaque phénomène du quotidien trouve un écho dans les phénomènes suivants et chaque chapitre fonctionne comme une pièce nécessaire du puzzle. Enfin ! Que c'est plaisant d'avoir cette sensation lors de la lecture ! Je n'en pouvais plus de lire telle ou telle considération sur le quotidien de Poudlard pour des cacahuètes !

Ce qui nous amène au film, que je me suis empressée de regarder et, comme c'était prévisible, ma déception a été à la hauteur du coup de cœur que j'avais eu pour le roman. Toutes les scènes qui fonctionnaient précisément comme liens entre les gros temps forts du récit - en ce sens, qui étaient donc cruciales - ont été supprimées. Résultat : le film ressemble à une suite décousue de scènes sans couture. La quête du savoir, le passage à l'âge adulte : tout ça passe à la trappe. Il n'y a grosso modo rien à sauver du film qui est un déchet intersidéral.

En attendant, je retourne à ma lecture du septième et dernier tome ! C'est déjà presque fini raaaaah ! La suite au prochain numéro !

 

Challenge a year in England.jpgChallenge A Year in England chez Titine

11ème participation

 

 

 

 

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2ème participation de Juillet 2016

01/07/2016

Harry Potter et l'Ordre du Phénix de J. K. Rowling

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Harry Potter et l'Ordre du Phénix de J.K. Rowling, Folio Junior, 2003, 1031p.

 

La fin du tome 4 était claire : Voldemort is back ! Selon toute logique, je m'attendais donc à ce que le 5 attaque fort et je n'ai pas été déçue : dès le premier chapitre, Harry se fait alpaguer par des détraqueurs et l'on ignore qui est à l'origine de cet ordre. Grosso modo, notre héros va d'ailleurs passer les mille pages à en prendre plein la poire, plus à tort qu'à raison, car le Ministère de la magie décide lui aussi de lui mettre des bâtons dans les roues. En effet, Cornelius Fudge, loin de croire au retour de vous-savez-qui, s'ingénie à saper la crédibilité d'Harry et de Dumbledore. Ainsi, la presse se défoule sur notre pauvre héros en le faisant passer pour un menteur pathologique en mal de célébrité, il manque de se faire renvoyer de Poudlard et, le pire de tout, il se retrouve affubler d'une nouvelle professeure de défense contre les forces du mal particulièrement détestable et accréditée par Fudge, Dolorès Ombrage. C'est un peu le pompon pour Harry qu'elle va torturer à loisir à coup de punitions et d'interdictions toutes plus vaches les unes que les autres. Bref, la vie est dure pour Harry dans ce tome 5 et on comprend aisément que, du haut de ces 15 ans, il prenne un peu tout pour une injustice.
Je ne vous cache pas qu'à l'occasion, ça a aussi été un peu le pompon pour moi : le personnage de Dolorès Ombrage m'a semblé too much en toutes occasions, beaucoup trop caricatural et répétitif pour être amusant.

Cela rejoint les fameuses longueurs que j'avais soulevées dans le tome 4 et qui se sont retrouvées dans ce titre-là. Il y a toujours ce ventre mou dans la première moitié du roman où la lecture n'est pas exactement réjouissante. Passé le tout début et avant que le propos du roman en question commence, on se retrouve dans le récit du quotidien de Harry dont on s'ennuie un peu tant il ne change pas tellement depuis cinq romans. Bien des scènes ont été coupées dans la version cinématographique, à juste titre à mon sens, ce qui m'a fait beaucoup l'apprécier contrairement à la précédente.

Par contre, j'ai adoré la brigade montée par Harry, Ron et Hermione pour s'entraîner à la défense contre les forces du mal (à défaut d'avoir un enseignant potable, on est jamais mieux servi que par soi-même) car elle permet à tous les participants de prendre une consistance nouvelle : Harry prend sa dimension de leader de groupe, Hermione se détache de son costume de parfaite première de la classe pour s'investir dans une lutte à plus grande échelle, Neville gagne en assurance et en profondeur, Ginny mûrit et devient progressivement l'égale de nos héros. Mention spéciale pour Luna Lovegood, totalement improbable, dont j'ai particulièrement aimé l'interprétation dans la version ciné. Bref, tous nos personnages ne sont plus seulement des ados boutonneux et on sent poindre l'adulte sous leurs visages frêles et leurs entreprises encore maladroites. C'est ainsi qu'ils combattent sans hésiter une tripotée de Mangemorts à la fin, dans une bataille qui coûtera cher à Harry (qui n'a pas déjà assez payé son tribut à Voldemort).

