Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/12/2011

Némésis d'Agatha Christie

Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais j'avais été fort déçue de ma récente lecture du Noël d'Hercule Poirot (hop, un petit lien ni vu ni connu je t'embrouille au cas où) qui m'avait laissé l'étrange impression que l'oeuvre originale n'était pas à la hauteur de son adaptation télévisuelle. Il n'était pourtant pas question que j'en reste là parce que, dans mon souvenir, Agatha Christie, c'est quand même la fête du slip à pois violets.

Décidée, donc, à retrouver cette saveur inimitable de l'écrivain, je suis allée fureter du côté de la médiathèque pour m'apercevoir qu'elle a écrit une Némésis! Ceux qui me connaissent* sauront pourquoi cela m'a fait rire et pourquoi, inévitablement, je suis repartie avec pour me pencher sur ce bouquin.

 9782253055730.jpg

Némésis d'Agatha Christie, 1971

 

Et là, paf, Némésis m'a remis les idées en place : effectivement, Agatha Christie, c'est fantastique. J'étais juste mal tombée précédemment avec un moins bon opus (ça arrive, quand on est si prolifique ; on lui pardonne donc).

Ici, l'auteur joue autant avec la curiosité de son lecteur qu'avec celle de son héroïne, puisque Miss Marple se trouve plongée dans une affaire dont elle ne connaît de prime abord strictement rien.
Après le décès d'un certain Mr Rafiel qu'elle avait connu dans une affaire précédente (Le Major parlait trop), celui-ci lui "lègue" par courrier le soin d'enquêter sur un crime. Lequel, datant de quand, commis présumément par qui ? Telles sont les questions. Commence alors un tatônnement au petit bonheur la chance qu'une mise en oeuvre savante du défunt va progressivement orienté au cours d'un mystérieux voyage en car... Et l'on découvre en même temps qu'elle de quoi il s'agit, ce qui se trame et qui est le coupable.

Tout bonnement savoureux ce petit jeu enigmatique! Les amateurs de l'auteur retrouveront à plaisir la sagacité de Miss Marple maquillée sous de faux airs de vieille chouette et cet univers presque hors du temps, so british et so kitschounet, fort heureusement peu entâché par les seventies (bien que nous ayons la mention de cette satanée mode des minis jupes). Je ne me la rappelais pas ainsi mais sur ses vieilles années, Agatha Christie est quand même sacrément réac! Ainsi, elle y va l'air de rien de ses réflexions sur les femmes qui se mettent à travailler et sur la libération sexuelle, cause de la dépravation des jeunes filles et de cette recrudescence de viols qu'elles ont sûrement bien cherchés! Ahhhh Agatha, je t'aime réac, ça fait partie de son charme de vieille chouette (car tu en es une aussi) mais tout de même, n'allons pas trop loin !
Et deux choses peu communes qui méritent d'être notées dans l'écriture d'Agatha Christie : Un meurtre passionnel original et un espoir en le rachat de la nature humain. Mais je n'en dis pas plus, je ne voudrais pas spoiler ! Tout simplement amusant. Autant vous dire que j'ai passé une fort bonne après-midi, vicée à mon livre, mon thé et mon canapé! Je t'aime, Miss Marple!

 

 

challange-agatha-christie.jpgChallenge Agatha Christie

2

 

*

 

 

*Pour les autres, voici le fantastique petit specimen ratounesque dont je suis la maîtresse, qui porte le nom de Némésis et qui est, à elle seule, la représentante de cet esprit chafouin et amusant que j'aime tant chez cette race d'animaux. (Oui, j'ai pleins de rats chez moi, I'm such a grande malade)

271121.JPG

09:00 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (6)

17/11/2011

Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie

[Edit : Rooooh ça alors! Le hasard (mais existe-t-il d'abord?) est merveilleux : Le Poirot diffusé aujourd'hui sur TMC est précisément l'adaptation du roman chroniqué ici par votre humble servante ! J'en suis toute émoustillée (non, il ne m'en faut pas peu, c'est juste tellement merveilleux, voyons!)
Verdict : c'est bien mieux que le bouquin]

 

Un de mes premiers réflexes lorsque je me suis inscrite au challenge "La Magie de Noël" de Mia : Regarder du côté des Agatha Christie, voir s'il n'y n'avait pas un Poirot de Noël quelque part. Je ne suis pourtant pas une inconditionnelle de l'auteur à part quelques bouquins lus il y a fort longtemps mais je suis par contre totalement fan du personnage lorsqu'il est incarné par David Suchet dans la série de la BBC (oui, je suis parfois une vraie grand-mère devant TMC, j'ai (même pas) honte). Et bien évidemment, dans son oeuvre prolifique, Agatha Christie a bien pondu un Poirot de Noël. Nickel ! Voyons voir ce que cela donne en version originale papier!

 

Hercule Poirot2.jpg

Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie, 1938, réédité des centaines de fois avec des centaines de couvertures différentes - j'ai choisi ici une des plus jolies (celle que j'ai réellement dans la main est assez moisie, il faut bien le dire)

 

Le vieux et détestable Simeon Lee décide de réunir toute sa famille pour Noël. Loin d'un ultime acte altruiste de vieillard pour retrouver la paix, il semble plutôt animé par l'envie sadique d'attiser les haines latentes entre ses fils. Et lorsqu'il est retrouvé assassiné le soir du 24 décembre, dans une pièce mystérieusement fermée de l'intérieur, on comprend que c'était jouer avec le feu.
Sont immédiatement sur l'enquête le surintendant Sugden, le colonel Johnson et Hercule Poirot - car Hercule Poirot est toujours là comme par magie où se trouve un meurtre! Tous l'oeil et les cellules grises à l'affût pour démêler ce huit clos où chaque membre de la famille est le suspect idéal.


Pour tout vous dire, je suis assez déçue par ce petit bouquin. J'avais gardé un souvenir émoustillant d'Agatha Christie, elle était pour moi la romancière qui tient en haleine et qui, à tous les coups, nous prend par surprise.
Ici, j'ai été saisie par une superficialité générale - du style tout d'abord- en même temps, après avoir lu James Ellroy, je ne suis sans doute pas objective, mais tout de même, c'est plat comme la Belgique-, des personnages ensuite - survolés et caricaturaux même si j'aime cette ambiance anglaise surannée -, de l'intrigue - Elle manque de détails, de consistance ; elle semble tirée par les cheveux. Pas mystérieuse pour autant puisque pour une fois, j'avais trouvé le meurtrier avant le dénouement. Juste inconsistante.
Et puis le personnage de Poirot est finalement peu présent et manque de charisme dans cette enquête là. Bien sûr, c'est son génie qui débrouille tout mais pendant le déroulement, il reste en retrait. Il ne parle de lui qu'une seule fois à la 3eme personne, vous imaginez ?!

 

Bref, j'en viens à me demander si ce n'est pas l'adaptation télé de la BBC qui donne du charme à une oeuvre dont l'intérêt principal est finalement son caractère prolifique?
Mais avant de me résoudre à affimer cette hypothèse, je vais aller fouiller dans d'autres Agatha Christie pour tenter d'y retrouver mes souvenirs d'enfance. Après tout, je suis peut-être tombée avec malchance sur un des rares pourris de la série.
Vous qui peut-être êtes inconditionnels de l'auteur, que me conseillez-vous pour continuer ?

 

hercule poirot,noël,polar

Challenge "La Magie de Noël"

1




hercule poirot,noël,polarChallenge Agatha Christie

1

10/11/2011

L.A. Confidential de James Ellroy

Bon voilà, la lecture de ce bouquin s'est bien éternisée. Non qu'il soit mauvais, bien au contraire, mais c'était laborieux - le style et le propos d'Ellroy ne sont définitivement pas à lire dans n'importe quelle condition. Il faut avoir le temps, la tête dispo et le coeur bien accroché, sinon c'est un coup à avoir les neurones qui flambent et la flemme de continuer.

 

la-confidential.jpg

L.A. Confidential de James Ellroy, ed. Rivages, coll. Noir, 1990 - ed. en poche, 1991, 663p.

(Oui, mais la couverture de l'édition originale est vachement mieux)

 

 

Mais revenons-en au propos, justement. L.A. Confidential : 3eme volet du "Quatuor de Los Angeles" ; précédé du Dahlia Noir (roman excellent, adaptation ciné trop manichéenne pour l'être), du Grand Nulle Part et suivi de White Jazz. Cette série de polar plonge avec une violence glaciale dans l'Hollywood des années 40 à 60 (entre 50 et 58 pour le présent roman).

Trois flics - Ed Exley, jeune premier intelligent avec lunettes et dents qui rayent le parquet, Jack Vincenne dit "La Poubelle", obsédé par les drogues et collabo attitré d'un torchon à scandales et Bud White, la fureur incarnée avec un faible pour les poulettes en détresse - sont embarqués dans l'affaire d'un sextuple meurtre et dans une enquête de pornographie, le tout franchement sordide (j'ai rarement lu un truc aussi sombre - je peux vous dire qu'avec des bouquins comme ça, la foi en l'homme, elle est partie loin aha)

Au départ, j'ai commencé ce Quatuor parce que j'aime les ambiances de polar rétro qu'on imagine en noir et blanc et qu'on lit avec un petit morceau de jazz en fond sonore. En prêtant l'oreille, on peut même entendre la voix off d'un vieux film nous conter l'histoire - vous voyez ce que je veux dire?
En substance, je le continue parce qu'Ellroy a un style d'une noirceur implacable et d'une intelligence cinématographique à la limite du génial. Certes, pas facile à coup de phrases télégraphiques et de rythme hâché (d'après ce que j'ai lu, ce style expérimental est à son apogée dans White Jazz, ça promet!) mais on est plongé dans une ambiance hallucinatoire où on oscille entre l'effroi et la blague - tant les extrêmes s'attirent. Résolument décapant et sans concession mais franchement inventif, à lire de toute urgence si vous ne craigniez pas le glauquissime pour vos soirées hivernales.

Et sur ce, cher amis, je vais me refaire le film (datant de 1997) et aller baver devant Russel Crowe (gniak gniak gniak!)

 

 

*