Je me rends compte que la teneur des tomes changent pas mal depuis le virage du quatrième. Auparavant, chaque volume était vraiment indépendant, bien que des échos puissants se jouaient entre eux. Ils formaient tout de même des étapes à part entière. Le cinquième tome me semble au contraire fonctionner nécessairement avec les deux suivants car il n'expose que l'une des batailles que constitue la guerre nouvelle contre Voldemort. La prophétie racontée à Harry par Dumbledore l'indique bien : tout cela tend vers l'affrontement final auquel seul Harry ou Voldemort pourra survivre...

La suite au prochain numéro !

 

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10ème participation

 

 

 

 

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Participation de Juillet 2016

28/06/2016

Le train bleu d'Agatha Christie

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Le train bleu d'Agatha Christie, LGF, 2001 [1928], 253p.

 

Difficile de résumer l'intrigue du Train bleu tant elle met en scène de nombreux personnages d'horizons divers. Agatha Christie, d'ailleurs, se voit dans l'obligation de nous gratifier d'une longue mise en place - bien plus longue que les autres romans que j'ai lus d'elle, pour présenter tous ces personnages au lecteur. Nous avons d'un côté les Van Aldin père et fille, américains richissimes. Le père est de ces hommes d'affaires dont on ne sait pas de quoi ils s'occupent au juste mais semblent le faire avec brio vu sa fortune considérable. A tel point qu'il se paye le luxe d'offrir à sa fille un bijou d'un rareté exceptionnelle, au risque d'attirer quelques convoitises. La fille, quant à elle, végète dans un mauvais mariage avec Derek Kettering, un noble anglais désargenté et frivole et aspire à s'évader sur la Riviera. On sent très vite, à la suite du père, qu'elle ne dit pas tout. Nous avons ensuite l'ancien amant escroc et la maîtresse danseuse du mari : l'un comme l'autre ont l'appât du gain comme point commun. Enfin, et l'on se demande au début ce qu'elle vient faire ici, se colle au tableau Katherine Grey, une dame de compagnie campagnarde qui vient d'hériter d'une somme colossale. Cette nouvelle inattendue va la conduire à croiser tous nos personnages, à plusieurs reprises, et à élucider l'enquête avec notre fameux Hercule Poirot.

Fameux, certes, mais finalement peu présent dans cette enquête ! Poirot apparaît tardivement et avec parcimonie, à tel point que la résolution de l'enquête semble tenir du miracle. Même en revenant en arrière, on se demande comment il a pu arriver à certaines conclusions. Le personnage de Katherine est par contre délicieux : voilà une jeune femme sobre, pudique, toute en nuances, dotée d'un caractère bien trempé et d'une intelligence certaine. J'aime trouver de ces femmes qui ne payent pas de mine a priori mais se révèlent des petits trésors ! Pour l'enquête elle-même, je l'ai trouvé un peu lente, un peu laborieuse et assez peu prenante. La masse des personnages est ici au détriment d'un mystère vraiment haletant. Un peu déçue de ce retour aux sources christiennes, j'ai fait quelques recherches sur ce titre et ai découvert qu'Agatha Christie elle-même ne l'aimait pas. Elle dut l'écrire à une période trouble de sa vie (son divorce et sa mystérieuse disparition) pour des raisons purement financières et n'y prit aucun plaisir. Ceci explique donc cela et je me sens moins honteuse de le juger moi aussi avec un certain déplaisir. Il ne me reste plus qu'à espérer que ma prochaine lecture de Poirot sera plus réjouissante !

 

Le mois anglais 2016.jpgLe mois anglais 2016 chez Lou et Cryssilda

7ème participation

LC Agatha Christie